‹ Thérapeutique Médico-Chirurgicale de l'Orchite Blennorragique: Essai de Traitement MéthodiqueChapitre 33 sur 52 · FN T UT · texte numérisé non relu

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Deux pulvérisations, après lesquelles la douleur devient telle que letraitement par la pulvérisation doit être suspendu.

A ces observations publiées en 1891, nous ajouterons les suivantes inédites, qu’en raison de leur similitude avec les précédentes, nous ne rapporterons qu’en abrégé.

OBSERVATION I (inédite).

N., 28 ans, maçon, entre à l'Hôtel-Dieu le 25 novembre 1891, salle Saint-Landry. Le malade a eu une chaude-pisse il y à 4 ans, terminée sans complications. Nouvelle blennorrhagie datant de 15 jours. Depuis 4 jours, à la suite probablement d’excès de marche, orchite gauche forme épididymite. Il prend seul du Santal, mais au bout de 3 jours il est obligé de cesser son travail et entre à l’hôpital. Epididyme énorme très douloureux. Vaginalite abondante. Téguments œdémateux et adhérents ; menace de funiculite. La 1'e pulvérisation faite le 25 novembre, jour de l’entrée, amène une légère détente ; à la 3° pulvérisation (26 novembre), il ne souffre plus ; il sort de l’hôpital 7 jours après son entrée etaprès 10 pulvérisations. Il peut reprendre son travail.

OBSERVATION II (inédite).

V., garcon charcutier, 19 ans, entré à l'Hôtel-Dieu le 4 janvier 1891. Orchi-épididymite aiguë sans funiculite consécutive à une blennorrhagie datant de 3 semaines.

le 50e

Il y à eu une tentative de cathétérisme à la suite de laquelle semble avoir débuté l’orchite. Le malade a appliqué chez lui 4 cataplasmes pendant 2 jours, mais il n’a pas obtenu d'amélioration. Au 8° jour de l’orchite, on fait la première pulvérisation, le soir du même jour la seconde, et il se déclure très soulagé. Il reste encore 3 jours à l'hôpital, sort après un total de 7 pulvérisations à peu près guéri ;. il exige sa sortie pour affaires.

OBSERVATION III (inédite).

G. M., %5 ans, entre à l’hôpital du Midi en septembre 1891. Blennorrhagie datant de 15 jours. Orchi-épididymite gauche très aiguë avec vaginalite datant de 5 jours, ayant résisté aux applications d’eau blanche. — Le malade n’est pas soumis à un repos absolu, mais accepte 3 pulvérisations par jour : à La 8° il ne souffre plus et à la 10e il peut reprendre son travail de typographe. Il sort muni d’un caleçon de bain ouaté.

OBSERVATION IV (inédite).

L., boulanger, 31 ans, marié, père de famille, contracte une blennorrhagie qu’il guérit en ? mois, grâce au copahu. Mais il persiste une blennorrhée et à la suite de l’introduction d’une bougie Raynal il présente les signes d’une orchite blennorrhagique type du début. Il est soigné en ville par le Docteur T... qui institue dès le 2€ jour de l’orchite le traitement par les pulvérisations à raison

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de ? par jour. Après six pulvérisations, l'amélioration est telle (4 jour de l’orchite) qu’il peut descendre dans son magasin et réprendre une partie de ses occupations. Au 8 jour il ne reste qu'une induration insignifiante de la péau de l’épididyme.

OBSERVATION V (inédite).

D. AÀ., 35 ans, vient à la consultation externe de la Pitié (juillet 1893). Blennorrhagie de 3 semaines. Orchite droite datant de 8 jours, encore douloureuse mais cependant en voie de régression. Le chef de clinique ne juge pasnécessaire de l'admettre, mais il lui fait faire ne pulvérisation par jour, salle Michon, service de M. Tillaux. Après la 4° pulvérisation. le malade ne revient pas Revu 10 jours plus tard, il déclare que l'amélioration était telle qu'il s'est cru guéri : de fait, l’orchite à disparu.

Toutes ces observations semblent démontrer surabondamment que la pulvérisation phéniquée est d’une valeur incontestable dans le traitement de l’orchite blennorrhagique. |

À.— Elle est efficace puisque tous les malades ontguérirapidement,

B. — Elle offre (conclusions de l’auteur) un triple modé d'action qui en font un antiseptique, un analgésique et un résolutif.

C. — Elle amène rapidement la sédation de la douleur, hâte la résolution inflammatoire et réduit dans de notables proportions la durée de l’affection (6 à 8 jours).

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D. — Elle remplace avantageusement les topiques habituellement employés.

E. — Elle ne donne lieu à aucun accident local ou général.

F. — Elle paraît applicable non seulement aux orchites gonococciennes mais encore à toutes les orchites aiguës.

De toutes ces conclusions dont nous avons pu vérifier l’exactitude nous discuterons seulement la 4°.

L est bien évident que les avantages incontestables de la pulvérisation doivent excuser ce que sa pratique a de délicatou d’onéreux. Cependant ces deux inconvénients n’en existent pas moins.

On peut donc faire deux objections: quels que soient les résultats obtenus la pulvérisation reste d’une application difficile : 1° à cause de la technique qu’ignore le malade, 2° à cause du prix de l'appareil.

En ce qui concerne l’une et l’autre objections il est facile de la réfuter s’il s’agit d’un service hospitalier où le pulvérisateur à vapeur est d’un usage courant.

Mais ex ville il est loin d’en être de même : son achat représente une somme relativement élevée To à 100 fr. ; sa location même revient à 25 fr. par semaine, chiffre évidemment exagéré. L’auteur que nous avons interrogé à ce propos nous répond :

« Le pulvérisateur à vapeur est d’un usage trop constant pour qu'il ne figure pas au même titre que la trousse ou le forceps dans l’arsenal de tout praticien éloigné des grands centres.

Avec cet appareil, il pourra traiter économiquement et simplement sans être un chirurgien consommé l’anthrax, les furoncles, les lymphangites, les adéno-phlegmons, les plaies sanieuses, l’infiltration d'urine après débridement, les grangrènes, l’érysipèle, les hémorrhoïdes procidentes et enflammées, c’est donc un appareil de première nécessité que tout praticien doit posséder.

En ville, le traitement ne devant pas durer plus de huit jours, terme ordinaire de la guérison, on

peut affirmer qu’il n’est pas encore très dispendieux: peut-être même peut-on assimiler la dépense faite à celle que nécessitent les cataplasmes, topiques divers, etc., tout compte fait de la durée de l’affection et du repos forcé pendant le laps de temps que nécessite la guérison par ces moyens. Au surplus, ce léger inconvénient n’estil pas compensé au centuple par la disparition immédiate de la douleur, la propreté et la prompte efficacité du traitement ?

Quant à la technique, elle est des plus faciles à suivre et il n’est guère de malade qui, après une première démonstration, ne soit en état d'y faire face ».

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La voici rédigée d’après les indications de l’auteur : |

« Nous avons constamment fait usage du pulvérisateur à vapeur grand modèle que possèdent communément les hôpitaux, le seul dont l'emploi soit compatible avec la haute température que doit présenter le jet pulvérisé et la durée des séances de pulvérisation. Le malade est placé sur le bord du lit, les pieds reposant sur deux chaises dans la position qu’il occuperait sur un fauteuil à speculum. — Tout l’hypogastre et la partie supérieure des cuisses sont recouverts d’un taffetas gommé perforé au niveau des bourses qu’il isole, les exposant seules à la pulvérisation, et conduisant dans un récipient placé au bas du lit l'excès du liquide pulvérisé ; les bourses sont ou non recouvertes d’une feuille simple de tarlatane des hôpitaux ; s’il y a funiculite, la région inguinale reste découverte.

Le pulvérisateur, chargé de solution phéniquée à 1/50, est placé sur une chaise ou sur une table de nuit, suivant l’élévation du siège du malade, il est distant de 25 à 30 centimètres, de telle façon que la pulvérisation soit projetée sur les bourses aussi chaude que possible et sur une large surface.

La séance dure de 20 minutes à une demi-heure. Elle est renouvelée deux fois par jour dans les

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cas ordinaires, trois fois si les symptômes sont très accusés jusqu’à guérison.

Dans lintervalle des pulvérisations, le malade reste étendu dans son lit, les bourses relevées par une planchette échancrée. »

Cette dernière prescription peut même, au bout de 3 ou 4 jours, se relâcher de sa sévérité et le malade peut se lever pour s'étendre sur un canapé, muni d’un bon calecon de bain ouaté. La pulvé- risation seule suffit: ni purgation, ni bains, ni topiques, ni médicaments à l’intérieur; aucun autre traitement de quelque nature que ce soit en dehors du régime du blennorhagique : voiià qui ajoute à la simplicité du procédé dont les excellents résultats ne peuvent faire aucun doute pour quiconque l’a employé.

Il clôt donc favorablement la série des multiples topiques qui ont été employées. Il nous reste à parler maintenant de la médication interne et du iraitement dit chirurgical.

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