DÉTERMINATION DE LA MYOPIE
Enfin, pour certains travaux (musique, peinture), on prescrira des verres dont le degré sera intermédiaire entre ceux qui sont portés pour la vision de loin et ceux qui servent à la vue de près.
Dans les degrés élevés de myopie, il sera utile de faire décentrer légèrement les verres de manière à profiter de l'effet prismatique léger obtenu par la décentration pour diminuer d'autant l'effort de convergence. Lorsque la réfraction myopique n'est pas égale dans les deux yeux, on se basera, pour le choix des verres, sur l'acuité visuelle de chaque œil d'une part et l'existence ou non de la vision binoculaire. Mais ici on ne peut pas poser de règles fixes, et il faudra le plus souvent procéder par tâtonnement. Lorsqu'un œil seul est myope et l'autre emmétrope, il n'y a pas lieu de corriger la myopie, sauf dans le cas où l'œil emmétrope présente une acuité visuelle inférieure à celle de l'œil myope. Si l'un des yeux est myope etl'autre hypermétrope, on donnera à chaque œil sa correction exacte.
I Chez les myopes d'un degré élevé, il n'est pas rare de voir se produire un strabisme divergent périodique d'un des yeux lorsque le regard n'est pas sollicité. Le meilleur moyen d'y remédier, c'est de corriger d'une manière parfaite le vice de réfraction dans les deux yeux. Pour la vision de près, si la décentration des verres ne suffisait pas, on pourrait combiner, aux verres correcteurs, des prismes à base nasale d'un à deux degrés au plus pour chacun des yeux.
VICES DE RÉFRACTION
Traitement général de la myopie et de ses complications.
Avant d'envisager le traitement de la myopie déclarée, nous devons nous arrêter un instant aux mesures préventives destinées à empêcher le développement de la myopie.
C'est là d'ailleurs un chapitre aussi obscur que l'étiologie de la myopie elle-même. Les statistiques ont sans aucun doute démontré que la myopie était plus fréquente chez les habitants des villes que chez les habitants de la campagne, dans les classes studieuses, que dans les classes agricoles; mais de là à conclure à l'action des études sur la genèse de la myopie il y a loin, et nous attendons encore la démonstration scientifique de l'utilité des mesures préventives préconisées par les hygiénistes. Sans doute il ne peut y avoir aucun inconvénient à modérer le travail des yeux de l'enfant, à lui donner un siège et un pupitre convenable, à l'empêcher de se rapprocher de son livre ou de son cahier de travail, à interrompre fréquemment les classes, à exiger un bon éclairage et une bonne impression de ses livres, etc. ; mais il ne suffit pas d'établir théoriquement des prescriptions hygiéniques, il serait encore plus important d'en démontrer l'efficacité. C'est surtout entre dix et vingt ans que la myopie a de la tendance à se développer, et rien ne permet de prévoir quels seront les cas où l'amétropie restera stationnaire et ceux où elle suivra une marche progressive. Cependant, si les ascendants sont atteints de myopie élevée, il y aura lieu de redouter chez l'enfant une myopie grave et d'en prévenir les parents.