MYOPIE
La myopie est l'état anormal de la réfraction qui résulte d'un excès de longueur de l'axe antéropostérieur du globe oculaire. Nous pouvons, en effet, négliger les cas exceptionnels où la myopie est le résultat d'une modification cristallinienne, car ils n'ont aucun rapport avec la myopie ordinaire dont nous nous occupons. La conséquence immédiate de l'allongement de l'axe du globe oculaire est un excès de réfraction se traduisant par un trouble de la vision à distance. A ce trouble, on peut remédier par le port de verres correcteurs. Mais la myopie s'accompagne fréquemment de lésions des membranes de l'œil. Il faut la considérer comme une véritable maladie de l'appareil oculaire et nous aurons, par conséquent, à envisager les moyens thérapeutiques à employer contre cette maladie et les complications qu'elle provoque. Lorsque la myopie atteint un degré très élevé, les verres correcteurs ne sont plus suffisants pour améliorer la vision. On peut alors obtenir une amélioration considérable de la vue par l'extraction du cristallin, c'est-à-dire par la diminution du pouvoir réfringent de l'œil au moyen de la suppression de la lentille.
Nous aurons donc à envisager successivement trois points dans la thérapeutique de la myopie : la détermination des verres correcteurs, destinés à améliorer la vision à distance, le traitement général de la myopie et des complications qui peuvent l'accompagner, et entîn le traitement opératoire de la myopie élevée.
VICES DE RÉFRACTION
Détermînalîon de la myopie et choix, des verres.
Nous ne reviendrons pas sur les moyens destinés à déterminer la réfraction chez les myopes et nous renvoyons pour cela aux considérations générales, que l'on trouvera plus haut.
Chez les enfants il sera toujours préférable de ne déterminer la réfraction qu'après paralysie préalable de l'accommodation par les verres. D'autant plus qu'il est fréquent de voir une contraction accommodative simuler la myopie, et la prescription de verres concaves aurait pour effet d'exagérer le trouble qu'il s'agit de combattre. Nous avons souvent vu des enfants ou des adolescents chez lesquels un premier examen subjectif ou kératoscopique, fait avant l'instillation d'atropine, révélait l'existence d'une réfraction myopique, de 2 à 5 D et qui, après l'emploi de l'atropine, montraient une hypermétropie réelle de 1 à 3 D.
Chez l'adulte, par contre, il est rare que l'on soit obligé de recourir à l'atropine pour déterminer exactement le degré de myopie. Nous avons déjà eu l'occasion d'insister sur la nécessité de rechercher exactement le degré d'astigmatisme, dans le cas où ce trouble se surajoute à la myopie.
Doit-on faire porter des verres correcteurs aux myopes, pour la vision à distance ? Nous sommes obligé de nous arrêter un instant pour discuter ce point; car c'est un préjugé très répandu et partagé par le plus grand nombre des médecins, que d'admettre que le port de verres correcteurs a pour effet d'augmenter la myopie et d'en rendre les complications plus fréquentes. Il n'y a pas très longtemps