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LEUCOMES OU TAIES DE LA CORNÉE

alors qu'àréunir les deux lèvres de la conjonctive par trois sutures verticales. Comme, après l'extraction du cristallin, le corps vitré, ne rencontrant plus qu'une faible barrière à son issue, peut s'échapper, on peut passer le fil de suture dans la conjonctive avant

Fig. 33. — Excision du staphylome cornéen (de Wecker).

l'excision du staphylome et le serrer, aussitôt que le corps vitré menace de s'échapper.

Il reste à la suite de cette opération un moignon très mobile qui devient un excellent support pour un œil artificiel. Celui-ci ne devra être appliqué que lorsque la cicatrisation sera parfaite et lorsque les phénomènes irritatifs auront complètement disparu.

Leucomes oii taies de la cornée.

Les taies de la cornée résultent, le plus habituellement, de lésions inflammatoires superficielles de cette membrane.

MALADIES DE LA CORNÉE

On est fréquemment consulté pour ces lésions cicatricielles et il y a lieu d'établir une certaine distinction entre les différents cas qui peuvent se présenter.

Chez les enfants, les leucomes consécutifs à la kératite impétigineuse ou à d'autres lésions inflammatoires ou traumatiques se modifient avec les années d'une manière souvent inattendue.

Traitement des leucomes.

On a l'habitude de conseiller les applications chaudes, les douches de vapeur à l'aide de l'appareil de Laurenço. Ces douches sont pratiquées une ou deux fois par jour. L'enfant est assis dételle sorte que les jets de vapeur arrivent sur les régions orbitaires ; mais on aura soin de placer au-devant de l'œil une , compresse de toile ou mieux une bande de flanelle, i pour que la vapeur ne puisse pas produire une rubéfaction trop forte de la peau. La durée de la: douche ne doit pas dépasser 5 à 10 minutes. Elles seront suspendues s'il se produisait des phénomènes irritatifs. On aura recours aussi aux applications de poudre de calomel ou de pommade à l'oxyde jaune d'hydrargyre (30 centigrammes pour 10 grammes de . vaseline).

Lorsqu'il persiste malgré tout une taie cornéenne, il peut en résulter soit un trouble plus ou moins considérable de la vision, soit une difformité appa-^ rente dont le malade est souvent plus préoccupé que du trouble visuel qui l'accompagne.

Au point de vue cosmétique, le tatouage des opacités cornéennes est une petite opération absolument, indiquée. Lorsque la taie respecte une partie de la ,

TRAITEMENT DES LEUCOMES

zone pupillaire de la cornée, le tatouage peut, en outre, déterminer une amélioration visuelle bien supérieure à celle que donnerait l'exécution d'une ridectomie optique. Dans ces cas-là, par conséquent, avant de faire l'iridectomie, il sera toujours indiqué de pratiquer le tatouage du leucome.

Tatouage de la cornée. — Cette opération consiste à incruster d'encre de Chine les couches superficielles de la cornée. L'œil est aseptisé comme pour une intervention grave. On instille une goutte de collyre de cocaïne peu avant de commencer le tatouage, de manière à ne pas déterminer une hypotonie trop considérable. Comme instrument, on peut se servir de fines aiguilles à coudre rassemblées en faisceau, d'un couteau de De Graefe bien acéré ou d'une aiguille creuse de De Wecker. Ces instruments seront aseptisés, cela va sans dire. On se dispensera autant que possible de pince à fixation pour éviter le tatouage de la conjonctive qui pourrait en résulter. L'encre de Chine sera broyée dans de l'eau bouillante jusqu'à ce qu'on obtienne une émulsion bien épaisse. On en applique alors une petite quantité avec la spatule sur la région à tatouer et on fait une série de piqûres. On enlève ensuite l'encre en excès avec un tampon de coton

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humecté et on applique un bandeau pendant 24 heures. L'opération sera répétée une ou deux fois si le résultat n'était pas satisfaisant. La coloration noire, obtenue par le tatouage, s'atténue souvent avec les années et nécessite une nouvelle intervention. Il sera prudent de prévenir les malades.

Les contre-indications du tatouage sont : l'amincissement de la cornée, l'existence antérieure d'une irido-cyclite, la persistance de phénomènes irritalifs ou l'existence d'une affection lacrymale ou conjonctivale.

Iridectomie optique. — Nous laissons de côté les cas où, à la suite d'une lésion perforante de la cornée inflammatoire ou traumatique, il persiste une adhérence partielle ou totale de l'iris à la facepostérieure de la cornée, nécessitant une iridectomie à la fois optique et thérapeutique et nous n'envisageons que les faits où l'iridectomie est rendue nécessaire par l'opacification totale de la zone pupillaire de la cornée. Le siège de l'iridectomie dépendra de la situation des parties opaques ou transparentes de la cornée. On la fera de préférence en bas ou en dehors si l'on en a le choix, ce qui n'est pas toujours le cas.

L'incision de la cornée se fait à l'aide du couteau lancéolaire. On saisit le bord pupillaire de l'iris avec la pince et on n'en excise qu'un petit lambeau, de manière à ne faire qu'une brèche peu étendue dans l'écran irien.

Il est souvent utile de faire à la fois le tatouage et l'iridectomie optique. On commencera toujours par le tatouage et l'iridectomie ne sera exécutée que quelques semaines plus tard.

KÉRATOCÔNE

Kératocône .

On désigne par ce nom une déformation cornéenne, qui se produit en dehors de toute lésion inflammatoire, et qui peut exister sans que la cornée perde de sa transparence. Il se produit parfois cependant une opacité cornéenne secondaire siégeant alors an niveau de la partie la plus saillante de la cornée.

Cette affection apparaît, en général, dans le cours de l'adolescence et atteint le plus habituellement les deux yeux. Sa cause et sa nature nous sont absolument inconnues.

Traitement du kératocôiie.

On a tout essayé pour combattre le développement du kératocône, mais il faut reconnaître que ni les moyens chirurgicaux (ponction, iridectomie, cautérisation ignée du sommet du cône), ni les moyens médicaux (compression, ésérine, atropine), n'ont enrayé sa marche. Dans quelques cas seulement l'instillation prolongée d'un collyre de pilocarpine (10 centigrammes pour 10 grammes d'eau) a paru améliorer la vision.

La déformation cornéenne entraîne à sa suite un affaiblissement considérable de la vision. On peut améliorer dans une certaine mesure la vision par divers procédés : Fick et Sulzer se sont servis de verres de contact : ce sont de petites capsules de verre dont le rayon de courbure est de 8 millimètres et qui se placent au-devant de la cornée sur laquelle elles sont maintenues parles paupières. Il est néces-

MALADIES DE LA CORNÉE

saire d'instiller de la cocaïne. L'inconvénient de ses verres de contact consiste dans le fait qu'ils ne peuvent être supportés que pendant un temps fort court, n'atteignant souvent pas une heure.

On a proposé récemment l'emploi d'un petit appareil, l'hydrodiascope (Lohnstein), qui consiste dans une petite auge s'appliquant au-devant de l'œil et permettant d'interposer entre le globe oculaire et un verre convexe ou concave (suivant la réfraction de l'œil malade) une couche de liquide.

Le liquide employé est la solution physiologique de chlorure de sodium (0,6 % ). L'appareil est facilement supporté pendant une ou deux heures consécutives.

Enfin, dans certains cas, on obtiendra une amélioration suffisante de la vision par l'emploi de lunettes sténopéiques. On se sert de diaphragmes métalliques montés sur des branches de lunettes et percés de fentes verticales ou horizontales suivant le cas.

T'umeui's de la cornée.

Les tumeurs de la cornée ont le plus souvent leur point de départ dans le limbe cornéen ou la conjonctive.

Parmi les tumeurs dénignes, il faut citer le dermoïde^ petite tumeur blanc rosé, à surface arrondie et lisse, souvent surmontée d'un poil, et toujours d'origine congénitale.

Si la tumeur est gênante, on en fera l'ablation en l'abrasant à sa base avec un couteau de De Graefe, après anesthésie à la cocaïne. Si la plaie est un peu grande, on la recouvrira par une suture des deux bords de la plaie conjonctivale.

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