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IV. — KÉRATITES ÉRUPTIVES

I^ésîons cornéennes dans le zona ophtalmique.

Lorsque le zona ophtalmique atteint simultanément le territoire de distribution des différentes

KÉRATITES ÉRUPTIVES

branches de rophtalmique de Willis, qu'il existe à la fin des lésions éruptives cutanées et cornéennes, le diagnostic de l'affection ne présente pas de grandes difficultés. Les phénomènes névralgiques qui précèdent ou accompagnent l'affection, les caractères des lésions cutanées ne permettent pas la confusion. Il n'en est pas de même lorsque l'affection se cantonne à la cornée ou lorsqu'on ne trouve qu'un petit placard éruptif sur la paupière supérieure. Il faudra toujours y songer lorsqu'on verra, chez une femme âgée, se produire des lésions cornéennes à évolution rapide, accompagnées d'une anesthésie étendue à toute la cornée. Il est rare que l'on assiste à la période vésiculeuse des lésions cornéennes. Les vésicules se rompent très rapidement et ne forment plus alors qu'une infiltration grisâtre du parenchyme cornéen qu'il serait assez facile de confondre avec une lésion banale. Cette infiltration cornéenne, plus ou moins circonscrite, ne s'atténue que très lentement. Elle peut aussi s'infecter secondairement et devenir le point de départ d'une kératite àhypopion atypique. Lorsque cette complication ne se produit pas, l'éclaircissement de la cornée peut se poursuivre pendant longtemps et revenir presque à la transparence normale. L'anesthésie cornéenne qui existe pendant toute la durée de l'affection peut se prolonger très longtemps et même dans bien des cas persister indéfiniment.

Traitement dn Koiia ophtalmique.

Le traitement aura pour but, au début, de calmer les phénomènes douloureux névralgiques : antypirine, phénacétine, sulfonal ; de prévenir l'infection

MALADIES DE LA CORNÉE

secondaire par des lavages fréquents avec de l'eau salée bouillie ou de l'eau boriquée, et par l'occlusion palpébrale au moyen du bandeau, et de combattre les phénomènes réactionnels par l'instillation de collyre d'atropine. La cornée sera l'objet d'une surveillance quotidienne pendant la première période surtout. S'il se produisait une infection secondaire, si l'on constatait de l'hypopion, on se comporterait ainsi que nous l'avons indiqué pour la kératite à hypopion atypique.

Kératite plilycténulaîre.

La kératite phlycténulaire est une des affections cornéennes les plus fréquentes dans le jeune âge. Elle s'observe plus particulièrement chez les enfants que l'on a coutume de ranger sous l'épithète de scrofuleux. Empressons-nous d'ajouter que cette épithète n'a aucune signification pathogénique et que nous sommes dans l'ignorance complète de la nature de ces éruptions phlycténulaires qui atteignent simultanément ou isolément la conjonctive et la cornée et qui coïncident très souvent avec des manifestations impétigineuses du nez, de la face ou du cuir chevelu. Ce qui paraît certain, c'est que ces manifestations ne sont pas la conséquence d'une infection oculaire externe primitive. L'infection externe peut évidemment s'ajouter et venir compliquer la lésion éruptive, ainsi que cela peut s'observer dans toute éruption vésiculeuse ou huileuse, et ce fait a une importance thérapeutique.

La lésion se borne parfois à une petite opalescence centrale de la cornée ou à une infiltration marginale à peine accusée ; mais les symptômes fonctionnels

KÉRATITE PHLYCTÉNULAIRE

qui accompagnent ces lésions sont toujours très considérables et peuvent se prolonger fort longtemps lorsque les enfants ne sont pas soumis à un traitement eflicace.

La photophobie est constante et entraîne souvent un blépharospasme intense. On a souvent les plus grandes difficultés pour entr'ouvrir les paupières et pour examiner la cornée. On est parfois obligé de se servir des écarteurs, mais il ne faut y recourir que

Fig. 34. — Ecarteur de Desmarres.

s'il n'est pas possible, même après instillation de cocaïne, de voir la cornée. Dans tous les cas, on évitera de s'en servir fréquemment. En dehors de la photophobie et du larmoiement qui l'accompagne, on observe parfois un peu d'œdème palpébral et une sécrétion conjonctivale plus ou moins marquée; les phénomènes douloureux et l'insomnie indiquent souvent une infection secondaire de la lésion cornéenne.

Ces phlyctènes de la cornée, que l'on ne voit presque jamais au stade phlycténulaire, mais bien au stade ulcératif, laissent après elle de petites cicatrices ou taies dont l'influence fâcheuse sur la vision peut se poursuivre pendant toute l'existence. Le trouble fonctionnel dépend, cela va sans dire, du siège de la lésion.

MALADIES DE LA CORNÉE

Traitement de la kératite phlyctéiinlaire.

Nous avons déjà indiqué, à propos de la conjonctivite phlycténulaircjles principales lignes du traitement.

Au début et pendant la période d'acuité des troubles oculaires, on prescrira tout d'abord les instillations d'atropine répétées plusieurs fois par jour avec un collyre faible.

Eau distillée 10 gr.

Sulfate d'atropine 0,03 centigr.

On fera faire plusieurs fois par jour des lotions avec une solution boriquée tiède à 4 % et matin et soir des applications de la pommade à Toxyde jaune d'hydrargyre.

Vaseline 10 gr.

Oxyde jaune d'hydrai'gyrc 0,30 centigr.

Les paupières étant légèrement écartées, on introduit un peu de cette pommade dans la fente palpébrale en laissant les paupières se refermer doucement; puis, avec un petit tampon de coton, on fera un léger massage à travers les paupières.

Sous l'influence de ce traitement, les symptômes s'amendent très rapidement; mais il est souvent nécessaire que le médecin fasse lui-même les applications de pommade et les instillations d'atropine. Ce traitement sera continué jusqu'à disparition complète des phénomènes réactionnels. A ce moment seulement, on cessera l'instillation d'atropine, mais on pourra continuer rapplication de pommade pendant quelque temps encore.

On recommandera aux parents de ne pas appliquer

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