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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

des adhérences à la capsule cristallinienne et, après dilatation de la pupille par l'atropine on remarque sur la capsule cristallinienne de petits points noirs opaques, qui persistent indéfiniment et qui sont dus à la fixation du pigment. Fréquemment l'humeur aqueuse est un peu trouble et les leucocytes ou la fibrine qui s'y trouvent peuvent, en se déposant dans les parties déclives, constituer un hypopion plus ou moins accusé.

A côté du trouble visuel, les symptômes subjectifs consistent dans des douleurs parfois très intenses et plus particulièrement localisées au pourtour orbitaire ou dans la région frontale. Lorsque les douleurs sont très vives, elles peuvent entraîner de l'inappétence et de l'insomnie. Lorsque l'iritis relève de la tuberculose ou de la lèpre, les phénomènes douloureux sont habituellement absents.

L'inflammation syphilitique de l'iris est de beaucoup la plus fréquemment observée, mais ce serait une profonde erreur de croire que toute iritis est de nature syphilitique. D'autres infections, la blennorrhagie, le rhumatisme, la tuberculose et la lèpre, peuvent aussi présenter des localisations iriennes. Nous envisagerons donc successivement les caractères spéciaux de ces inflammations de causes difî'érentes et les indications thérapeutiques spéciales à chaque iritis.

Beaucoup d'inflammations qui atteignent l'iris affectent aussi le corps ciliaire, mais on peut observer des inflammations circonscrites au corps ciliaire et auxquelles on donne le nom de cyclites.

Nous envisagerons ici aussi l'ophthalmie sympathique, bien que les lésions ne soient que rarement limitées au segment antérieur du globe.

THÉllAPEUTIQUE OCULAIRE 13

MALADIES DE l'iRIS

IL — INFLAMMATIONS DE L'IRIS Irîtis syphilitique.

On peut observer l'iritis dans la syphilis acquise et dans la syphilis héréditaire. Dans ce cas, elle accompagne souvent la kératite interstitielle. Dans la syphilis acquise, elle peut apparaître plus ou moins tôt après l'infection, sans qu'on puisse établir entre la forme anatomique de la lésion irienne et la période de la syphilis où elle apparaît un rapport constant. Tantôt, en effet, l'inflammation irienne est diffuse, tantôt, au contraire, on constate des lésions nodulaires formant saillie en avant (condylomesj, ou constituant de petites granulations jaunâtres dans l'épaisseur du tissu irien.

Le diagnostic étiologique doit toujours se baser sur les commémoratifs, et sur l'absence d'autres infections pouvant donner lieu à de l'iritis. L'évolution de l'iritis syphilitique est essentiellement variable, mais d'une manière générale on peut dire que l'aff'eclion a une évolution spontanée vers la guérison après une période d'activité qui varie de deux semaines à des mois, ce qui ne veut pas dire que la maladie doive être abandonnée à elle-même, car le traitement antisyphilitique a une action marquée sur la rapidité de cette évolution surtout dans les formes graves.

TRAITEMENT

Aussitôt le diagnostic posé, on prescrira des instillations d'atropine (0,05 centigrammes pour

TRAITEMENT DE l'iRITIS SYPHILITIQUE 219

10 grammes) répétés trois fois par jour, de manière à déterminer le maximum de dilatation possible de la pupille. Cette dilatation sera maintenue tant qu'il persiste de l'injection périkératique. Si l'atropine était mal supportée, on la remplacerait par un collyre de sulfate de duboisine de même concentration. On ordonnera, en outre, un traitement général antisypliilitique, et l'on aura le choix entre les nombreux procédés d'administration des sels de mercure. On y associera l'iodure à la dose de 3 grammes par jour ou plus, surtout s'il s'agit d'une iritis à lésions nodulaires. On a souvent recours à l'emploi du calomel à l'intérieur à petites doses. On prescrira, par exemple :

Calomel 1 gi'-

Sucre pulvérisé 5 —

en 20 paquets. Prendre un paquet matin et soir.

Le calomel a l'avantage d'agir à la fois comme purgatif et comme antisyphilitique. Si l'on administre le calomel à l'intérieur, on évitera l'emploi simultané de l'iodure de potassium qui, en se combinant au sel de mercure et en formant un iodure de mercure, pourrait avoir une action fâcheuse sur la muqueuse du tube digestif.

L'iritis syphilitique peut être indolore ou, au contraire, s'accompagner de violentes douleurs périorbitaires : contre la douleur on prescrira l'antipyrine ou la phénacétine à l'intérieur, à la dose de 50 centigrammes par paquet (de 2 à 3 paquets à une demi-heure d'intervalle), l'injection hypodermique de morphine. On peut aussi prescrire l'application de sangsues ou de ventouses Heurteloup à la tempe du côté correspondant à l'œil enflammé, mais l'usage des calmants nous a paru plus efficace.

MALADIES DE L IRIS

Lorsque l'inflammation aiguë est calmée, il faudra surveiller avec soin l'état de l'iris et de la tension oculaire. Si la pupille n'a pas été dilatée dès le début, et s'il s'est produit des adhérences étendues de la face postérieure de l'iris avec la capsule cristallinienne, en d'autres termes, s'il existe une séclusion pupillaire, on n'instillera l'atropine qu'avec une extrême prudence ; dès que les phénomènes inflammatoires auront disparu, on pratiquera une iridectomie à la partie supérieure de l'iris. Il va sans dire que si les phénomènes glaucomateux se produisaient, il faudrait instiller un myotique (ésérine ou pilocarpine) et, si la tension ne revenait pas à la normale, recourir à l'iridectomie ou aux sclérotomies antérieures. .

Iritîs blennorrliagique.

L'infection blennorrhagique provoque parfois une inflammation irienne. Bien des cas d'iritis prétendues rhumatismales, d'iritis métritiques, n'ont pas d'autre origine. L'iritis blennorrhagique se développe pendant le décours de l'inflammation génitourinaire gonococcique et souvent la poussée irienne survient en même temps que les localisations articulaires, d'où la confusion avec le rhumatisme. Elle peut s'observer chez des malades atteints d'uréthrite blennorrhagique chronique, ce qui en fait parfois méconnaître la nature. Il n'est pas rare de voir l'afl'ection récidiver à chaque infection blennorrhagique nouvelle ou à chaque réveil de l'inflammation blennorrhagique chronique.

Au point de vue symptomatique, l'inflammation irienne blennorrhagique est habituellement très vive ;

IRITIS RHUMATISMALE

il n'est pas rare de constater un hypopion dans la chambre antérieure et des douleurs très violentes. Le pronostic est toujours bénin.

TRAITEMENT

Le traitement local consistera en instillations d'atropine comme dans l'iritis syphilitique. On calmera les douleurs par la morphine ou l'antipyrine. Il faudra aussi insister sur le traitement de la muqueuse, primitivement atteinte par l'infection blennorrhagique, et qui est le point de départ de ces infections endogènes.

Iritîs r>liiimatismale.

- Depuis que l'on connaît bien les inflammations iriennes de la blennorrhagie, le nombre des iritis liées au rhumatisme a singulièrement diminué. Cependant il en est des cas incontestables. On les observe dans le rhumatisme articulaire chronique.

Ces derniers sont tout particulièrement tenaces et s'accompagnent de préférence de synéchies étendues nécessitant une iridectomie.

On voit parfois se produire un état subinflammatoire chronique avec de temps à autre de petites recrudescences. Même en l'absence de tous phénomènes glaucomateux, l'iridectomie peut être utile dans ces cas-là.

TRAITEMENT

Ici encore, et à l'exception des cas où il y a des synéchies étendues, on a recours à l'atropine. On

MALADIES DE L'iRIS

prescrira en outre du salicylate de soude à l'intérieur. Les bains de vapeur paraissent très utiles surtout dans les iritis du rhumatisme articulaire chronique.

Iritis tuberculeuse.

L'iritis tuberculeuse est la forme la plus fréquente de la tuberculose oculaire. Elle s'observe surtout chez les enfants et se reconnaît assez facilement : c'est une affection à évolution lente, indolore, caractérisée par l'apparition sur l'iris de petites lésions nodulaires blanchâtres, en général multiples et inégalement réparties. A ces lésions iriennes vient souvent s'ajouter une infdtration cornéenne parenchymateuse limitée à la périphérie de cette membrane ou intéressant toute son étendue. Très souvent on observe dans les parties déclives de la chambre antérieure un exsudât caséeux semblable à un hypopion. Ces lésions nodulaires de l'iris ont une évolution variable. On les voit parfois régresser et ne laisser après elles qu'une cicatrice ; d'autres fois elles augmentent lentement de volume, perforent la cornée et forment à sa surface une saillie fongueuse.

L'iritis tuberculeuse peut guérir, mais d'une manière générale elle est d'un pronostic défavorable et tandis que les lésions iriennes disparaissent, il s'en développe souvent de nouvelles dans le corps ciliaire ou la choroïde.

TRAITEMENT

Le traitement général est seul indiqué dans la majorité des cas : huile de foie de morue, bains salés, cures d'air.

CONSÉQUENCES DES INFLAMMATIONS DE l'iRIS 223

Quant au traitement local, il n'a pas donné jusqu'à présent de résultats satisfaisants. Dans tous les cas, on ne sera autorisé à pratiquer l'énucléation que si l'œil est perdu, si les végétations fongueuses se développent rapidement ou s'il se produit des symptômes glaucomateux.

Iritis lépreuse.

L'inflammation irienne n'est pas rare dans la lèpre généralisée. Elle s'accompagne presque toujours de lésions cornéennes. L'iris présente de petites taches grisâtres punctiformes et il se produit très rapidement des synéchies poslérieures. Du côté de la cornée on observe en général une infiltration parenchymateusequi,àla loupe apparaît formée par une série de petites tâches grisâtres. Les poussées iriénnes peuvent s'amender, mais elles récidivent fréquemment et se compliquent à la longue de lésions analogues du côté du corps ciliaire. Le pronostic en est défavorable d'autant que la thérapeutique est jusqu'à présent impuissante. On aura néanmoine recours à l'huile de Chaulmoogra administrée par ingestion ou par injection sous-cutanée (Jeanselme).

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