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I. — INFLAMMATIONS DES PAUPIÈRES

Des inflammations de nature variée peuvent se localiser à la partie cutanée des paupières. La plupart d'entre elles ne sont pas spéciales à cette région, et jusqu'à présent, nous ne connaissons pas encore d'affection spécifique de la face cutanée de cette membrane. Un grand nombre de dermatoses peuvent donner lieu à des localisations palpébrales, et bien que leur traitement ne diffère pas essentiellement de celui qui est mis en œuvre dans leurs autres localisations, nous en indiquerons brièvement la thérapeutique.

Les inflammations du bord ciliaire des paupières

MALADIES DES PAUPIÈRES

présentent cependant, au pointde vue clinique, une individualilé propre; mais il faut reconnaître que leur différenciation purement anatomique, manque absolument de précision. Leur étiologie encore obscure, ne permet pas d'établir des indications thérapeutiques rationnelles.

L'inflammation des paupières se traduit objectivement par des lésions plus ou moins marquées du bord palpébral, ou de toute la face cutanée des paupières. Ces lésions peuvent consister en une simple congestion vasculaire sans modification apparente de la peau sus-jacente, en une rougeur érythémateuse diffuse, en lésions circonscrites autour des follicules pileux des cils, en érosions ou en ulcérations du derme ; quelquefois même, il se produit de petits abcès dans l'épaisseur de la paupière. Les troubles subjectifs qui accompagnent ces lésions sont variables et sont souvent en désaccord avec l'intensité des lésions; c'est presque toujours une gêne visuelle avec sensation de cuisson, de démangeaisons, etc. La sécrétion est en général minime, lorsque la conjonctive n'est pas intéressée. I/agglutinement ne se produit que dans les cas où l'inflammation conjonctivale coïncide avec la blépharite. Lorsqu'il existe, il est en général peu marqué.

En présence d'une affection palpébrale, il faudra toujours faire l'examen de la conjonctive et des voies lacrymales. Dans quelques cas d'hyperhémie simple, la correction des vices de réfraction pourra apporter un soulagement marqué, et il faudra par conséquent déterminer la réfraction.

Certaines blépharites érythémateuses ou ulcéreuses résultent de la propagation d'une infection conjonctivale aux paupières. La conjonctivite subaiguë di-

HYPERnÉMIE DU BORD PALPÉBRAL

plobacillaire, par exemple, s'accompagne fréquemment de lésions palpébrales limitées ou généralisées, et qui disparaissent assez rapidement par un traitement approprié. Le larmoiement résultant d'une obstruction lacrymale peut aussi provoquer des lésions cutanées. Certaines blépharites lacrymales ne cèdent que lorsque l'écoulement normal des larmes est rétabli. Ici encore, par conséquent, il sera de toute importance de chercher, pour chaque cas particulier, à connaître la cause de l'affection et de ne se résoudre à un traitement empirique que si le résultat de ces investigations est négatif.

Hyperhémie du bord palpébral.

Bien que peu accusée chez certains sujets, l'hyperhémie du bord libre des paupières peut provoquer une gêne très marquée, surtout chez les névropathes.

Traitement.

Le vent, la poussière, la fumée et les vapeurs irritantes provoquent, chez les personnes atteintes d'hyperhémie du bord libre, une exacerbation des troubles subjectifs. Il en est de même de la fixation prolongée chez les sujets atteints de vice de réfraction. On conseillera d'éviter, autant que possible, toutes les causes irritantes, etencas d'amétropie marquée, oncorrigerala réfraction pardes verres appropriés. Les applications chaudes (compresses d'eau boriquée ou d'infusion de camomille, cataplasmes de fécule, atténueront la gêne oculaire. L'eau boriquée est parfois un peu irritante dans ces cas d'hyperhémie du bord palpébral. On pourra le remplacer par une solution physiologique d'eau salée. Lorsque

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l'hyperhémie est très marquée et que les troubles qui en résultent sont très gênants, on pourra faire des scarifications superficielles du bord palpébral avec le scarificateur de Vidal ou de Desmares.

Blépliarîte ciliaîi^e.

L'inflammation du bord ciliaire des paupières se traduisant par de l'injection et des concrétions plus ou moins épaisses au point d'implantation des cils peut relever de causes multiples.

C'est ainsi que, chez les enfants, on observe le plus souvent des poussées blépharitiques aiguës, en mêmetempsqueleslésionsimpétigineusesde la face, des narines ou du sillon rétro-auriculaire. C'est à cette forme de blépliarite que l'on donne le nom de Uèpharite ciliaire lymphatique ou impètigiiieuse.

Chez l'adulte, par contre, les causes de lablépharite sont encore mal connues. Au point de vue des lésions, on distingue la blépharite squameuse et la blépharite ulcéreuse.

Dans certains cas, les lésions palpébrales sont causées par la présence de parasites, animaux ou végétaux. On peut distinguer ainsi la Uèpharite parasitaire acarienne ou phthiriasique et la Uèpharite parasitaire favique ou trichophy tique.

Nous laisserons de côté ici la blépharite qui accompagne la conjonctivite subaiguë. Cette affection assez fréquente sera étudiée en même temps que l'affection conjoncdvale dont elle dépend, et nous y indiquerons le traitement qui s'adresse à la fois à la conjonctive et à la paupière.

TRAITEMENT DE LA BLÉPHARITE IMPÉTIGINEUSE 49 Traitement de la blépharite iiupétigineuse.

Lorsque lablépharite impétigineuse s'accompagne d'une inflammation de même nature du côté de la conjonctive, le meilleur traitement pendant la période d'acuité consistera dans une instillation quotidienne de nitrate d'argent en solution au 1/40. L'enfant sera couché horizontalement, la tête sur les genoux du médecin qui laissera tomber quelques gouttes de la solution argentique dans la fente palpébrale et sur la paupière, de manière que cette solution entre en contact intime avec toutes les parties malades des paupières et de la conjonctive, puis on enlève la solution avec un tampon de coton hydrophile. Il va sans dire que s'il existait des croûtes, il serait nécessaire, avant toute cautérisation , de faire des applications plusieurs fois renouvelées de ouate hydrophile ^imbibée d'une solution salée ou boriquée tiède, de manière à ramollir ces concrétions et à les enlever facilement. On continuera ces instillations quotidiennes pendant toute la période d'acuité en prescrivant en outre des lotions fréquentes avec la solution boriquée, ou avec de l'eau blanche (XV gouttes d'extrait de saturne dans un verre d'eau tiède).

Lorsque la période aiguë est terminée, et dans les cas où l'afî'ection ne présente 'pas au début cette poussée aiguë, on aura recours aux applications locales de pommades. Celles-ci ne se feront que sur la paupière préalablement nettoyée par des applications humides. On aura le choix entre différentes formules de pommades. C'est cependant la pommade au précipité jaune qui donne les meilleurs résultats.

MALADIES DES PAUPIÈRES

Vaseline

Lanoline

Oxjde jaune de mercure,

aa 5 gr.

0,30 centigr. à 1 gr.

On pourra essayer de, la pommade à l'icthyol.

Il est important de pratiquer un léger massage de la paupière au moment de l'application des pommades. Cette application se fera matin et soir.

Quant au traitement général, il est classique de conseiller les bains salés, répétés deux fois par semaine et à l'intérieur : le sirop iodo-tannique ou riiuile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, etc.

Traitement des blépharites parasitairés acarienne on phthîriasiqne.

Après avoir reconnu la présence des parasites à l'aide de la loupe, il suffira de faire quelques applications humides pour ramollir les croûtes et d'étendre sur le bord des paupières un peu de lanoline hydrargyrique. Cette application sera répétée pendant quelques jours consécutifs.

Traitement des blépharites parasitaires, trichophytiqnes et faviqnes.

L'épilation des cils malades sera suivie d'applications locales, au pinceau, de teinture d'iode ou de glycérine au sublimé.

Dans le favus des paupières, on aura recours au traitement recommandé pour le favus du cuir

Vaseline

Lanoline

Oxyde de zinc.

Ichthjol amon.

aa 5 gr.

1 gr.

0,50 centigr.

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