‹ Thérapeutique Médico-Chirurgicale de l'Orchite Blennorragique: Essai de Traitement MéthodiqueChapitre 34 sur 52 · MÉDICATION INTERNE · texte numérisé non relu

MÉDICATION INTERNE

Letitre de ce chapitre peut, au premier abord, étonner le lecteur peu accoutumé à entendre par ler d’un autre traitement de l’orchite que du traitement local par la compression ou les topiques.

Cependant les ordonnances de l'hôpital Ricord que nous reproduisons textuellement plus haut mentionnent déjà quelques prescriptions particulières qui ressortissent, pour ainsi dire, de la médication interne, en particulier la purgation.Il y a donc lieu d'établir un départ entre les procédés de médication interne qui n’interviennent qu’accessoirement, comme un épisode du traitement pour ainsi dire, comme un adjuvant dela méthode topique, etle traitement par la médication interne proprement dit dans lequel le médicament compose à lui seul laforme et le fond du traitement.

I. — Purgation. — À la première catégorie appartient la purgation d'usage fort ancien et dont l'emploi s’est encore conservé jusqu’à nos jours : ilest peu de praticiens de la ville, dans la vérita-

ble acception du mot, qui ne prescrivent la purgation et nous avons vu qu’elle intervient dans les ordonnances magistrales des hôpitaux.

Est-elle indispensable ? Nous serions tentés de répondre non ; sans doute elle peut agir au début comme dérivatif, elle a encore l’avantage de permettre un plus long séjour au lit sans mobilisation du malade, lorsque letube intestinal une fois bien évacué, ne permet plus que des aliments légers donnant peu de déchets organiques. Mais au début, la fréquence des évacuations qu’elle provoque n'est-elle pas une cause de fatigue pour le malade etle résultat inverse à celui que l’on cherche n'est-il pas obtenu ?

Nous n’avons d’ailleurs pas l'intention de discuter bien longuement ce point : c'esi affaire de doctrine, et nous croyons être dans la mesure du vrai en disant que si elle ne présente pas degrands avantages, la purgation n'offre pas non plus de grands inconvénients ; elle pourra donc être prescrite où non suivant les cas et comme elle jouit auprès du public d’une grande faveur, il y aura quelquefois prudence à en conseiller l'emploi pour éviter que le malade n’attribue à l’oubli de cette prescription qu’il regarde comme si importante, telle ou telle complication qui pourrait survenir. Quelques auteurs cependant (Tillaux) admettent qu’elle diminue notablement la durée de l’orchite.

Les DURS

IT. — Lavements. — Nous n'insisterons pas beaucoup sur les lavements. Ils peuvent être de deux sortes : ou évacuateurs etseraient alors peutêtre préférables à la purgation, ou bien calmants. Ce n’est que dans le cas d’orchite très douloureuse qu’on pourrait avoir recours à des lavements composés, laudanisés par exemple, mais nous verrons (et nous avons déjà vu en parlant de la pulvérisation phéniquée) qu’il reste d’autres moyens plus simples d'arriver au même but.

Médication interne proprement dite.

III. — Tartre stibié. — L'idée de traiter l’orchite blennorrhagique médicalement par l’administration à l’intérieur de certaines substances n’est pas absolument nouvelle quoique de date peu ancienne. En recherchant dans les traités anciens, il serait facile d’y retrouver employées à cet usage les drogues les plus multiples etles plus complexes et dont la tisane d’orge miellée formait souvent la base.

Mais c’est récemment, disions-nous, que l’idée a pris naissance de traiter d'emblée et de parti pris l’orchite blennorrhagique par les agentsmédicaux. Un des premiers, Curling dit avoir arrêté une orchite aiguë en 30 heures à l’aide du tartre stibié à dose nauséeuse.

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