‹ Thérapeutique oculaireChapitre 19 sur 130 · PANSEMENT DANS LES OPÉRATIONS OCULAIRES · texte numérisé non relu

PANSEMENT DANS LES OPÉRATIONS OCULAIRES

nous tenons à le répéter aux opérations oculaires, qui ne nécessitent pas une assistance nombreuse ou des appareils compliqués.

Du pansemcut dans les opérations ocnlaires.

Pendant longtemps, on a attaché une grande importance au pansement, et on l'a compliqué de mille manières.

Aujourd'hui, au contraire, on a tendance, suivant en cela, ce qui s'est fait dans la chirurgie générale, à le simplifier autant que possible, et même à le supprimer complètement.

Nous avons vu qu'une plaie faite dans des conditions aseptiques se cicatrisait avec rapidité et guérissait sans complication en quelques jours. En général, les plaies oculaires n'entraînent pas d'hémorrhagie ou d'exsudation importante, et il n'y a pas lieu d'exercer sur la région qui a subi le traumatisme opératoire, une pression à l'aide du pansement. Le rôle compressif ou hémostatique du pansement n'existe pas, sauf pour quelques interventions sur les paupières.

D'autre part les plaies de l'œil sont à l'abri des contacts des vêtements ou des doigts de telle sorte que leur contamination secondaire est rare. Certains opérateurs (Hjort) ont supprimé tout pansement après les opérations sur le globe oculaire, et n'ont pas eu de résultats inférieurs à ceux qu'on obtient avec le pansement occlusif.

Nous ne croyons cependant pas que l'on doive adopter d'une manière absolue la manière de faire de ces praticiens. L'occlusion des yeux par le pansement est utile pour les raisons que nous allons in-

diquer, mais nous sommes persuadés que pour des petites interventions on peut avec avantage se dispenser de tout pansement.

Une plaie se cicatrise plus rapidement lorsque la région où elle est produite n'est pas soumise à des mouvements ou à des frottements continuels. Les plaies oculaires obéissent à cette loi ; l'immobilité relative du globe doit être recherchée après toute intervention et c'est à ce point de vue seul que le pansement occlusif conserve son utilité, mais à la condition que l'occlusion porte sur les deux yeux. Il préserve en outre dans une certaine mesure le globe contre les pressions extérieures.

Se basant sur les considérations que nous venons de développer, les opérateurs se sont ingéniés à modifier le pansement. Snellen applique au-devant de l'orbite une coque métallique maintenue par une bande. Fuchs place un treillage de fil de fer reposant sur l'arcade sourcilière, la base du nez et la saillie du malaire, et fixé au moyen d'attaches. D'autres utilisent une monture de lunettes qui maintient audevant des paupières deux rondelles de coton.

Nous n'attachons pas grande importance à ces diflerentes manières de faire et nous rappellerons seulement que le seul principe qui doive guider dans l'application du pansement, c'est que ce qui est mis en contact ^irect avec les paupières doit être aseptique. Qu3 ..e soit une rondelle de lint, de gaze ou un tampon de coton, il faut que ces objets aient été rendus aseptiques par un des procédés que nous avons indiqué : chaleur humide ou sèche, immersion dans une solution antiseptique. Les solutions antiseptiques exercent souvent sur les paupières une action irritante, aussi donnons-nous la préférence

Page 1