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TUMEURS DE LA CORNÉE

Parmi les tumeurs malignes^ le sarcome et l'épithélioma prennent habituellement naissance au niveau du limbe et se développent en empiétant sur la conjonctive et sur la cornée; en général le développement est plus marqué du côté de la conjonctive.

Le sarcome est habituellement pigmenté.

On conseille, en général, de pratiquer tout d'abord l'ablation de la tumeur, et de ne recourir àl'énucléation du globe que lorsque la tumeur a récidivé. Mais, étant donnéela récidive certaine, nous pensons qu'il vaut mieux être plus radical et faire d'emblée l'énucléation du globe et la résection de la conjonctive aussi loin que possible du point occupé par la néoplasie. Une ablation préliminaire n'est indiquée que si le diagnostic est hésitant, et pour contrôler le diagnostic clinique par le diagnostic histologique.

En effet, si dans quelques cas la fonction visuelle a pu être conservée pendant quelques années, dans le plus grand nombre, la récidive s'est produite rapidement, et l'énucléation tardive n'a plus empêché la marche envahissante de la néoplasie.

MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE

Les altérations pathologiques de la sclérotique constituent un groupe d'affections assez mal connues dans leur étiologie et dans leur nature. On distingue des inflammations superficielles qui paraissent avoir leur siège dans le tissu conjonctif qui recouvre immédiatement la sclérotique et auxquels on a donné le nom d'épisclérite et qui se traduisent par une infection circonscrite, occupant les parties antérieures du globe au voisinage de la cornée. La sclérite proprement dite est plus diffuse; l'injection profonde, qui souvent s'accompagne d'une injection conjonctivale, donne au segment antérieur du globe une coloration violacée assez particulière. A côté de ces inflammations, dont la durée ne dépasse pas habituellement quelques septénaires, on observe encore des inflammations chroniques qui laissent à leur suite des déformations ou des pigmentations particulières de la sclérotique. Dans ces différentes affections, les symptômes subjectifs se bornent le plus souvent à un peu de gêne. On n'observe pour ainsi dire jamais de phénomènes réactionnels intenses.

Elpiecléi^ite.

L'épisclérite est caractérisée par une inflammation circonscrite siégeant au pourtour de la cornée. L'af-

TRAITEMENT DE l'ÉPISCLÉRITE

fection se développe en quelques jours sans cause provocatrice précise. L'injection oculaire est habituellement limitée au secteur où se localise la lésion. Lorsque son apparition est accompagnée de troubles subjectifs, ceux-ci ne persistent jamais longtemps, tandis que l'injection peut durer quelques semaines. Souvent aussi le bouton d'épisclérite n'a qu'une durée de quelques jours, mais récidive très souvent. L'épisclérite s'observe surtout chez les adultes et chez les personnes âgées.

Traitement de l'épisclérite.

L'affection a une évolution naturelle vers la guérison, et elle semble peu influencée par le traitement local ou général.

Comme traitement local, on prescrira l'instillation d'un collyre au sulfate d'atropine (à 3 centigrammes pour 10 grammes d'eau distillée), répétée deux ou trois fois par jour. On y ajoutera des applications chaudes, prolongées pendant un quart d'heure matin et soir (cataplasmes de fécule, compresses boriquées, etc.). Dans certains cas, le massage au travers des paupières avec la pommade salicylée peut avoir une influence manifeste sur la disparition de la sclérite. Voici la formule de cette pommade :

Lanoline ) , „

AT- 1- î aa 10 gr.

Vaseline \ °

Acide salicylique 0,20 centigr.

A. Terson a obtenu de bons résultats dans quelques cas rebelles par l'emploi de l'électrolyse. Dans certains cas aussi, on pourra recourir aux pointes de feu.

21^ MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE

Le traitement général sur lequel on a coutume d'insister s'adresse aux différentes diathèses soupçonnées d'être la cause de l'affection, salicylate ou benzoate de lithine chez les goutteux, salicylate de soude chez les rhumatisants. Mais, nous le répétons, l'action de ce traitement général est très hypothétique, et jamais il ne permet de prévenir à coup sûr les récidives.

Scléro-conjonctîvîte.

Dans la scléro-conjonctivite, l'injection conjonctivale est aussi marquée que l'injection sclérale. Ce qui difféi^encie à première vue la scléro-conjonctivite de la conjonctivite proprement dite, c'est la répartition de l'injection oculaire. Celle-ci est plus marquée, en effet, dans les régions périphériques de la conjonctive bulbaire. La région périkératique est pâle ou rosée, alors qu'en dehors le globe présente une coloration rouge vive ou violacée.

Cette scléro-conjonctivite se développe très rapidement, elle atteint souvent les deux yeux simultanément et malgré l'intensité apparente de la réaction, les troubles subjectifs sont en général peu marqués. Cette scléro-conjonctivite s'observe plus particulièrement dans la blennorrhagie ; elle apparaît souvent en même temps que des localisations articulaires de l'inflammation blennorrhagique. Elle comporte un pronostic beaucoup plus bénin que la conjonctivite blennorrhagique par infection externe. L'évolution grave est exceptionnelle et sa guérison se fait en deux ou trois semaines.

[ SCLÉRITE

jTraitement.

Les cautérisations au collyre de nitrate d'argent

(au — ) ne sont indiquées dans la scléro-conjoncti-

vite blennorrhagique que si l'examen microscopique fait constater la présence de gonocoques dans la sécrétion conjonctivale (la présence du gonocoque est l'exception et paraît coïncider avec les formes graves). Dans tous les autres cas, on se contentera de prescrire les instillations d'atropine et les applications chaudes. Il faudra recommander au malade, surtout s'il s'agit d'un homme, de se laver fréquemment les mains afin d'éviter le transport du pus uréthral dans l'œil et la contamination externe de la muqueuse oculaire.

A côté de l'épisclérite et'des scléro-conjonctivites, on observe certaines inflammations qui, par la profondeur de l'injection, par la présence d'un point douloureux à la pression au niveau de cette injection, paraissent siéger dans le tissu même de la sclérotique. L'inflammation intéresse d'abord un secteur de l'œil, puis elle peut disparaître et se reproduire à distance dans un secteur éloigné. Elle peut même atteindre le secteur postérieur et se traduire par des lésions du coté du nerf optique ou de la choroïde; dans d'autres cas, elle s'accompagne de soulèvements périphériques de la rétine ou d'infiltrations de la cornée. L'évolution de cette affection, encore peu connue dans ses lésions et sa nature, pa-

MALADIES DE L'iRIS

raît fort longue et souvent les poussées se succèdent pendant des mois et même une année, pour se terminer par une guérison complète ou relative.

Traitement de la sclérite.

Le traitement général ou local paraît sans effets. On sera néanmoins autorisé d'essayer du salicylate de soude, de l'iodure de potassium ou des sels de mercure. Les bains de vapeur paraissent avoir une action sédative légère, mais cette action n'empêche pas la sclérite de poursuivre sa marche insidieuse. Si le processus résiste à ce traitement, on essayera d'une thérapeutique locale : applications répétées de pointes de feu superficielles, injections sous-conjonctivales de chlorure de sodium ou de sels de mercure.

Sclévectasîe.

Les sclérectasies sont la conséquence fréquente d'une inflammation sclérale antérieure. Sous l'influence du processus inflammatoire la coque sclérale s'amincit, perd de sa résistance et sous l'influence de la pression intraoculaire tend à faire saillie et à perdre sacourbure régulière. Le traitementconsistera à surveiller la tension intraoculaire et à instiller des myotiques (pilocarpine, ésérine) pour diminuer la tension intraoculaire. On aura recours à la sclérotomie ouà l'iridectomie si l'augmentation de tension ne cédait pas à ces moyens.

I*Iaîes pénétrantes de la sclérotique.

Les plaies pénétrantes de la sclérotique se cicatrisent très rapidement lorsque la plaie n'est pas

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