‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 42 sur 62 · ALTÉRATION DU SANG BT DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

ALTÉRATION DU SANG BT DE LA LYMPHE

conservant leur proportion normale. Dans l’anémte, c’est l'opposé qui a lieu : les globules diminuent, et si cette affection est le résultat de pertes abondantes, la fibrine et l’albumine diminuent sensiblement et rapidement; a’ est aussi ce que l’on observe, mais à un degré moindre, dans la chlorose, qu’on distingue difficilement de certaines maladies du cœur dont elle offre les mêmes symptômes, si ce n’est qu’ils 6ont plus irréguliers, qu’ils se développent, diminuent, se suspendent ou même disparaissent avec une grande facilité. Dans le rhumatisme, dans la pleurésie, dans la pneumonie, dans toutes les affections inflammatoires, c’est la fibrine qui augmente, le nombre des globules reste le même, C’est tout le contraire dans le scorbut, et la diminution de la fibrine amène ici, par l’abattement des forces, la fétidité de i’haleine, le ramollissement des gencives, une grande facilité aux ecchymoses. Dans l’hydropisie, c’est une diminution notable de l’albumine qui s’observe ; dans l’ictère, on retrouve dans le sang les principes colorants de la bile ; dans la goutte, la gravelle, la néphrite albumineuse, on a constaté la présence de l’urée dans le sang. Mais en voilà suffisamment pour témoigner de l’intérêt de ces recherches et de leur utilité pour les magnétiseurs, sinon pour le traitement, du moins pour le régime à faire suivre aux malades.

Pour ce qui est de la lymphe, elle est aussi sujette à de nombreuses altérations correspondantes à celles du sang, bien que les observations fuites jusqu’à ce jour soient insuffisantes pour établir cette correspondance. On a trouvé

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dans les vaisseaux lymphatiques diverses matières solides et liquides, du pus, un liquide assez semblable à du sang, et, dans les ganglions, des amas de phosphate calcaire. L’inflammation des vaisseaux lymphatiques est appelée angioleucite ; elle survient le plus souvent à) la suite d’une blessure qui devient le point de départ et comme le centre autour duquel s’aperçoivent de petites lignes très-déliées, et même des plaques d’un rouge qui varie du rouge clair au rouge vineux, qui, quand elles se réunissent, offrent, dans la direction des vaisseaux lymphatiques, l’aspect d’un, ou, si la maladie s’étend, de plusieurs érysipèles. Ces points deviennent le siège d’une chaleur vive, ils sont extrêmement sensibles à la pression. Les vaisseaux lymphatiques se gonflent, et ce gonflement, très-irrégulier en tous sens, se développe plutôt par noyaux que par plaques, et les ganglions auxquels ils aboutissent ne tardent p8sà être atteints : ils sont douloureux, se tuméfientet produisant par là la gêne des mouvements des jointures qu’ils avoisinent L’inflammation des ganglions lymphatiques produit Y adénite. L’engorgement ganglionnaire survient assez fréquemment à la suite de piqûres, de brûlures, de boutons, d’éruptions, d’inflammations superficielles de toute nature. Le ganglion se gonfle, durcit et devient rouge, douloureux ; une tumeur se forme qui présente à la pression de petites bosselures ; la peau, distendue, s'amincit, prend une couleur livide, puis, avec le ramollissement de la tumeur, donne issue à du pus quelquefois très-abondant. C’est contre des tumeurs semblables que l’on a eu

ALTÉRATION DO SANG ET DE LA LYMPHE. S89 recours en médecine, et avec assez de succès, à l’écrasement.

Les scrofules présentent quelques analogies avec les affections lymphatiques; elles ont d’ailleurs particulièrement leur siège dans le système lymphatique. On sait reconnaître généralement les tempéraments scrofuleux : teint rosé, yeux grands, brillants ou languissants, chassieux; lèvres charnues, peau fine, dquce, transparente. C’est, on le voit, aux organisations qui ont les apparences les plus heureuses que s’attaque cette affection, et elle y imprime, par la cicatrisation des abcès ganglionnaires, des ulcères qui l’accompagnent, des traces indélébiles de son passage.

J’ai cherché par ces détails, évidemment bien incomplets, à donner une physionomie aux diverses maladies précitées ; c’est cependant, je dois l’avouer, avec une sorte d’aversion naturelle contre tout ce qu’ont écrit les médecins, parce que je prévois que tout cela sera changé, qu’on donnera une signification nouvelle aux maladies, et qn’alors on cherchera dans la constitution même de l’être la cause des nombreuses altérations que son organisation ou son tempérament subit forcément. Tant qu’on n’aura point deviné les secrets de la nature, elle paraîtra bizarre et ses ouvrages paraîtront incomplets. Voyez plutôt : voilà un être humain construit en ébène, celui-ci en chêne , cet autre en bois blanc, cet autre encore n’est qu’un composé d’argile et d’eau; les caractères de leurs maladies peuvent hien avoir quelque ressemblance, mais les causes

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de leurs productions sont bien diverses, et c’est pourquoi une médication donnée ayant réussi dans un cas, manque son effet sur le grand nombre. 11 n’en est pas de môme du magnétisme, qui n’agit pas comme un médicament, mais qui agit sur le principe même de la vie et tend sans cesse à corriger en nous la déviation de la loi primitive. Voilà pourquoi il me parait superflu d’entrer dans des détails pathologiques de médecine rationnelle et de physiologie : car ce qu’on me demande surtout, c’est le moyen de guérir, les procédés d’application ; car il ne s’agit point encore de raisonner, mais de prouver que le magnétisme guérit. Eh bien, dans les altérations que nous venons de signaler, le magnétisme les atteint, les modifie, et parvient à en guérir un certain nombre. On voit les organes sécréteurs servir d’instruments aux purifications de l’édifice, et si l’on ne voit point l’agent fonctionner, les résultats de son action sont indubitables.

Un fait constaté comme résultat de la magnétisation indique ce qu’on peut obtenir dans ces maladies, je veux parler de l’influence qu’exerce le magnétisme sur les sécrétions menstruelles. Toutes les femmes magnétisées n’importe pour quelle maladie ont vu le sang de chaque mois prendre plus de couleur, toutes les sérosités d’une mauvaise nature diminuer d’abondance; ce fait capital n’a point été obtenu par des magnétisations spéciales, l’on peut dire même que les procédés ont été divers; ce n’est point par celui-ci ni celui-là des magnétiseurs, mais tous ont pu obtenir de semblables résultats. Nous

ALTÉRATION DO SANG ET DE LA LYMPHE. 391 n’avons donc que très-peu d’indications particulières à fournir ici. L’agent magnétique doit être déposé dans les organes par les procédés généraux connus, et à son tour la nature fera son office, épurera et transmuera. Seulement, dans les affections scrofuleuses nous avons observé que des crises se produisaient au bout d’un certain temps de magnétisation, temps qui ne peut se préciser ; il arrivait de nombreuses garde-robes successives, sans colique, qui produisaient à la fin un total considérable de matières séreuses, presque sans mélange des autres matériaux qui pouvaient se trouver dans les intestins. Dans quelques cas plus rares, des transpirations abondantes se déclaraient et duraient plusieurs jours de suite, bien qu’on ne fit rien pour en prolonger la durée, bien que souvent même on fît ce qui pouvait eh empêcher la prolongation.

L’histoire nous montre que certains personnages jouissaient, par grâce spéciale, du don de guérir les scrofuleux : Nous n’avons pas à revenir sur les faits de guérison qui ont été relatés. Sans en contester l’authenticité, nous devons dire que loin d’être promptes 5 venir entre nos mains, ces guérisons se font attendre, et cela s’explique de reste : il y a un tempérament à corriger, des humeurs à expurger qui ont établi leur siège jusque dans les os, et le travail épurateur qui s’est fait plusieurs fois sous nos mains nous a démontré que nous n’avions point la vertu qui opère des miracles, miracles que nous acceptons sans nous en rendre bien compte : il y a tant de choses possibles qui sont contraires au jugement

des hommes, que bien téméraire serait celui qui mettrait des bornes au pouvoir divin. Ce que nous faisons parfois par la magnétisation simple, et qui souvent a fait crier au miracle, n’est peut-être qu’un acheminement à des phénomènes d’un ordre plus relevé ! Qui sait ce que renferme en elle l’âme humaine et les communications qu’elle peut recevoir d’agents intelligents qui nous sont inconnus?

« Un Pyrrhonien soutiendra,

Que telle chose ne peut être.

Un sage qui^bien cherchera Pourra la rencontrer peut-être. »

Traitement de F Angioleucite, de l’Adénite et des Scrofules. — On guérit des maux lymphatiques et qui paraissent localisés, des tumeurs blanches, des ankylosés ; on a guéri également, en les résolvant, des chapelets glandu--

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