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tout genre peuvent amener ces désordres, et qu’en épuisant les forces vitales, la source qui les produit, l’organe qui les sécrète s’altère sensiblement. Les racines de l’arbre humain deviennent malades, et trop souvent les remèdes sont impuissants à les rétablir. Les symptômes de ces altérations se iaissent apercevoir, la science les constate; mais déjà il n’est plus temps d’y apporter un remède. C’est encore ici que la médecine montre son impuissance. Pour nous, qui ne pouvons embrasser dans ce court écrit toutes les variétés de ces maladies, leur forme multiple, ni entrer dans des détails qui multiplieraient les pages de cet ouvrage sans trop de profit pour nos lecteurs, puisque la science elle- même n’expriine souvent que des doutes, ou ne constate que des erreurs : quand rien n’est positif, nous devons nous arrêter. Nous aurions dû, quand nous avons parlé des affections nerveuses en général, mentionner les altérations du cerveau et du cervelet, mais rien ne prouve encore que ces maladies soient purement nerveuses. Quoi qu’il en soit, le magnétisme leur est applicable à un certain degré. Le sommeil magnétique, surtout lorsqu’il est prolongé, opère en nous de curieux et inespérés changements. Expliquer son influence serait bien difficile, montrer comment ce flux et ce reflux des forces vitales agit et modifie les situations de santé ou de maladie paraît impossible, mais le fait de leur influence est constant. L’action magnétique met une sourdine sur ce qui vibre trop fort, diminue la sensibilité des organes surexcités. Ne produirait-elle que cela que son bienfait serait supérieur aux remèdes pharma-
ceutiques, et ici la nomenclature de ceux qui ont été préconisés me demanderait plusieurs pages de description. Ce n’est point qu’il faille renoncer aux remèdes, nous le disons une fois pour toutes, ils peuvent être efficaces. Ce qui manque à l’homme qui les indique, c’est la connaissance précise de la vertu des remèdes et du moment où il doit les employer. C’est une chose bien précieuse qu’un agent subtil ait justement deux propriétés qui nous paraissent tout opposées, sédatives et excitantes; mais pour comprendre ce mystère, il faut avoir magnétisé souvent. On aperçoit alors que cet agent appartient à ce qui constitue la vie et qu’il a pour mission propre de rétablir en nous l’équilibre. Ainsi, chez les personnes portées, soit par nature, soit par maladie, à s’abandonner au sommeil ou y succombant forcément, le magnétisme les réveille et leur donne une juste mesure de l’état de repos; chez les personnes, au contraire, dont la sensibilité est exagérée et où le sommeil ne vient pas ou se fait attendre, le magnétisme calme les nerfs et rétablit le sommeil. On voit maintenant comment il peut agir sur les désordres des sens, et remplacer tantôt les excitants de la médecine pharmaceutique, tantôt les agents sédatifs.
Mais sans entrer davantage dans cet ordre d’idées, il faut, pour que l’efficacité du magnétisme se montre, qu’il ne rencontre point sur son chemin une organisation ébauchée seulement, ou ces épuisements dans lesquels les habitudes vicieuses peuvent plonger, ou bien encore le mercure qu’on a donné sans ménagement, car il reste en nous,
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obstruant et altérant des tissus qui cessent de fonctionner à la moindre blessure.
Traitement général. — Chercher le sommeil et par conséquent diriger le magnétisme de la base du crâne au sommet de la poitrine. Ceci fait pendant une vingtaine de minutes, si le sommeil n’est point venu, il faut magnétiser en se plaçant derrière le malade depuis l’occiput jusqu’aux reins. Quand on a pratiqué cette magnétisation pendant une dizaine de minutes, soit à distance, soit par un léger contact, on presse avec les doigts la base du crâne en descendant lentement et pressant alternativement chaque vertèbre jusqu’au sacrum, bien entendu que tout cela doit être fait avec ménagement lorsqu’il y a douleur. Nous avons constaté d’excellents résultats de cette pratique; j’ai vu des rétablissements inespérés avoir lieu. Ils étaient obtenus par des personnes qui, obéissant à mes prescriptions et ne connaissant du magnétisme que ce que brièvement je leur en avais révélé, étaient cependant parvenues à guérir de leurs parents ou de leurs amis, bien reconnus comme incurables par les représentants de la science officielle. L’effet magnétique avait paru ne produire rien de sensible ; aucune garde-robe, point de transpiration ; rien enfin de ce qui a lieu dans les autres maladies. Les malades cependant allaient de mieux en mieux, la nature avait procédé sourdement; ce qui seul pouvait donner la mesure de son action, c’étaient des picotements et une espèce de fourmillement dans les membres, il semblerait que quelques maladies finissent comme elles ont commencé, en montrant
les mêmes symptômes ; les affections chroniques offrent ce caractère, c’est que pendant leur traitement on voit reparaître successivement et dans leur ordre tous les phénomènes qui s’étaient produits pendant le cours de la maladie et dès son début. La durée de ces traitements magnétiques ne peut être indiquée, et pour que le succès ait lieu, on doit obtenir du malade qu’il s’éloigne des causes probables qui ont amené les désordres.
Caractères. — Nous ne voulons point pénétrer lei causes de ces affections, car ce que nous pourrions en dire pourrait être contesté , et d’ailleurs nous n’avancerions point à faciliter la guérison de ces maladies.
On a distingué le rhumatisme en rhumatisme musculaire et en rhumatisme articulaire. On voit par là combien peuvent être nombreux les sièges de cette affection. Il y a des rhumatismes du cuir chevelu, des ophthalinies rhumatismales, des rhumatismes du cou, qui portent le nom de torticolis, des rhumatismes de la région lombaire appelés lumbagos, des rhumatismes des muscles de la poitrine, connus sous le nom de pleurodynie, que l’on distingue
d’autres affections analogues en ce que la douleur pleurodynique augmente par la pression et n’est pas, à moins qu’elle ne soit extrêmement violente, accompagnée de fièvre. Il y a aussi des rhumatismes internes; s’ils se font sentir à l’estomac, ils déterminent des vomissements; dans les intestins, des coliques, etc... Le rhumatisme coïncide presque toujours avec une affection du cœur, l’endocardite , ou la péricardite, soit que ces dernières apparaissent en même temps, soit qu’elles ne se montrent qu’après l’invasion du rhumatisme.
Du rhumatisme chronique nous n’en dirons rien, si ce n’est que la persistance de l’affection amène soit des contractions permanentes des membres et leur atrophie, soit l’ankylose des articulations; elle peut déterminer aussi l’apparition de tumeurs blanches, de luxations spontanées du fémur, etc. On a pu voir d’ailleurs que, dans tout le courant de l'ouvrage, nous nous sommes borné à donner les caractères, les symptômes des maladies à l’état aigu, l’état chronique n’offrant en général d’autre différence qu’une moins grande vivacité dans les douleurs locales et dans les symptômes généraux, qui parfois manquent complètement. Il est vrai que l’état chronique présente des altérations organiques qui, si elles ne déterminent point la violence des douleurs de l’état franchement inflammatoire, n’en offrent pas moins un degré remarquable de ténacité et une gravité relativement plus considérable ; mais pour étudier, pour apprécier ces altérations, il faut être profondément versé dans la connaissance de l’anatomie et de la
physiologie, et ces connaissances sont à peu près étrangères à la généralité des magnétiseurs D’ailleurs, le traitement magnétique, à l’énergie, à la répétition des magnétisations près, est le même dans les deux cas. Nous devons signaler pourtant les différences d’action du magnétisme dans la chronicité. Ici la marche est plus lente, on ne voit rien d’abord qui semble s’émouvoir. On est obligé d’attendre que le magnétisme ait déterminé des changements dans . la nature des humeurs; il est comme l’étincelle électrique qui traverse les nuages et annonce la tempête. Ici les nuages sont épais, ils ne se dissolvent pas facilement : les humeurs que l’on a à corriger sont épaisses, soudées aux tissus, souvent enveloppant la gaine des nerfs ; si elles ne constituent pas l’édifice humain , elles ne tendent pas moins à en faire partie intégrante, elles sont comme la rouille qui s’attache au fer, et pour en être détachées il faut un frottement que la vie seule peut déterminer avec des outils qui nous sont inconnus. On le voit, la raison le comprend, ces curés demandent du temps pour s’accomplir; mais en attendant l’heureux moment des crises, la nature montre qu’elle tient compte des efforts faits : elle adoucit
■ Si parmi nos lecteurs il en était qui désirassent suppléer à cette lacune et à la concision que noqs avons été obligé d'apporter dans l’exposition des symptômes caractéristiques des maladies, nous leur signalons entre autres les ouvrages suivants, dans lesquels nous avons puisé nous-même, et où ils trouveront les développements dans lesquels nous n’avons pu ni dit entrer : le Médecin praticien, 5 vol. in-8°, par Vallbix; Cours de pathologie interne, 3 vol. in-8°, par M. le docteur Amêdêe Latoub, et le Compendium médical, 1 vol. in-&°. du docteur Bossu .
d’abord les douleurs, elles les rend moins poignantes; elle éloigne les crises naturelles jusqu’au jour où elle se sent aBsez de force pour en produire d’artificielles et de salutaires. Guérir! mais c’est souvent une œuvre inespérée lorsque le temps est passé en laissant son cachet comme marque d’une mauvaise destinée ! les médecins ont prouvé qu’ils ne le pouvaient point ; le magnétisme a cet immense avantage, mais il y met une condition, celle du dévouement et de la persévérance.
Mais revenons au rhumatisme.
Le magnétisme a rendu de grands services déjà ; employé d’abord comme essai pour combattre la douleur, on a été surpris bientôt de le voir jouer un rôle actif dans les tissus affectés, soit fibreux, soit séreux, et quelle que soit la partie où la douleur s’était fixée. Mais, nous devons le dire, le traitement magnétique triomphe plus vite des affections rhumatismales que des affections goutteuses, et l'on conçoit qu’il doive en être ainsi, bien que ces affections paraissent être sœurs, et que des dégénérescences d’humeurs et une altération du sang analogues soient constatées dans les deux cas. Si l’on se rappelle ce que nous avons exposé des propriétés du magnétisme, l’on doit comprendre l’action qu’il doit exercer dans le rhumatisme et dans la goutte. Il les attaque d’abord dans leurs effets en localisant le mal qui tend presque toujours à s’étendre, en favorisant l’absorption des matériaux causes d’irritation, qui bientôt jetés dans le torrent de la circulation vont vers leur émonctoire naturel. Souvent le magnétisme exalte la douleur et la rend
tinuez votre travail sans vous laisser détourner ; ce n’est que lorsqu’elle sera devenue insupportable que vous changerez voire méthode. Vous ferez des passes générales assez rapides, et elles calmeront bien vite le malade. "Vous aurez à recommencer dans la même journée, si la maladie est aiguë et récente ; dans le cas de chronicité, vous pourrez remettre au lendemain, jusqu’à ce que vous ayez fait naître l’état aigu, ce qui manque rarement d’arriver, mais il dure peu. Il se produit d’abord de la chaleur; que se passe-t-il ensuite? On l’ignore, mais la douleur vient, et l’on peut présumer qu’il se fait un travail de chimie dont votre feu a été l’agent principal. Nous avons dit que la goutte donnait moins de prise que le rhumatisme, cependant il est des gouttes mobiles qu’on attaque avec succès ; il est bien probable même que celles qui menacent la vie en se portant sur des organes essentiels pourraient être dérangées dans leur marche par de fortes magnétisations : car à coup sûr elles produiraient une perturbation dans la perturbation, comme on les voit agir dans les fièvres mêmes, dont elles dérangent les accès en donnant des directions différentes aux matériaux morbides. On voit ici l’embarras où je suis de donner des procédés plus clairs, tant sont variables et les effets et les causes. Il est peu de maladies de cette espèce qui s’en aillent à petit bruit ; donc les crises que produit le magnétisme sont favorables, soit que vous les produisiez lorsque la maladie est à l’état froid, parce qu’alors vous devancez la nature, soit enfin que celle-ci soit en travail, et alors vous l’aidez puissamment.
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THÉRAPEUTIQUB MAGNÉTIQUE.