‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 28 sur 62 · NÉPHRITE, CYSTITE, DIABÈTE, CALCULS · texte numérisé non relu

NÉPHRITE, CYSTITE, DIABÈTE, CALCULS

Caractères de la Néphrite. — La néphrite ou l’inflammation du rein est produite par des coups ou des chutes

AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES. 289 sur la région lombaire, par de violentes secousses, par l’ingestion de substances qui exercent une action irritante sur les organes sécréteurs de l’urine, par la suppression brusque de la transpiration ou la disparition de douleurs articulaires. Elle s’annonce par une douleur aiguë ou sourde dans la région lombaire, d’un seul ou des deux côtés. Cette douleur gagne souvent le diaphragme, la vessie, l’aine, la cuisse, du côté du rein enflammé; elle est augmentée par la pression, la toux, les grandes inspirations, les efforts pour aller ù la garde-robe. L’écoulement de l’urine se fait goutte à goutte; elle est ordinairement rare, rouge, sanguinolente ; elle est supprimée si les deux reins sont enflammés; quelquefois l’urine est aqueuse, claire, et laisse déposer un sédiment blanc et homogène. Avec la vivacité de la douleur surviennent des nausées, des vomissements bilieux; des gaz intestinaux se'produisent ; on ressent des douleurs vagues dans le ventre qui se ballonne ; en même temps apparaît la diarrhée. La langue est sèche, la «oif plus ou moins vive, le pouls dur, plein ou petit et intermittent, la peau sèche, brûlante, ou bien couverte de sueur qui a l’odeur de l’urine, si celle-ci est supprimée; parfois, enfin, toux sèche, gêne de la respiration , douleurs de tête , insomnie.

L’inflammation du rein peut amener des abcès dans cette partie. On reconnaîtra cette aggravation de la maladie quand les urines deviendront lactescentes ou qu’elles déposeront des flocons de pus au fond du vase. On sera certain encore que les douleurs néphrétiques ne sont point

dues à la présence des calculs, si l’urine, se supprimant subitement avec l’apparition des douleurs, ne coule pas de nouveau aussitôt qu’elles s’apaisent, et s’il n’y a point de petits graviers déposés sur les parois du vase de nuit.

Caractères de la Cystite. — Besoins d’uriner douloureux et fréquemment renouvelés, éjection de quelques gouttes d’urine après de violents efforts; la vessie, distendue légèrement d’abord, devient d’une sensibilité extrême; le malade ne peut supporter la moindre pression sur l’hypogastre. Si l’état se prolonge, le mal s’aggrave, et l’on voit la vessie faire saillie au-dessus du pubis, la sensibilité de l’organe augmente, le corps est couvert d’une sueur qui répand l’odeur d’urine, les besoins d’uriner deviennent plus fréquents et l’émission de quelques gouttes de liquide réveille de nouvelles et vives douleurs. Les caractères de la cystite catarrhale sont, à lai vivacité des douleurs près, les mêmes que ceux que nous venons d’énumérer. Mais dans ce cas les premiers symptômes s’apaisent, l’inflammation diminue et le mal passe à l’état chronique. On constate alors, après l’émission de l’urine, un flocon glaireux assez semblable à une hydatide allongée ; l’urine perd de sa transparence et de sa couleur, elle devient lactescente, fauve ou orangée; refroidie, elle a une forte odeur d’ammoniaque, et l’on aperçoit le liquide séparé en deux portions : celle qui occupe le fond du vase est glutineuse.

Caractères du Diabète. — Excrétion des urines, lesquelles surpassent d’une quantité plus ou moins considérable celle des boissons prises par les malades, si abon-

AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES. 291 dantes qu’elles soient. Les urines sont ordinairement limpides, sans odeur ni couleur, mais avec une saveur sucrée. Généralement l’abstinence d’aliments féculents et sucrés et l’usage de viandes fortes font disparaître et la soif immodérée des diabétiques, et, à la longue, le sucre des urines ; mais avec l’oubli du régime, le mal reparaît peu à peu.

En commençant ce traité, je n’avais qu’une idée bien imparfaite des difficultés qu’il fallait vaincre pour rendre mon œuvre utile aux magnétiseurs. J’aurais dû embrasser toutes les maladies et indiquer l’action du magnétisme sur chacune d’elles. Ici, par exemple, dans le traitement des affections des voies urinaires, il m’eût fallu parler de tout * ce qui peut les faire naître, les entretenir, et sonder la nature dans le travail qu’elle fait pour la composition des liquides à extraire; il m’eût fallu examiner les sels qui y sont en dissolution, car c’est sous leur action que les maladies se développent. C’est le premier soin du médecin, lorsqu’il veut traiter ces dernières, de s’assurer si les liquides ont varié dans leur composition normale. Cet examen lui fait découvrir de l’albumine, du sucre, de l’azote, etc., et la proportion respective de ces divers éléments ; mais il ne peut que bien difficilement empêcher la prédominance fâcheuse de l’un d’entre eux, car d’un jour à l’autre tout varie sans qu’on puisse reconnaître d’une manière certaine la cause de ces variations. Darts ce traité encore il eût fallu, pour que mon cadre fût complet, tenir compte de toutes les idées émises par les médecins instruits sur cha-

cune des maladies, puis indiquer l’action réelle du magnétisme en dehors des remèdes ; mais le magnétisme n’est point encore arrivé à l’état de science; il n’a pour lui que des matériaux incomplets, et c’eût été témérité à moi d’essayer d’édifier un tel monument de thérapeutique magnétique: le temps et l’expérience feront ce que je n'ai pu faire. Quoi qu’il en soit, notre agent peut être utile ici par l’universalité de ses propriétés; il agit sur les causes de toutes les déviations ; il est agent modificateur. Ainsi, dans ces derniers temps, j’ai guéri par le magnétisme une jeune femme qui depuis longtemps rendait de l’albumine dans ses urines en grande quantité, ce que les remèdes n’avaient pu empêcher; dès la troisième magnétisation, les urines n’accusaient plus la présence de l’albumine. On constaterait certainement dans la composition de cette sécrétion, chez les malades traités par le magnétisme, des modifications aussi profondes et variées que celle qu’il détermine dans sa couleur. Agir sur tout l’organisme, nous le pouvons, mais ici encore il faudrait reparler de l’agent magnétique luimême, montrer comment il est. tour h tour calmant et excitant, passer en revue toutes ses qualités intimes, expliquer comment nous le voyons encore agir à la façon des acides et des alcalis, tantôt dissolvant, tantôt recomposant, toutes vertus enfin qui semblent ne pouvoir s’expliquer en un seul agent, mais dont le fait démontre l’existence : l’intelligence n’y comprend rien, pas plus qu’elle ne comprend la vie. Lorsque le laboureur sème son blé, il sait qu’il germera et produira des épis sans qu’il ait pu voir dans le grain semé

AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES. 293 la tige ni l’épi lui-même ; de même tout magnétiseur n’a pas absolument besoin de remonter au principe des choses. L’agent magnétique contient en lui ce que nos yeux ne peuvent voir, et par conséquent le secret de scs œuvres sera toujours ignoré : aussi beaucoup de magnétiseurs ne raisonnent-ils point, ils se contentent de guérir les malades. Confondant tous les effets du magnétisme en un seul, ils débarrassent leur esprit d’une foule d’inquiétudes et de tourments. Nous aurions dû peut-être agir de même et simplifier ainsi notre travail en ne citant que les cas de guérison, sans tenir compte des procédés que la nature emploie, sans essayer même de la suprendre dans son travail.

Traitement de la Néphrite. — Quels que soient les symptômes qu’éprouvent les malades affectés de néphrite, le magnétisme y peut jouer un rôle plus utile que dans les affections de la vessie. On soulage; le magnétisme fait circuler une partie des matériaux qui, par leur séjour dans les reins ou dans leur voisinage, occasionnent ces vives douleurs qu’accusent les malades. On sent bien que si les reins sont en partie détruits ou profondément altérés dans leur tissu, la nature sera impuissante à les reproduire; mais il est des cas, heureux relativement, où des accidents passagers ont pu faire croire à une gravité non réelle. Le magnétisme alors a bientôt raison de la douleur, c’est pourquoi on doit toujours en essayer l'efficacité. Après avoir magnétisé généralement, on se place vis-à-vis le côté du malade, une main posée sur la région des reins et d’autre sur l’abdomen, en face l’autre main, on laisse le

magnétisme pénétrer à travers les tissus de manière qu’il envahisse le siège du mal. On finit la magnétisation par un massage modéré pratiqué sur la région lombaire, principalement sur la partie où la douleur la plus vive est accusée. 11 ne faut aucune violence dans les mouvements, et l’on doit répéter la magnétisation au moins deux fois par jour. La durée de chacune doit être d’une demi-heure.

Traitement de la Cystite. — En attendant que la lumière se fasse, les ressources du magnétisme sont ici trèsbornées parce qu’il est difficile de réparer les désordres que nous avons signalés. Le catarrhe de la vessie, par exemple, étant entretenu par les liquides qui ne cessent d’irriter les surfaces malades, l’on ne peut se promettre de guérir ni seulement de soulager, de même que l’on ne pourrait éteindre la suppuration d’un vésicatoire sur lequel on placerait constamment de la pommade épispastique. J’ai, dans ces affections, tenté plusieurs fois vainement d’agir magnétiquement; il est vrai que la trop grande impatience des malades ne permit jamais à mon action de se développer suffisamment, je ne sais donc pas si un traitement prolongé ne modifierait point assez les humeurs ni le jeu des organes pour amener soit l’amélioration, soit la guérison. J’avais magnétisé en employant d’abord les procédés généraux; plus tard j’avais localisé mon action sur la région de la vessie.

Traitement du Diabète. — Je n’ai jamais eu l’occasion de traiter cette maladie malgré sa fréquence, mais si je

AFFBCTIONS DES VOIES OR IN AIRES, 295 raisonne par induction, le magnétisme doit être un des moyens les plus puissants pour modifier la maladie; car il augmente, nous l’avons dit, les forces médicatrices, et son caractère propre, c’est de corriger la composition de nos humeurs et de détruire ces mélanges que la nature affaiblie a laissé se produire. Comme nous l’avons dit à propos d’un cas d’albuminurie traitée heureusement par le magnétisme, nous croyons que des impressions magnétiques fortes et prolongées peuvent, dans les cas de diabète, produire d’heureux changements, car ce n’est point en vain qu’il augmente la tonicité des tissus, qu’il fait circuler le sang et les autres humeurs et développe le calorique humain et les transpirations. Les procédés que j’emploierais seraient ceux-ci : considérant le malade comme un sujet d’expérimentation, je chercherais le sommeil, puis j’actionnerais la région épigastrique et le laissant sursaturé de l’agent, je ne ferais point de passes longitudinales. Les modifications qui pourraient se produire à la suite ne pourraient qu’être heureuses.

Traitement des Calculs. — On ne peut pas s’attendre à voir le magnétisme guérir les affections calculeuses; mais les spasmes de la vessie, sa trop vive sensibilité, les difficultés d’uriner qui en résultent, cèdent facilement lorsque après avoir magnétisé généralement on applique la main sur cette région : c’est une pratique dont j’ai eu des résultats merveilleux. Dans plusieurs cas où l’émission des urines ne pouvait avoir lieu, où des dangers trop réels se montraient, j’ai fait cesser les angoisses en facilitant les

émissions, obtenant ainsi ce que n’avaient pu faire le bain ni les boissons. J’ai rapporté dans le Journal du Magnétisme plusieurs cas de cette espèce où les magnétiseurs avaient réussi complètement.

HERNIES

Traitement. — Les hernies sont du domaine de la chirurgie, leur réduction est en général difficile, quelquefois même impossible sans l’emploi de l’instrument. Des chirurgiens initiés au magnétisme, quelques médecins qui ne dédaignaient pas son emploi, sont parvenus à obtenir des réductions inattendues en magnétisant doucement et en appliquant la main sur la saillie formée par l’anse de l’intestin. Plusieurs cas de guérison m’ont été envoyés par ces hommes bienfaisants, je lésai publiés : le soin aporté par eux à la rédaction de leur travail aurait dû attirer l’attention de leurs confrères; mais l’obstination de ces derniers leur fait préférer le couteau, moyen toujours dangereux et auquel on ne devrait avoir recours que lorsque la gangrène menace les tissus.

HERNIES. 297

Dans les affections si diverses dont nous venons de parler, nous ne nous sommes point appesanti sur les maladies aiguës: choléra, typhus, inflammation du péritoine, ulcérations du tube intestinal, etc c’est que le moment n’est

pas venu de conseiller le magnétisme dans des cas où l’on serait mal venu d’en parler, et où d’ailleurs une responsabilité très-grande pèserait sur le magnétiseur ou sur celui qui aurait recommandé son intervention. Qui donc oserait, dans un si grand péril, ne point recourir aux moyens énergiques et se contenter pour tout remède du procédé qui consiste à passer les mains sur des douleurs aiguës? Un homme de sang-froid craindrait bientôt le ridicule; et à moins que le malade n’ait la foi qui résiste aux mauvais conseils et aux embûches de la fausse science, l’on ne peut admettre l’emploi de ce moyen, qui cependant est d’une efficacité réelle, et bien supérieur aux globules homœopathiques dont on vante les vertus; on les lui préfère néanmoins, parce que sans deute prendre un globule, c’est prendre quelque chose, tandis que le magnétisme est l’équivalent de rien pour les esprits bornés ou pour ceux dont l’orgueil a rétréci l’entendement.

A ceux qui essayeront des procédés magnétiques, nous promettons dos succès éclatants. Le surcroît de force qu’ils apporteront au malade servira à la nature, qui sans cela ne l’aurait pu, è diviser les matériaux dont l’accumulation sur certains organes, auraient produit un mal plus violent et peut-être incurable. Le magnétisme a fait cesser des crampes chez des cholériques, il a ramené la chaleur

à la peau et supprimé les vomissements. Dans les fièvres typhoïdes, il a diminué l’ardeur des entrailles, fait cesser le délire et provoqué des évacuations et des transpirations; mais pour que son action ait ce résultat, il ne faut pas attendre la dégénérescence des tissus, ni la gangrène, ni les épanchements de sang et d’humeurs putrides sur des parties essentielles : quand tout le mal est fait, la nature épuisée ne peut plus rien, une addition de puissance ne sert alors qu’à prolonger l’agonie.

ANASARQUE, HYDROP1SIES.

Le magnétisme peut guérir l’anasarque et l’hydropisie, lorsque ces maladies ne viennent point d’un vice de conformation ou d’une altération profonde du principal organe de la circulation.

Toutes les infiltrations ou épanchements dus à la faiblesse des tissus, à leur relâchement, à une prédominance de la lymphe, même à quelque tumeur dont le siège est dans les ovaires, dans tous ces cas le magnétisme peut compter des succès. Son action est lente lorsqu’il traverse des couches d’eau, les nerfs affaiblis ne s’en emparent que difficilement, mais la patience et la persévérance du magnétiseur et du malade peuvent opérer de vrais miracles. Je ne citerai point de faits particuliers, à quoi

AN ASARQUE, HYDR0PI9IRS. 299

bon? ils ne seraient point une preuve pour les sceptiques; je dois me borner seulement à indiquer sommairement les procédés.

Traitement. — Toute votre action doit se porter sur l’abdomen, sans chercher rien autre chose qu’à faire pénétrer votre fluide dans cet organe gonflé et distendu par l’eau. Vous ne verrez rien d’abord, la nature semblera ne point accepter votre concours, mais petit à petit vous apercevrez les symptômes d’une crise prochaine. Si la toux survient, c’est d’un bon augure, car l’eau commence à entrer dans les vaisseaux : bientôt vous verrez les urines devenir plus abondantes, puis enfin des garderobes séreuses en si grande quantité que vous ne douterez plus d’une guérison prochaine. Après ces évacuations, qui surviendront quelquefois par centaines, ce seront les fonctions supprimées de la peau qui reprendront leurs cours; cette transpiration, qu’aucun remède n’avait pu amener, deviendra si abondante qu’elle mouillera les draps. La cure ne sera néanmoins terminée qu’après avoir fortifié les tissus, résultat que vous obtiendrez par des magnétisations successives.

Des infilrations générales, des hydropisies enkystées ont ainsi disparu au grand ébahissement des fanatiques de la médecine et des incrédules au magnétisme, et à la grande satisfaction des gens que l’opération n’aurait point sauvés, que le marasme et la mort attendaient.

Quel bonheur, quelle joie pour celui qui est l’instrument de semblables guérisons! U voit, il sait ce que la nature

peut faire, et, tout heureux d’en être l’instrument, il en appelle au temps qui doit un jour répandre ce principe de bien!

Qu’on me permette, en terminant cette série de maux prétendus incurables, de citer un fait qui va faire juger des ressources infinies qu’offre la puissance magnétique.

La femme d’un agent de change de Paris avait une. tumeur dans l’épaisseur des muscles de la cuisse. On la sentait distinctement, elle avait la forme et le volume d’une aubergine de moyenne grosseur. On ne percevait aucun battement, et les médecins en concluaient que ce n’était point une tumeur sanguine, mais qu’elle était due à un dépôt de lymphe ou il d’autres produits séreux. La médecine ayant échoué dans son traitement, on résolut de pratiquer une ponction, car la malade éprouvait une grande gêne; elle ne pouvait presque plus marcher; il lui était impossible de mettre ses bas et ses chaussures sans éprouver de vives douleurs. L’opération fut pratiquée ; l’on en-

fonça un trocard, qui donna issue non à des sérosités ou à du pus, mais à du sang plutôt veineux qu’artériel. Malgré l’habileté du chirurgien et du médecin, cet écoulement ne discontinuait point; l’inquiétude était générale, et la malade était près de perdre la vie. Cependant, après plusieurs heures, le sang s’arrêta ; l’on put croire dès lors que le sac était vide, mais il n'en était rien ; la tumeur existait toujours, les forces seules de la malade étaient affaiblies. Un de mes élèves et amis, lié avec la malade, conseilla le magnétisme, et j’en essayai la puissance. A ma grande surprise,

AN AS A RQII E , Il Y D R 0 1> I S 1 B S. 301

comme à celle des assistants, de très-fortes contractions se produisirent dans la tumeur, la jambe même en était soulevée. La main, appuyée sur le siège même de ce dépôt sanguin, sentait les mouvements convulsifs imprimés au sac variqueux, et tout ce travail n’occasionnait aucune douleur. A la seconde séance, la malade put mettre ses chaussures et faire une promenade comme en parfaite santé ; elle alla même au bal et dansa. Moi seul je ne la jugeai point guérie, je continuai la magnétisation, et voici ce qui en résulta : au bout de quelques jours la malade fut couverte de boutons d’une rougeur particulière; elle commença à tousser et à être prise de suffocation. Il était évident que ces symptômes étaient dus à la résorption du liquide contenu dans la tumeur, car on ne sentait plus, malgré tout le soin possible, la présence de l’engorgement. Il était évident pour moi qu’une cure complète s’opérait; mais on eut peur, on fit de la médecine, et ce qui n’eût été qu’un travail de quelques jours, car le magnétisme aurait rapidement et heureusement achevé son œuvre, dura plus d’un mois et aboutit à un insuccès. Je m’aperçus bien vite du résultat qui devait avoir lieu, car la tumeur se remplit de nouveau. Dans cette rechute le magnétisme fut encore un bienfait pour la malade, car elle ne perdit plus la faculté de marcher, de vaquer à ses affaires ni d’aller à ses plaisirs. Plusieurs médecins allopathes et homœopathes furent témoins des singuliers phénomènes produits localement sur une tumeur située profondément dans les chairs; lorsqu’ils comprimaient cette

tumeur avec la main pour en empêcher les secousses, celles-ci n’en étaient que plus fortes, et, chose singulière, dans certains cas elles étaient toutes tocs les. Si le manque de confiance n’eût point existé, la guérison eût été complète.

spermatorrhée; métrite aigue, puerpérale, chronique,

GRANULEUSE, ULCÉREUSE; LEUCORRHÉE; OVARITE, KYSTES

nES OVAIRES, ETC.

Caractères de la Spermatorrhée. — Pollutions nocturnes ou diurnes involontaires. Pendant le jour, elles ont lieu à la fin de l’émission de l’urine. On voit alors, si la maladie est récente, de petites granulations demi-transparentes assez semblables à des grains de semoule; plus tard, quand la maladie est ancienne, ce n’est qu’un nuage épais, floconneux, parsemé de petits points brillants dans la partie inférieure. D’ailleurs le malade, au frôlement des granulations dans l’urètre, aux contractions spasmodiques qu’il y ressent durant leur passage, reconnaît très-bien la nature de son mal dans le commencement seulement, car plus tard ces sensations ne sont plus appréciées.

Caractères de la Métrite. — 11 n’y a de phénomènes bien

prononcés que dans le cas où l’inflammation est étendue ; alors il y a de la céphalalgie, des frissons plus ou moins violents qui annoncent l'invasion de la maladie. Une douleur intermittente, qui peut être très-vive, se fait sentir à Phypogastre avec sentiment de chaleur au fond du vagin et de pesanteur au périnée. La menstruation est supprimée, mais il y a un écoulement roussâtre séro-muqueux, qui plus tard devient muco-purulent Ce n’est que dans la Métrilc puerpérale que l’on peut toujours sentir l’utérus en palpant Phypogastre. La compression exercée par l’utérus sur les partiés voisines cause des douleurs dans les régions lombaires, sacrées, inguinales, et une vive sensibilité à la face intérieure des cuisses. Avec cela, il peut exister un constant besoin d’uriner ou une rétention, de la constipation ou de la diarrhée avec épreintes. A part la vivacité des douleurs et les caractères anatomiques que l’on constate par l’inspection, les symptômes de la mëtrite simple sont aussi ceux de toutes les autres formes de métrites, sauf de la Métrite puerpérale qui est la plus grave de toutes, surtout si l’inflammation gagne le péritoine. Ici la douleur hypogastrique est continue, tout en devenant de plus en plus intense. Les sécrétions lochiales et laiteuses peuvent se supprimer et réapparaître sans profit pour le malade. Cette affection est d’autant plus grave que son début se rapproche de l’époque où a eu lieu l’accoucbement.

Caractères de la Leucorrhée. — L’écoulement leucorrhéique consiste en un liquide tantôt visqueux et incolore.

30 k THÉRAPEUTIQUE MAGNÉTIQUE.

tantôt légèrement jaunâtre ou verdâtre, plus ou moins

abondant, sans odeur très-prononcée.

Caractères de l’Ovarile et des Kystes de l’ovaire. — L’ovarite existe rarement seule, le plus souvent il y a métritc ou une inflammation du tissu cellulaire du ligament correspondant. Elle s’annonce par une douleur trèsvive, intolérable si elle est pressée. On peut reconnaître par la palpation l’existence d’une tumeur pouvant exister à la fois des deux cotés de l’utérus, de la grosseur d’un œuf de poule et souvent plus grosse, arrondie, dure et mobile. Les phénomènes généraux sont en général variables et très-souvent nuis. Les Kystes de l’ovaire se re-connaissent par la percussion en ce que, au niveau de la tumeur, le son est mat ; à la simple inspection de l’abdomen, car le ventre est très-souvent déformé. L’irrégularité de la tumeur ne permettra pas, malgré l’apparence, de croire à une grossesse, mais cette irrégularité n’existe pas toujours, par exemple s’il n’y a qu’un seul kyste. Les phénomènes généraux sont ceux de toute hydropisie, c’est-à-dire une gène plus ou moins forte de la circulation et de la respiration. Le liquide contenu dans les kystes est tantôt blanc, transparent, aqueux, tantôt lactescent, huileux, gélatineux, couleur de café ou de chocolat. Sa quantité varie et peut aller jusqu’à 30, ZtO kilogrammes et plus.

Nous n’avons pas pris l’engagement d’entrer dans tout ce qui fait le fond de la médecine officielle et de décrire

AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX. 305 en menu toutes les affections dont notre pauvre nature peut être affligée. Des caractères des maladies nous ne donnons seulement que ceux qui par leur fréquence, leur constance et leur ensemble dans des cas analogues, ont été reconnus comme caractéristiques et signalés comme tels dans tous les traités de pathologie médicale. Quant aux maladies et aux caractères que les auteurs présentent avec hésitation, avec un caractère d’incertitude, nous avons cru devoir les rejeter, parce que le travail long et pénible de compulsation auquel il eût fallu se livrer n’eût pas eu pour nos lecteurs l’intérêt qu’il mériterait. Nul d’entre eux. ne serait disposé à nous suivre dans cette voie, où pour savoir un peu il faut tout apprendre. Dans ce que nous donnons on n’invente point, l’expérience universelle a confirmé la solidité, l’exactitude des observations que nous l'eproduisons à notre tour pour faciliter au lecteur des recherches ultérieures s’il se sent du goût pour la science médicale. Mais il ne doit pas perdre de vue qu’il faut cinq ou six ans d’études pour faire un médecin; que celui-ci a besoin de viciliir dans l’exercice de son art pour reconnaître et traiter convenablement certaines maladies : bon nombre même d’entre ces docteurs, touchant à la fin de leur carrière, ont dit ou écrit que la science médicale était une vanité, et si je voulais dire des choses sanglantes contre la médecine, je n’aurais qu’à ouvrir quelques-uns de ces testaments où le médecin se montre tout entier et où il dévoile la faiblesse et l’impuissance de son art. Pour vous, chers lecteurs, qui ne demandez ni tant

de science, ni tant de savoir, mais qui demandez seulement à apprendre les moyens simples et naturels de guérir sans instrument et sans être obligés de porter votre regard au centre des organes les plus secrets, et qui ne voulez point que votre main serve à y porter le fer rouge ou le nitrate d’argent, bien que l’emploi de ces moyens soit d’un fréquent usage, et l’on pourrait dire à la mode, sachez-le donc, beaucoup des affections du bas-ventre peuvent être atteintes par le magnétisme, soulagées ou guéries par cet agent bienfaisant que la nature vous a départi.

Je ne dois ici faire qu’une mention succincte de ce que vous pouvez, un autre homme que moi, plus tard, vous en dira davantage. Les guérisons que je vais vous signaler ont demandé beaucoup de temps et de dévouement. Peu de malades, d’ailleurs, ont eu dans ces maladies recours au magnétisme, et ce n’est qu’abandonnés des médecins qu’ils sont tombés entre nos mains. Je vais parler d’abord des affections de matrice, maladies cruelles qui laissent peu de répit aux personnes qui en sont atteintes, et dont la terminaison est au bout d’un temps indéterminé presque toujours fatale. Considérez toutes les fois que vous apprendrez que les caustiques, les injections et autres pratiques chirurgicales ou médicales n’ont déterminé que les effets ordinaires, que rien n’a empêché les accidents, et ici ils sont variés, de s’aggraver, que les écoulements de matières sanieuses ou purulentes et les hémorrhagies, que tout ce qui annonce enfin une décomposition des tissus, s’est produit, considérez toujours, dis-je, que là où la

AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX. 307 science ne peut rien, la nature peut souvent encore quelque chose. Le premier cas d’affection de matrice que j’ai observé était chez une jeune femme de vingt-six ou vingt-sept ans : on avait cautérisé ou brûlé, c’est même chose, fait suivre un régime sévère et tenu la malade couchée sur un canapé pendant quatre mois. Elle ne pouvait marcher et son teint avait quelque chose de verdâtre. Je la magnétisai, et à la quatrième ou cinquième magnétisation, elle put marcher sans souffrances : on avait cessé tout autre traitement et les médicaments ne furent pour rien dans ce succès, qui fut d’ailleurs complet. Au bout de quinze jours la femme incurable put venir chez moiù pied, — je demeurais fort loin de chez elle. Deux mois me suffirent pour rétablir la santé. Un de mes amis et élèves magnétisait de même une jeune femme ayant même maladie, ayant également suivi un traitement prétendu rationnel sous l’influence duquel la maladie n’avait fait qu’empirer. Accablée par la douleur et l’ennui, elle se croyait proche de sa fin. Magnétisée par cet ami, les accidents et les douleurs cessèrent successivement. Le rétablissement fut lent, mais il eut lieu, et quoique le docteur Lisfranc eût assuré qu’elle ne vivrait point, elle existe encore et vingt-cinq ans se sont écoulés depuis. Une autre dame ayant passé la cinquantaine, et vivant d’une vie retirée et tranquille, avait été affectée d’une maladie du même organe. Tous les soins lui furent prodigués, mais en vain; les pertes se succédèrent sans relâche, des écoulements de liquide putride annonçaient une décomposition complète. Au reste, en la voyant

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se traîner péniblement et montrer un visage où se peignait la mort, aucun médecin n’eût osé lui promettre un retour à la santé. Le dernier docteur qu’elle fit appeler jouissait d’une grande célébrité ; il lui fit une ordonnance au bas de laquelle il écrivit : surtout qu'on ne se fasse point magnétiser! — il avait peut-être le pressentiment que ce moyen empirique aurait plus de succès que la médecine : j’ai entre les mains cette singulière ordonnance, ce témoignage de haute capacité et de prévoyance que se donna ù lui-même ce prince de la science. La malade ne goûta point son avis. Soumise à l’influence du magnétisme, cette malade vit successivement les accidents menaçants disparaître ; au bout de quelque temps elle put marcher sans souffrances. Une de ses amies lui voua ses soins, car elle demeurait trop loin de moi pour recevoir constamment les miens, et au bout de quelques mois elle me disait : « Je sens bien encore quelque chose, mais j'étais si malade que je n’aurais jamais osé espérer la situation où je me trouve. » Dans les deux premiers cas, la sensibilité magnétique ne se présenta point, elle était à peu près nulle en apparence du moins. Dans le troisième, au contraire, la malade éprouvait des secousses, puis tombait bientôt dans un doux sommeil qui durait a peu près vingt minutes. Moi seul je le déterminais, la personne qui me remplaça ne put l’obtenir, mais le bien se fit.

Je pourrais, à la rigueur, vous entretenir longtemps de cas semblables, mais à quoi bon? L’efficacité du magnétisme se montre ici ; il prouve qu’on peut atteindre des

AFFECTIONS DES OROANKS fiéïVJTAUX. 309 tissus engorgés, situés profondément. Il agit alors comme un excitant; l’organe frappé d’indolence réagit bientôt, il repousse le sang ou les sérosités qui engorgeaient son tissu, produisaient son atonie et préparaient sa destruction. On acquiert bientôt la preuve qu’il en est ainsi, car tout ce qui rentrait dans la circulation générale, de sang ou d’humeurs corrompues, produit bientôt des palpitations, une sorte de fièvre, et détermine l’apparition de plaques bleuâtres à la peau. Dans tous les cas, sous l’action magnétique se développe une vive chaleur, la face se colore, tout annonce enfin que la force médicatrice augmentée ou tirée de son assoupissement a retrouvé son empire, et qu’en continuant de la seconder elle fera le travail nécessaire : la nature n’en sait-elle pas plus que le médecin? Si celui-ci espérait que sans son concours il arriverait â guérir un organe où elle n’enverrait plus sa force, il se tromperait dans ses calculs: un tissu qui ne réagit point sous l’empire des remèdes est comme frappé de paralysie, et doit-on s’étonner dès lors d’y pouvoir constater la décomposition ou la gangrène? Si le magnétisme arrive lorsque l’organe est détruit ou n’existe plus dans son entier, il ne peut pas le reproduire ; voilà pourquoi l’on échouera souvent lorsqu’on ne l’appliquera qu’au moment où les symptômes d’une mort prochaine se montreront.

Il faut admettre également des cas d’insuccès là où le sang est entièrement corrompu, soit que cette corruption vienne d’éléments constitutifs de l’être ou qu’elle soit due à des traitements mercuriels.

Les maux du bas-ventre sont nombreux, le magnétisme n’a pas été essayé probablement dans tous, mais la leucorrhée a été traitée avec succès : il devait en être ainsi, car le magnétisme améliore les fonctions digestives. Il ne faut pas songer à appliquer le magnétisme lorsqu’il y a des calculs dans la vessie, si ce n’est pour calmer les spasmes et les douleurs que leur présence détermine ; il en est de même dans la gravelle, ici encore on a soulagé. J’ai rapporté dans le Manuel le cas extraordinaire d’un calcul du volume du poing, rendu pendant une magnétisation faite sur une femme qui souffrait de la matrice : je l’ai fait scier pour voir son noyau, et il a laissé voir le rudiment d'un fœtus. De nombreux désordres dus à sa présence ont disparu tout de suite, et je suis convaincu que ce succès a été dû à la cessation des spasmes et des convulsions mêmes auxquels était en proie la malade. Ce qu’il y a de plus étrange, c’est qu’on ignorait çomplétement la présence du calcul, et qu’on ne la magnétisait qu’en vue d’adoucir scs souffrances.

Nous avons déjà mentionné l’action remarquable qu'exerce le magnétisme dans tous les cas de suppression de menstrues.

Dans les inflammations de matrice, le magnétisme est également utile : il localise le mal en établissant une active circulation , ce qu’on ne peut toujours obtenir par les autres moyens employés. Les seules hémorrhagies de cet organe offrent quelque difficulté, et, quant à moi, ce n’est qu’avec appréhension que je l’ai employé, craignant

toujours d’augmenter la perte de sang au lieu de l’affaiblir : cet agent élevant presque constamment le pouls et gonflant les vaisseaux. Cependant on a réussi dans beaucoup de cas, et en cherchant la cause j’ai pensé la trouver dans la tonicité même du magnétisme, qui resserre les tissus: et ici encore se présente à l’esprit une chose trop méconnue des médecins, c’est l’intelligence même du principe qui veille à notre conservation, qui peut bien parfois oublier son rôle, mais qui le reprend sûrement lorsqu’il est tiré de sa torpeur ou qu’il reçoit un pouvoir nouveau.

Dans les catarrhes de vessie, j’ai complètement échoué.

Lorsqu’on veut traiter magnétiquement les affections décrites, on emploie les procédés généraux, rien n’est venu mettre sur la voie d’une méthode particulière. Le progrès est lent et l’étude est nécessaire encore : le magnétisme envahissant tous les tissus à la fois, il faut attendre beaucoup de la nature et, s’il se peut, la surprendre dans ses opérations, ce qui ne sera jamais que le fait du génie ou d’une profonde pénétration. Je dois rappeler que ce n’est qu’à mon corps défendant que j'ai écrit sur le magnétisme, et seulement parce que j’ai vu chez les écrivains des idées en désaccord avec la pratique. Cette déclaration me vaudra des indulgences pour tout ce qu’il y a d’incomplet dans les ouvrages sortis de ma plume.

Traitement général des affections ci-dessus. — J’ai toujours cherché, après des passes générales, à solliciter l’organe d’une manière directe; puis, chassant par des passes à grands courants la chaleur qui ne manque jamais de se

produire, je terminais mon opération en engageant le malade à rester parfaitement tranquille pendant une demiheure ou plus, pour que l’agitation causée par le mouvement ne vînt point troubler l’efTet produit, lequel se continue longtemps encore après la magnétisation. On remarquera que la chaleur obtenue et que l’on fait sortir du corps emporte avec elle quelque chose d’âcre et de caustique. Souvent j’éprouvais même dans les mains des picotements semblables à ceux déterminés par les piqûres d’ortie, et je ne me débarrassais de cette incommodité qu’en me faisant moi-même des passes à grands courants; mais plus on produit de cette chaleur, plus le résultat est satisfaisant.

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