‹ Thérapeutique Médico-Chirurgicale de l'Orchite Blennorragique: Essai de Traitement MéthodiqueChapitre 6 sur 52 · A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX ET À L'ÉCOLE PRATIQUE · texte numérisé non relu

A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX ET À L'ÉCOLE PRATIQUE

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DE

L'ORCHITE BLENNORRHAGIQUE

INTRODUCTION A. — Choix du sujet.

Avant de terminer nos études médicales, nous avons dû nous préoccuper d’un sujet de thèse et deux partis s’offraient à nous :

Ou bien rechercher péniblement dans l’histoire de quelque grande affection un point très particulier encore peu développé, pour publier un travail qui ait la prétention d’être nouveau au risque de n’avoir point d'application pratique directe et de rester une simple étude spéculative,

Ou bien, sans dédaigner un sujet déjà maintes fois abordé, d’en refaire l’historique et l'étude, de rassembler ce qui avait déjà été dit et d’en dégager une étude d'ensemble où nous puissions apporter quelque discussion ou quelque critique et

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où le praticien pût trouver quelque profit pour l'exercice de son'art.

Ce dernier parti nous a bien vite séduit. Ne nous sachant ni la force ni le temps d’entreprendre de ces grandes recherches où le laboratoire intervient pour une grande part, nous avons, dans un champ assez restreint, cherché à rester cependant utile. C'est donc avec modestie que nous voulons présenter un travail modeste : notre part y est petite puisque nous avons comme collaborateurs tous les noms qui figurent à notre bibliographie.

Rechercher, colliger et commenter la plupart des travaux qui ont été consacrés au traitement de l’orchite blennorrhagique, en discuter la valeur, en rejeter beaucoup pour en dégager les procédés qui seuls méritent d’être conservés, ct cela en nous fondant tant sur les observations publiées que sur quelques observations personnelles, pouvoir, somme toute, présenter au praticien un Æssai de traitement méthodique de l’orchite bennorrhagique, complément pour ainsi dive du traitement méthodique que M. Thiéry publiait dans les Annales des organes génito-urinaires (1), telle est notre tâche dont l'intérêt n’échappera guère au lecteur.

(1) P. Thiéry. — Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1891.

L’orchite blennorrhagique est, en effet, une complication fréquente et nous n’en voulons pour preuve que ces quelques chiffres relevés à l’hôpital du Midi (1886) dans le service de consultation externe.

1° juillet 1886. — Consultants. 55 Orchites. 8

23 septembre.

4 octobre.

4 novembre.

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M0 29 novembre. Consultants. 100 Orchites. 11

& décembre. . ee 80 + 6 MC LR num 80 AA e 9 — — 60 ET tue — 94 De it 16 — — 78 RES | 20 Su Fe 90 <E 8 23 ER Es 60 .— 5 2T 7 — 80 — 7 MERE 62 SEC 3 Janvier 1887 = 82 == & 6 SH URR .— 83 ai el 10 EN à — 81 Etes 13 D | .— 58 rt 14 = Ce 88 Es 12 20! Po — È si 65 Han es DE De — BONES 27 ee = 77 — 7 31 " S 91 — 8

- C'est-à-dire, en chiffres plus simples, que pendant cette périade de six mois : juillet-:eptembreoctobre-novembre-décembre 86 et janvier 87ilne s'est pas présenté à la consultation externe du Midi (elle a lieu deux fois par semaine, seulement pour le servicede M. Humbert) moins de 3495 con+ sultants dont 381 étaient atteints d’orchite blennorrhagique, chiffre éloquent qui confirme notre dire sur la fréquence, Ja banalité de l’affection dont le traitement va nous occuper.

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Sur tous ces malades, la plupart ‘ouvriers ‘et sans fortune, obligés d'économiser leur temps et leur argent, il n’en était pas la moitié qui aïent $uivi un traitement régulièrement institué. L’absence de règle dans la conduite du. traitement, le changement perpétuel et pour ainsi dire quoti: dien des prescriptions toujours onéreuses pour le malade,amenaient ces malades au 20°-— 25: jour de l’orchite sans qu’ils pussent reprendre le travail.

Tous ceux qui ont fréquenté la clinique externe de l'hôpital du Midi savent que je n’imagine rien et qu’il n’y a.là aucune exagération.

Dans les petites villes, dans les campagnes, il en est de même bien souvent encore: le collodion, la teinture d’iode, et d’autres procédés aussi surannés sont encore mis en pratique et à ceux-là surtout nous dédierons notre travail qui ne veulent. pas croire qu’en 8 à.10 jours une orchite aiguë doit être guérie au point quele malade peut reprendre son travailet cela par des procédés simples, faciles à appliquer et peu coûteux. J

En fait, nous ne prétendons donc avoir rien trouvé. Bien convaincu seulement que multiplicité n’est pas richesse en matière d’agents thérapeutiques, nous allons simplement faire inventaire à peu près complet de cé qui.4.été proposé et pratiqué, et comme au milieu.de cette abondance il est certains procédés manifestement inférieurs aux

autres, nous les éliminerons pour ne conserver que ceux qui répondent au désidératum de tout traitement: efficacité, simplicité, rapidité.

Avant d'aborder cette étude nous considérons comme plus qu’un devoir pour nous qui allons emporter dans notre pays le plus que nous avons pu retenir de la belle science française, d’y emporter aussi les noms de ceux des maîtres que nous avons pu particulièrement approcher et qui ont bien voulu nous donner des marques de bienveillance.

Lu de nos compatriotes, ce travail leur montrera à quelle école nous avons été et c’est de bon augure pour nous de pouvoir remercier.

M. le Professeur Tarnier dont le merveilleux enseignement nous permettra d'aborder avec fruit la pratique des accouchements que nous avons aussi étudiés dans le service de M. A. Boissard qui remplaçait, à la Charité, M. le Docteur Budin.

En chirurgie, nous avons eu la bonne fortune de suivre successivement les services de M. Léon Labbé, à l’hôpital Beaujon, de M. Berger, à Lariboisière, de M. Charles Nélaton dans le même hôpital. Partout nous avons puisé des notions de sens clinique et de pratique que nous conserverons toujours comme guides.

M. Millard (Beaujon), M. Duguet (Lariboisière), nous ont appris les difficultés de la clinique mé-

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dicale qui'se présenteront souvent aussi dans notre pratique et à chaque instant nous aurons besoin de nous souvenir de leurs précieux conseils.

Enfin, nous ne voulons pas à côté de ces Maîtres si connus, oublier la part de reconnaissance que nous devons à nos jeunes maîtres.

M.Albarran, professeur agrégé, autant notre ami que notre maître, nous a bienveillamment initié à la pratique des voies urinaires, à l’hôpital Necker; M. Pierre Delbet, professeur agrégé a été notre guide à l’Ecole pratique alors qu'il y était prosecteur, et, par une bizarre coïncidence, le Docteur Thiéry, chef de clinique chirurgicale à la Charité à qui nous empruntons plusieurs idées nouvelles nous avait déjà sûrement enseigné les premiers principes d'anatomie pendant son prosectorat. C’est pour nous une douce obligation de leur témoigner une reconnaissance déjà ancienne.

Dans les Sociétés savantes nous avons pu connaître M. le Docteur Blanchard, professeur agrégé, secrétaire-général de la Société zoologique de France, M. le Docteur Pietra-Santa, Secrétaire perpétuel de la Société française d'hygiène : qu’ils reçoivent ici nos remerciements pour nous avoir facilité l’accès de ces Sociétés.

Que Monsieur le Professeur A. Fournier qui nous fait le grand honneur de présider notre thèse veuille bien recevoir nos remerciements et

nos respects.

mue B. — Division du sujet.

Pour apporter un peu de clarté dans l’énumération des multiples traitements de l’orchite blennorrhagique qui ont été préconisés, nous n’avons guère trouvé mieux qu’une Classification déjà plusieurs fois produite (1), et que nous reproduisons ‘encore en la faisant suivre de quelques modifications.

‘Le‘traitement peut être en effet :

4°Prophylactique ou préventif.

2 Mécanique.

‘8° Médicamenteux externe (topiques).

4Médicamenteux interne.

5 Chirurgical. |

Ces cinq Chapitres comprennent l’énumération de presque toutes les méthodes employées. Il est cependant bien difficile d’assigner à éhacune d’élles un-cadre absolu.

Sans doute, les suspensoirs compressifs ouatés ressortissent bien du domaine du traitement mécanique ; l’onguent napolitain du traitement par les topiques ; l’anémone pulsatile' de la thérapeutique

{1) Voyez Dormand. — Th. de Paris, 4889. — De la médieation interne dans Je traitement de, l’orchite.blennorrhagique et du traitement de cette affection par la teinture d’anémone pulsatille. |

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interne. Mais où placer, par exemple, les applications de glace qui agissent sans aucun doute, et par le froid qu’elle produisent et par la rétraction du scrotum qu’exerce lacontraction du dartos, musclé thermosystaltique par excellence ? Cependant cette classification offre trop d'avantages pour que nous puissions l’abandonner. Il sera nécessaire d’autre part, pour être complet, de diviser notre étude en deux chapitres bien distincts : l’un quia rapportau traitement de l’orchite blennorrhagique simple, c’est-à-dire non compliquée de lésions des annexes du testicule : cordon, prostate,vésicules séminales, l’autre qui envisage au contraire l’éventualité de ces diverses complications dont l’une: la funiculite, est si fréquente.

Il n’y a guère lieu, en effet, de comparer le pronostic de l’un et l’autre état. Tandis qu'avec une thérapeutique judicieuse, chez un malade soumis, on peut, pour ainsi dire, fixer le terme de la guérison de l’orchite vulgaire, il y aurait grande imprudence à vouloir imiter cette conduite lorsqu’il y a funiculite. Le pronostic et Le traitement lui-même varient assez sensiblement pour qu’il nous soit nécessaire d’en dire un mot dans un chapitre spécial. Cependantpour éviter des redites ous considéreronsla plupart des procédésemployés contre l’orchite Simple non compliquée comme également applicables à l’orchite compliquée, mais

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avec cette restriction : qu’il peut devenir nécessaire de leur adjoindre d’autres procédés thérapeutiques principalement dirigés contrela complication qui agerave l’orchite vulgaire.

Ce n’est qu'après avoir énuméré ces don procédés, en avoir fait, comme nous disions plus haut, l'inventaire, que nous chercherons à en faire la critique afin de pouvoir y faireun choix et réduire, si faire se peut, à une formule peu variable etsimple le traitement régulier de l’orchite blennorrhagique.

Quant au traitement de la plus grave des complications, je veux dire de l’évolution tuberculeuse de l’épididyme à l’occasion d’une orchite précédente, il ne nous occupera pas, tant il emprunte une direction et un caractère spéciaux à la nature même de cette nouvelle affection substituée Rois ainsi dire à l’ancienne.

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