III. — TUMEURS DE L ORBITE
Nous avons envisagé ailleurs les tumeurs du nerf optique qui constituent les plus fréquentes des néoplasies orbitaires.
En dehors d'elles, on observe encore des tumeurs d'origine périostique ou osseuse (sarcomes), des tumeurs vasculaires (angiomes, lymphangiomes) et dont l'origine est souvent congénitale, et enfin des kystes.
Parmi ces kystes nous avoiis vu qu'il fallait en rat-
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tacher quelques-uns aux lésions du sinus. Parmi les kystes congénitaux on observe : d'une part des kystes dermoïdes dont le siège de prédilection est l'angle supéro-interne ou supéro-externe de l'orbite et dans les parties antérieures des tissus de cette cavité ; d'autre part, des méningocèles souvent impossibles à différencier des kystes dermoïdes et comme eux congénitaux. Le méningocèle n'est pas mobilisable. Il se laisse réduire par la pression et présente souvent des pulsations correspondant aux pulsations artérielles ou aux mouvements respiratoires. Le liquide retiré par la ponction avec la seringue de Pravaz fera reconnaître les caractères du liquide céphalo-rachidien. Les kystes à échinocoques sont exceptionnels.
Pour toutes les tumeurs, l'intervention chirurgicale seule est indiquée. Lorsqu'il s'agit d'un kyste dermoïde ou autre, on cherchera à en faire l'ablation en ménageant autant que possible l'appareil visuel. On aura recours dans certains cas à l'opération de Kroenlein, c'est-à-dire à la résection temporaire de la paroi orbitaire externe que nous avons décrite ailleurs (p. 265) et qui permettra d'aborder des kystes profonds. Dans les sarcomes ou épitheliomas, on aura recours à l'exentération de l'orbite avec ou sans ablation des paupières suivant que ces organes sont ou non envahis par la néoplasie. Il ne faut cependant pas se méprendre sur l'utilité de cette intervention dont les résultats ne sont que très passagers.
Exentépation de l'orbîte.
Instruments nécessaires : Bistouris, pinces à disséquer, pinces à forcipressure, ciseaux, érignes, curettes, thermocautère.
EXENTÉRATION DE l'oRBITE
Anesthésie. — L'anesthésie générale par le chloroforme ou l'éther sera toujours nécessaire.
Technique opératoire. — Elle diffère un peu suivant que les paupières sont atteintes ou non par la néoplasie qui nécessite l'intervention. Lorsque les paupières sont saines et peuvent être conservées, on fend horizontalement la commissure externe jusqu'au rebord orbitaire et on les sépare du contenu orbitaire à l'aide des ciseaux. Puis, les paupières étant fortement écartées, on dégage des parois orbitaires, soit à l'aide des ciseaux ou d'une spatule, les parties molles en suivant tour à tour les parois inférieures, internes, externes, puis supérieures, et en terminant par la section du pédoncule optique au niveau du sommet orbitaire. Cette section est souvent suivie d'une abondante hémorrhagie. On pourra l'arrêter au moyen d'une pince à forcipressure ou par la ligature. Deux points de suture réuniront l'incision de la commissure externe.
Lorsque les paupières et la conjonctive sont envahies, il faut de toute nécessité les comprendre dans l'excision des tissus. Pour cela, on fait une incision cutanée correspondant au pourtour orbitaire et on dissèque l'entonnoir orbitaire comme précédemment. Il est souvent utile de compléter l'intervention ultérieurement par une opération autoplastique.
Pansement. — La cavité orbitaire sera tamponnée avec de la gaze aseptique et le pansement ne sera renouvelé qu'après 5 ou 6 jours, si la température reste normale et s'il n'y a aucun symptôme de réaction inflammatoire.