TRAITEMENT MÉCANIQUE
C’est par compression qu’agissent tous les procédés qui ressortissent de cette méthode.
TI. — Pansement au diachylon. — C’est le pro- cédé de Velpeau repris par Fricke (de Hambourg) qui exerçait sur le testicule la compression désirée par un pansément analogue à celui que Baynton employait pour le traitement des ulcères de jambes. Le suspensoir ainsi créé immobilisait le testicule et en exerçant une compression (très hypothétique selon nous, puisque la compression suppose toujours un plan résistant) amenait la guérison.
II, — Pansement à l’emplâtre de Vigo.— Tout ce que nous venons de dire s’applique également a l’emplâtre de Vigo (1) passible des mêmes reproches. Les guérisons obtenues par ces procédés n'étaient guère acquises dans un délai moin-
(1) Velpeau préférait même l’emplâtre de Vigo au diachÿlon.
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dre que celui qu’exige la simple expectation et comme ces auteurs soumettaient leurs malades à un repos absolu, il est permis de se demander si là n’est pas l'explication des succès attribués au diachylon et au Vigo en dépit de l’action résolutive possible de ce dernier.
III. — Application de collodian élastique. — Dés 1854, le docteur Bonnafont ayant remarqué linefficacité des procédés précédents proposa de substituer au pansement par les bandelettes imbriquées de diachylon ou de Vigo les applications de collodion élastique. Les premières, douloureuses et peu stables avaient le double inconvénient ou d'exercer une pression incomplète ou d’être d’une application douloureuse.
Mais le procédé de Bonnafont est passible de la même objection : bien que parfois encore employé il mérite,ce nous semble, d’être abandonné à cause des douleurs intolérables qu’il cause au malade, soit au moment de l'application du topique, soit au moment de la suppression du pansement.
Pour faire disparaitre cette dernière difficulté, nous conseillons d’appliquer sur le scrotum une couche de tarlatane sans empois, bien souple, avant d'y déposer le collodion, seul procédé pour supprimer d’un coup la gaze et le collodion sans que celui-ci ait contracté avec le scrotum d’adhé-
rences suffisantes pour rendre douloureuse la levée du pansement.
IV. — Compression par la ouate cardée. — À cette méthode se rapportent les noms d'Horand de Lyon (1) et de Kien de Strasbourg (2). Avant eux d’ailleurs, de l’aveu même d’Horand, le docteur Langlebert de la Croix Rousse avait déjà mis en usage un procédé analogue (3).
Voici en quoi consiste le procédé. Ces auteurs enveloppent (4) « avec soin les bourses de coton cardé, puis appliquent par dessus une feuille nince de caoutchouc dans laquelle on a fait à l’avance une ouverture pour le passage de laverge,
et enfin maintiennent le tout au moyen d’un vaste suspensoir s’accommodant très exactement aux
parties qu’il doit soutenir ».
Pigornet fait très justement observer que l’immobilisation, la compression et la sudation agissent synergiquement contre l’élément douleur à tel point « qu’un malade de Kien fort épris de la chasse put chasser au cours d’une orchite douloureuse que le repos au lit et le chloral n'avaient pas apaisée ». |
(1) Mémoire de la Société des sciences médicales de Lyon,
(2) Thérapeutique contemporaine, 1881, page 113.
(3) Ibid.
(4) Pigornet. — Loc. citato.
Ricord (1) était aussi partisan de la compression qu’il unissait aux émollients et à la ponction de la vaginale, mais déjà il lui reconnaissait des inconvénients.
Le principal est la douleur intolérable que provoque la compression exacte, principalement quand l’épanchement vaginal esten période d’augment, à tel point qu’il est fort souvent indiqué de supprimer le pansement.
La méthode offre d’ailleurs un autre désavantage, car elle nécessite la surveillance attentive du bandage, celui-ci devant être renouvelé 20 fur et à mesure quese produit la décongestion des organes comprimés.
Cependant elle a été reprise par Jullien qui, à l’aide d’un suspensoir spécial, dit en avoir obtenu de bons résultats. Pour nous, nous la considérons comme peu pratique, parfois difficilement tolérable et surtout comme nécessitant un traitement d'assez longue durée.
Avant de passer à l’étude des nombreux topiques qui ont été tour à tour préconisés puis usités dans le traitement de l’affection qui nous occupe, il nous reste à parler d’un procédé qui, comme nous le disions plus haut, appartient à la fois à
(1) Hunter. — Traité des maladies vénériennes. Annot. de Ricord, page 169.
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la méthode de traitemen® mécanique et à Ia médication par les topiques. |
V. — Applications de glace(1). — C'est surtout contre les orchites très douloureuses que M. Diday et plus tard M. Terrillon ont recommandé l'usage de la glace. M. Terrillon (2) n’hésite pas à qualifier le procédé d’ « héroïque » lorsqu'il s’agit de l'élément douleur. |
« Une vessie remplie de glace cassée en morceaux assez petits et maintenue sur le scrotum dont elle est séparée par un lingeplié en plusieurs doubles dans le but d’empêcher la congélation, estle meilleur mode d’application. Dans les premiers instants, un quart d'heure environ, le malade éprouve une sensation douloureuse qui se calme vitepour faire place à un état d’engourdissement qui abolit toute douleur.» (Cité par Pigormet.)
Mais l’accord est loin d’être unanimesur ce procédé.
Langlebert le condamne sévèrement comme inefficace : il va même jusqu’à dire qu’il augmente la douleur et la congestion. Bien que M. Mauriac y ait eu plusieurs fois recours et en aittiréquelque bénéfice, Rollet n’en est pas partisan. Pour nous,
(4) Voir à, ce sujet la: thèse de De la Valle, citée dans notre. bibliographie.
(2) Terrillon. — Leçons professées à la Pitié, 1880.
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s’il nous était permis de l’apprécier sans l’avoir personnellement expérimenté, nous dirions qu’il nous paraît onéreux et peu facilement applicable.
Il ne faut guère oublier, car il n’est pas dans la pratique des maladies vénériennes de petit détail, que le blennorrhagique estle plus souvent garçon, seu], éloigné de tout aide et de tout secours et que tout procédé compliqué n’est point à sa portée : c’est ici que revient encore l’élément simplicité: dont 1l faut tenir grand compte.
Spillmann et Schmidt ont aussi préconisé le traitement par la glace.
VI. — Stypage (1). — Employé et préconisé par M. Du Castel, utilisé dans le service du docteur Balzer et signalé par Fleury dans sa thèse (Lyon 1891).
D’après ces auteurs, il amènerait la guérison en 11 à 12 jours. Le procédé se rapproche tellement du traitement par la glace que nous ne pouvons faire en cequi le concerne que les mêmes remarques : il est d’une application plus facile peut-être, mais encore plus dispendieux.
VIT, — Courants continus. — Cette médication (1) C’est en même temps un mode de révulsion, et à ce
ütre il devrait figurer dans notre chapitre III: De la médication par les topiques.
d'ordre physique a été expérimentée par le docteur Henri Lorin qui lui a consacré sa thèse de 1890. Nous n’en avons aucune expérience.
Addita. — Nous n'avons mentionné que les “types de traitement mécanique. Il serait facile de multiplier la liste des procédés en signalant encore le bandage de Desnos, la compression par la bande de caoutchouc souvent trop douloureuse pour être supportée, et préconisée par Reclus.
Les chirurgiens militaires compriment souvent le testicule atteint en prenant comme point d’appui la cuisse malade et en fixant le testicule par un bandage roulé approprié.
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