ALTÉRATION DO SANG RT DB LA LYMPHE
leux. Dans ces cas, chaque application magnétique doit commencer par être générale et être terminée par une localisation du magnétisme sur les parties ou les organes engorgés, comme le montre la gravure suivante.
On imprime par là un mouvement vital dans le tissu osseux ; il se développe une chaleur qu’il ne faut point confondre avec celle qui résulte d’un travail inflammatoire, bien qu’il y ait une sorte de ressemblance que nous signalons parce que dans une foule de cas divers, la même chaleur se montre pour indiquer les modifications qui devraient s’opérer dans les tissus, mais qui sans magnétisme ne s’opèrent pas complètement. La peau qui se colore, une légère douleur, très-supportable dans les maux lymphatiques, doit encourager le magnétiseur, car ce sont
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des douleurs critiques. Sous l’empire du magnétisme, des plaies anciennes ont été cicatrisées, des portions d’os ont été rejetées, des luxations du fémur, bien évidemment dues ù l’action exercée sur la cavité articulaire par des humeurs lymphatiques ou scrofuleuses, ont été réduites, et j’ai vu parfois, toujours sous l’empire du magnétisme, une modification très-remarquable dans le tempérament du lymphatique : son apathie cessait, on ne le reconnaissait plus ; vif, entreprenant, il étonnait tous ceux qui l’avaient vu avant le commencement du traitement. Mais, nous le répétons, pour vaincre les difficultés qui s’opposent aux guérisons promptes, il faut une obstination très-grande et ne s’arrêter que lorsque l’on voit les produits critiques de l’action magnétique. Le premier indice du travail qui se fait se découvre par l’odorat ; la peau exhale des émanations qui n’ont rien d’agréable aux sens et qui se distinguent de toutes les autres émanations : il suffit qu’une seule fois l'odorat les ait perçues pour que l’erreur ne soit plus possible.
En définitive, tous les parents prévoyants qui apercevront chez leurs enfants les prodromes de cette affection pourront en circonscrire le développement par des magnétisations sinon rapprochées, au moins répétées deux ou trois fois par semaine. Ils devront choisir surtout l’instant où le sommeil naturel est complet, magnétiser à petite distance, etprincipalemont l'abdomen. Les modifications de tempérament, comme beaucoup d’autres grandes œuvres que le magnétisme accomplit, ne sont que le produit de magnétisations
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ALTÉRATION DU SANG BT DE LA LYMPHE. 395 sérieuses et profondes. Tous les tissus organiques doivent être ébranlés, les os même doivent participer au mouvement produit. Il faut donc bannir toute discussion pendant la magnétisation, qui doit être sévère et accentuée; si elle est bien pratiquée, vingt minutes suffisent. Rarement, nous devons le dire , les choses se passent ainsi. Plus habituellement l’ouvrage commence bien, il est vrai; les ouvriers intérieurs saisissent leurs outils, mais une sorte de relâchement dans celui qui envoie l’oxcitant laisse introduire la confusion.
Comme la lymphe, le sang peut parfois se produire en plus grande quantité qu’il ne serait nécessaire : de là des désordres différents des premiers et auxquels cependant la nature a pourvu en établissant des soupapes pour le tropplein. Aussi voyons-nous des saignements de nez fréquents chez les hommes; les règles^ chez quelques femmes, ressemblent à des pertes hémorrhagiques ; puis encore des hémorrhoïdes, très-insupportables parfois, donnent écoulement à du sang souvent fort mélangé ; car les hémorrhoïdes sont également chargées de rejeter un sang devenu trop riche et qui semble venir non de la circulation générale, mais d’organes qui se débarrassent ainsi d’un principe de désordre. La môme loi préside aux cures de ces maladies, et si ce n’était les écarts de régime, les habitudes de travail ou de paresse, tout ce qui est excès ou qui fausse les fonctions, le magnétisme guérirait promptement la cause de ces déviations et ferait cesser le trop-plein. H est remarquable qu’il corrige les hémorrhagies nasales
lorsque, par habitude et sans nécessité , la nature les a laissées s’établir ; il est certain que le magnétisme fait affluer le sang dans les parties où il est en moins, et que loin d’augmenter les pertes chez les femmes, il en diminue l’intensité. Doit-on ici accuser la nature seule d’imprévoyance? Non, car on ne doit pas oublier que ses efforts doivent être soutenus par un genre de vie et une éducation physique dont nous tenons peu de compte: il faut bien croire cependant qu’après ses premiers et infructueux efforts pour conserver l’équilibre, elle laisse aller les choses sans trop de souci. Si nous allions examiner philosophiquement la vie des êtres humains, leurs penchants et leurs vices, la cause originelle de la faiblesse des enfants, notre écrit paraîtrait à bien des gens dangereux ou malsain; c’est pourquoi nous nous bornerons à indiquer quelques préceptes généraux qui permettront d’agir là où la nature se montre faible. Ce que nous avons écrit sur les modifications du tempérament s’applique également ici, seulement les phénomènes observés ne sont pas identiques.
Traitement de la Pléthore. — Dans la pléthore, il faut employer les procédés magnétiques qui excitent la transpiration, c’est-à-dire des passes longitudinales de haut en bas pendant dix minutes ; après ce temps, pratiquer une sorte de massage général sur les membres, d’une durée de cinq à six minutes, et revenir ensuite à une magnétisation générale de dix minutes, il est bien rare qu’on n’obtienne pas une transpiration ou exhalation plus ou moins considérable, ce qui suffit assez souvent pour opérer le vide
ALTÉRATION DU SANG ET DE LA LYMPHE. 397 dans les vaisseaux et établir momentanément une sorte d’équilibre. 11 n’est pas besoin de renouveler cette magnétisation chaque jour : une ou deux par semaine suffisent. Le magnétisme, ordinairement, fait passer la rougeur extrême du visage et donne du teint à ceux qui n’en ont point. Ceci semblera une contradiction, mais pour ceux seulement qui n’ont jamais fait usage du magnétisme : cent fois au moins j’ai vu pâlir des êtres sous ma main, et lorsque j’observais bien, car je n’y attachais pas toujours une grande importance, je voyais des êtres ordinairement pâles se colorer sensiblement. Ces faits indiquent une loi de la nature : les forces se balancent, et c’est alors l’état de santé. L’univers, sans doute, est régi par la même loi ; Dieu est en ce cas le grand magnétiseur. Découverte incomparable du magnétisme ! rayon de la puissance divine, viens-tu parmi nous pour tirer de leur assoupissement les âmes endormies, et pour nous faire apercevoir la puissance et la bonté de Dieu qui a pétri lui-même notre limon en lui donnant pour soutien sa propre essence ? Œuvre merveilleuse et mystérieuse qui n’a point été comprise par la vaine science de nos écoles, laquelle, amoindrissant les œuvres de Dieu, n’a su y voir qu’un jeu des forces mortes de la matière et du mouvement, la vie n’a plus été pour elle que
de l’électricité ; l’existence de l’âme, ainsi rendue douteuse,
a été, au surplus, déclarée périssable ; et l’homme, classé parmi les bêtes, ne devait s’en distinguer que par un peu plusd’intelligence!.... Passez, gloire d’emprunt, cheminez vers la tombe ; mourez ainsi que la bête, puisqu’à vos
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propres yeux vous n’êtes rien de plus! Peut-être en saurezvous davantage un jour; la terre vous ménage une surprise sans pareille ! Qu’on me pardonne cette nouvelle digression, je veux en vain les éviter; tous ceux qui écriront sur le magnétisme commettront la même faute. Une découverte qui intéresse la philosophie, la religion, la médecine, force l’intelligence à des expansions qui franchissent le cercle tracé. Je reviens à la thérapeutique.
Traitement de l’Anémie et de la Chlorose. — Nous renvoyons le lecteur, pour le traitement de ces maladies, à celui qui a été indiqué au chapitre de Y Asthénie et de la Leucorrhée. Les procédés magnétiques ne sont pas trèsvariés, et les effets physiques qu’ils déterminent offrent également peu de différence. On peut même, en appliquant mal les procédés, réussir parfois très-bien ; la nature finit toujours par saisir l’agent qu’on lui donne et parse l’assimiler; cependant on arrive plus vite au but par les règles à peu près certaines que nous avons indiquées. Il faut donc s’en pénétrer, et c’est pourquoi nous engageons ceux qui veulent guérir à les employer d’abord, sauf à les modifier ensuite, s’ils ont l’esprit de recherche et s’ils découvrent mieux.
Nous n’allons donner que le sommaire de ces affections, si variées dans leur forme et dans leur durée ; nous ne nous occuperons point des symptômes, mais seulement du rp|e que peutjouer le magnétisme dans chacune d’elles.
Il n’est peut-être pas un être humain dqnt la peau soit exempte d’une de ces maladies, dont la variété déjouerait toute description. Venues on ne sait souvent comment, toutes n’étant pas dangereuses, on vit sans s’en inquiéter, et la plupart du temps on meurt sans avoir songé à s’en guérir ; elles deviennent ce qu’elles peuvent dans |e tombeau. Les infiniment petits vivent de notre chair et de nos humeurs; il est bien probable que notre mort les contrarie, et l’on ne sait si la mort met fin à leur existence. Beaucoup d’affections de la peau ont un caractère tranché; elles sont actives et souvent meurtrières, ett peuvent se communiquer de l’un à l’autre. Les remèdes réussissent parfois A les guérir ; mais rien n’est certain 'dans leur traitement. La petite vérole, par exemple, fait beaucoup de victimes ; et si la vaccine réussit parfois à en assoupir le germe, c’est en enfermant le loup dans la bergerie et en préparant la venue de la fièvre et du typhus ; il n’est pas certain même que nous ne devions à cette pratique les
phthisies et les cancers. En naissant, nous emportons de notre mère un levain putride, reste impur des matériaux qui ont servi à nous former ; enfermé en nous-mêmes, il fait irruption lorsque certaines causes viennent le tirer de son assoupissement, et cela peut avoir lieu dans tout le cours d’une existence humaine. La variole, la rougeole, la scarlatine, viennent de la même cause ; seulement le virus est moins complet, moins âcre ; ce dernier peut se traduire également par des érysipèles; souvent il se mêle à des affections simples et les complique. Nul ne sait encore si ce mauvais germe est répandu dans le sang, ou s’il se tient caché dans un organe quelconque. Un fait curieux, c’est celui-ci : Si vous chauffez la machine humaine par le magnétisme , vous pouvez faire éclore l’une de ces maladies; il se passe alors sans doute une de ces opérations de chimie dont nous avons parlé au commencement de cet ouvrage : comme une semence dans un terrain froid attend le soleil pour germer , ce qui en nous est contraire à notre santé s’émeut, s’ébranle, lorsque le rayonnement magnétique vient à le pénétrer. Et l’on conçoit tout d’abord qu’il cesse d’être dangereux, maîtrisé ainsi dans son jeu par une force vive agissant toujours comme force médicatrice. Mais que dirons-nous de la lèpre, de Y éléphantiasis , de toutes ces phlegmasies tuberculeuses, squammeuscs, papuleuses, etc., dont nous avons également le germe ? Je ne veux point entrer dans tous ces détails de maladie où la médecine officielle s’est complu. Mon but est d’établir la réalité de l’agent que la
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nature a probablement créé comme antidote. Nul médecin n’a guéri la lèpre ou l’éléphantiasis. Jésus, dit-on, en guérit plusieurs ; cela est une indication pour les chercheurs et pour les magnétiseurs. 11 y a donc un agent purificateur de nos humeurs, et ce que nous obtenons du magnétisme nous permet d’espérer que beaucoup d’affections de la peau pourront être traitées avec succès en employant les procédés magnétiques.
Toutes les affections de la peau qui peuvent naître sous l’empire des applications magnétiques se guérissent facilement et rapidement en continuant les magnétisations et en employant les procédés qui les ont fait apparaître. Dans celles qui éclosent d’elles-mêmes sans être sollicitées, on doit soutenir le travail qui s'opère par des magnétisations générales. Des petites véroles traitées ainsi concurremment avec des remèdes n’ont point laissé de traces, ce qui prouve combien la nature soutenue peut opérer de guérisons. Là, il faut agir en raison des dispositions existantes, tâcher de maintenir la fièvre éruptive à un degré modéré, redoubler de soins lorsque les boutons s’affaissent et que tout languit. Le travail de suppuration exige des forces ; si ces forces n’existent point, ou ne sont pas suffisantes, la mort peut survenir; dans tous les cas, le mal laisse une empreinte ineffaçable : le pus se creuse dans les tissus une caverne, ou produit, si l’on aime mieux, des sortes de petits cratères d’où la lave est rejetée sans que le vide soit comblé. Le magnétisme donne la force nécessaire, l’épuration se fait sans perle de substance,