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IV. — Calomel.— Employé également par Curling (10 à 15 centigr. ) uni à la poudre de Dower (80 à 40 centigr.), le calomel ne paraît guère avoir d'autre valeur que celle d’un purgatif.
V. — Sulfaic de quinine. — C’est un agent auquel M. le Professeur Verneuil accorde grande coufiance et que nous avons entendu prôner dans une de ses lecons de l’Hôtel-Dieu (1). Pigornet, qui l’a administré à trois malades, dit n’en avoir pas retiré des résultats notables.
Dans un cas dont nous avons pu recueillir l’observation en 1889 dans le service du Professeur Verneuil, il n’en fut pas de même, mais il faut dire que le malade, soldat dans les colonies, y avait été atteint de lésions hépatiques et que le paludisme pouvait être incriminé.
L’expérimentation de Pigornet, « si étroite, ditil lui-même, est loin de lui permettre de pouvoir contester l'efficacité de cette médication. »
Mais nous avons dans les médicaments suivants des agents de guérison tellement actifs, qu’il nous semble inopportun de discuter plus longtemps cette question, le sulfate de quinine offrant, en dépit des avantages qu’il peut présenter, le grand inconvénient d’être coùteux et difficilement supporté par bien des malades, souvent même peut-il être le point de départ de dyspepsies rebelles.
(1) Verneuil. — Clinique chir. de l’Hôtel-Dieu, 1892,
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VI. — lodure de potassium. — Ce médicament a été aussi plusieurs fois prescrit, mais il s'adresse plutôt au traitement des indurations persistantes consécutives à l’orchite, qu’à l’orchite aiguë ellemême. Nous en dirons donc un mot en parlant du traitement de la période chronique d’induration épididymaire. (V. page 85).
VII. — Salicytate de soude. — Son usage dans le traitement de l’orchite blennorrhagique est d'origine anglaise et doit être rapporté à Sir Edward Henderson (1) qui note à cette époque (1882) son influence favorable sur le symptôme douleur et sur la résolution de l’épanchement vaginal.
M. Chauffard, professeur agrégé de la Faculté de Paris, reprit cette étude peu de temps après et les cinq malades auxquels il administra le salicylate furent promptement guéris.
En 1885, M. le Docteur Du Castel, alors médecin à l'hôpital du Midi, institua des expériences à cet égard, et soumit au traitement salicylé la plupart des malades atteints d’orchite qui entrèrent dans son service ; il nota aussi l'amendement rapide de la douleur et la résorption précoce de l’'épanchement. M. Henri Gautier, son interne (1886) continua ses recherches sur un nombre
(1) The Lancet, 1882. — Salicylate of soda in acute orchilis complications gonorræa. à
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assez considérable de malades, et dans sa thèse inaugurale de 1886, Alfred Pigornet (1) put joindre aux 3 observations de Henderson 26 observations inédites personnelles. C’est donc au travail de cet auteur que nous renverrons le lecteur désireux de lire les détails de cette expérimentation.
De la discussion des observations, il ressort que la sédation de la douleur a toujours été rapide, qu’au bout de 3 journées de traitement on pouvait presser l’épididyme malade sans qu’il fût plus sensible que celui du côté sain, il en résultait une diminution très notable de la durée de l’hosoitalisation nécessaire à la guérison parfaite des malades ; seules, les orchites accompagnées de funiculite restèrent rebelles, et il fallut revenir à d’autres procédés de traitement pour ces cas particuliers.
Voici d’ailleurs in extenso les conclusions de l’auteur :
1° Dans l’orchite blennorrhagique, le salicylate de soude amène au bout de quelques heures une diminution d’abord, puis une disparition complète de la douleur;
1° Son action est surtout constante dans les cas aigus d’épididymite avec vaginalite ;
3° Lorsque l’inflammation du cordon demine la scène, la médication est souvent sans effets,
(1) Loc. cit.
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4° Dans les cas ainsi traités, la résolution du gonflement commence plus tôt que dans les cas soumis au traitement par les antiphlogistiques, elle suit une marche régulière et elle peut être achevée en moins de 8 ou 10 jours, ne laissant après elle qu’une légère induration de l’épididyme,
5° Cette médication a l’avantage de permettre au malade de se lever au bout d’un Jour ou deux. Par sa simplicité, son innocuité, son efficacité bien constatée, elle présente de grands avantages sur les autres modes de traitement ». |
Après la lecture des observations publiées par M. Pigornet, nous souscerirons volontiers à la plupart de ses conclusions. Nous ne pouvons cependant nous garder de faire quelques réflexions sur sa conclusion V.
Sans doute, c’est un grand avantage de pouvoir, sans détails de technique délicats ou onéreux, guérir complètement et rapidement l’orchite, et surtout de pouvoir permettre au malade de se lever. Mais est-il bien Juste de regarder le salycilate de soude comme un médicament toujours innocent? Outre qu’il ne doit être prescrit ni aux rénaux, ni aux cardiaques, ni aux cérébraux, il est passible des mèmes reproches que nous adressions au sulfate de quinine. Il a provoqué, à la dose administrée (de 3 à 6 grammes environ), des bourdonnements et jusqu’à la surdité chez plusicurs des malades traités.