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VI. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DE L IRIS Hernie de l'îrîs

Nous avons déjà vu que les plaies pénétrantes delà cornée sont fréquemment suivies de hernie de l'iris.

La conduite à tenir lorsque la lésion est de date récente et qu'il n'y a pas d'affection des voies lacrymales, c'est de chercher à faire la réduction de l'iris avec la spatule (après avoir fait, cela va sans dire, une toilette minutieuse des paupières et des culsde-sac conjonctivaux). On fera suivre cette réduction de l'instillation de quelques gouttes d'ésérine ou de pilocarpine. On répétera les instillations pendant deux à trois jours. Si la réduction est impossible, il faut sectionner le prolapsus avec la pince-ciseaux en ayant soin de faire écarter les paupières par un aide et sans appliquer le blépharostat. On instillera de l'atropine pendant les premiers jours.

Si la plaie oculaire est déjà infectée ou si l'on a des raisons de craindre une infection, il sera plus prudent de s'abstenir de toute intervention et de faire simplement la toilette des culs-de-sac, d'iastil- 1er de l'ésérine et de faire quotidiennement des lavages des culs-de-sac et une ou deux instillations d'un collyre antiseptique (nitrate d'argent, oxycyanure de mercure).

Gontusioo de l'iris. Ruptures. Hémorrhagie

Dans les contusions du globe oculaire, il peut se produire des ruptures de l'iris au niveau de sa périphérie. Ces ruptures s'accompagnent habituelle-

MALADIES DE L'IRIS

ment d'une hémorrhagie dans la chambre antérieure L'instillation d'atropine et quelques jours de repos suffiront pour aider à la résorption de l'épanchement sanguin. Quant à la rupture, il est assez rare de voir les deux lèvres de la plaie se ressouder.

opérations pratiquées sur l'iris.

Nous ne décrirons ici que l'iridectomie optique. L'iridectomie hypotonisante trouvera place dans le traitement du glaucome et l'iritomie, l'irito-ectomie seront décrites avec les complications de la cataracte .

Iridectomie optique . — Instruments nécessaires: blépharostat, pince à fixation, couteau lancéolaire, pince à iris,*pince-ciseaux, spatule.

Fig. 37. — Pince à iris courbe.

L'opération se fait avec l'anesthésie locale à la cocaïne, sauf dans les cas où l'on opère sur des enfants.

Fig, 38. — Pince à iris droite.

Après la toilette de l'œil, on place le blépharostat, on saisit avec la pince à fixation, tenue de la main gauche, un repli conjonctival voisin du bord cornéen au point opposé de celui où l'on veut prati-

OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR l'iRIS 229

quer Fincision cornéenne. Suivant l'étendue du lambeau irien que l'on désire exciser, on placera l'incision cornéenne plus ou moins près du limbe cornéen. La pointe de la lance est dirigée d'abord vers le centre du globe oculaire, jusqu'à ce qu'elle apparaisse dans la chambre antérieure. A ce moment on continue à

pousser l'instrument de telle sorte que la surface de la lame soit parallèle au plan irien. On retire lentement le couteau en laissant l'humeur aqueuse s'échapper lentement. La pince à fixation est alors confiée à un aide. (Si le malade est docile, on peut même l'enlever et continuer l'opération sans aide.) Avec la pince à iris introduite à travers la plaie cornéenne, on va saisir l'iris plus ou moins près de son bord libre suivant la brèche que l'on désire pratiquer, on l'attire doucement dans la plaie cornéenne

MALADIES DE L'iRIS

et on sectionne à ras de la plaie à l'aide des pincesciseaux de De Wecker. Il ne reste plus qu'à réduire les bords de l'iris en introduisant délicatement la spatule au niveau des angles de la plaie cornéenne.

Pendant toutes ces manœuvres, il faudra éviter avec soin de blesser la capsule cristallinienne, ce qui aurait pour effet de déterminer une cataracte traumatique.

Le pansement peut être retiré définitivement après trois jours.

Le siège de l'incision cornéenne dépendra du siège de l'obstacle visuel. Nous avons donné les indications et contre-indications de l'opération à propos des leucomes de la cornée.

MALADIES DU CORPS CILIAIRE

Cyclîte.

On donne le nom de cyclite à une inflammation circonscrite au corps ciliaire, qui se traduit par un trouble assez marqué delà vision avec photophobie, par une sensibilité à la pression de la région périkératique et qui s'accompagne toujours de l'apparition à la face postérieure de la cornée, d'un piqueté grisâtre, auquel on donne le nom de précipités. Ces précipités résultent de la chute de cellules migratrices chargées ou non de granulations pigmentaires et qui, provenant de l'angle irido-cornéen, tombentvers les parties déclives de la cornée en se dispersant dans une aire triangulaire dont le sommet correspond au centre de la cornée et dont la base correspond au bord inférieur de cette membrane. Dans certains cas, l'exsudation est plus abondante et constitue un véritable hypopion.

Très souvent l'iris, la choroïde participent à l'inflammation, qui atteint la région ciliaire; mais il reste cependant un certain nombre de cas où rafî"ection conserve ses caractères spéciaux. Il en est ainsi dans lacyclite que l'on observe au décours de certaines maladies infectieuses : l'influenza, la fièvre récurrente, etc.

L'évolution de la cyclite peut s'accompagner de

MALADIES DU CORPS CILIAIRE

modification de latensionoculaire. Celle-ci devra être très étroitement surveillée dans tous les cas.

Il persiste souvent pendant longtemps un affaiblissement visuel assez marqué dans les yeux atteints de cyclite, par suite des modifications de transparence que les précipités provoquent sur la région pupillaire centrale de la cornée.

Le corps ciliaire peut être aussi le siège de lésions syphilitiques, tuberculeuses ou lépreuses. Mais, dans ces cas, l'affection s'accompagne toujours de lésions semblables du côté de l'iris, et nous renvoyons aux chapitres consacrés au traitement de l'iritis syphilitique, tuberculeuse ou lépreuse.

Quant aux lésions inflammatoires de la région ciliaire consécutives au traumatisme ou aux plaies pénétrantes, nous renvoyons au chapitre où nous traitons des plaies sclérales.

TRAITEMENT

Au début de la cyclite, on prescrira tout d'abord lesmydriatiquesen instillation (atropine, duboisine); maison surveillera attentivement la tension oculaire. Si celle-ci augmentait notablement sous l'influence des mydriatiques, on les remplacerait par l'instillation de pilocarpine.

Dans ce cas aussi, les paracentèses répétées ou les sclérotomies seront indiquées : on n'aura, par contre, recours à l'iridectomie que si l'affection récidivait et on aura soin d'attendre que l'œil soit entré dans une période d'accalmie pour intervenir.

On aura encore recours aux injections sous-cutanées ou in tra-musculaires de sels mercuriels surtout si l'affection se prolongeait pendant plusieurs semaines.

OPUTALMIE SYMPATHIQUE 233

Le sulfate de quinine à la dose de 50 centigrammes quotidiennement répétée sera souvent fort utile. Contre les douleurs, on aura recours aux applications chaudes (cataplasmes) à la morphine en injections sous-cutanées. Des verres fumés, le repos seront nécessaires pendant toute la durée des phénomènes d'irritation oculaire.

Ophtalmie sympathiciue.

On donne le nom d'ophtalmie sympathique aux accidents inflammatoires qui surviennent dans un œil, consécutivement à certaines lésions du congénère. C'est presque toujours à la suite d'accidents septiques consécutifs au traumatisme accidentel ou opératoire que se développent, après un intervalle de deux ou trois semaines au minimum ou d'un grand nombre d'années, les symptômes de l'ophtalmie sympathique. L'affection du premier œil qui donne lieu à une inflammation sympathique est toujours une irido-cyclite et l'on doit tout particulièrement redouter cette complication, lorsqu'une blessure a atteint la région du corps ciliaire surtout si l'iris et le corps ciliaire sont enclavés dans la plaie, ou encore lorsqu'un corps étranger est resté dans le globe oculaire. Depuis que la pratique de l'asepsie et l'antisepsie s'est généralisée, ces accidents paraissent être devenus beaucoup moins fréquents et actuellement cette affection peut être considéré comme assez rare.

Dans l'ophtalmie sympathique précoce, les accidents se développent lorsque les phénomènes inflammatoires d'irido-cyclite sont encore en pleine évolution, c'est-à-dire trois à huit semaines

MALADIES DU CORPS CILIAIRE

après le début des accidents dans le premier œil.

Après cette période, l'œil traumatisé s'atrophie et devient indolore, mais on peut voir ultérieurement les phénomènes douloureux réapparaître dans cet œil et l'ophtalmie sympathique tardive est le plus habituellement précédée d'une poussée inflammatoire souvent très légère dans l'œil sympathisant.

Cette ophtalmie sympathique tardive peut apparaître trente ans ou plus après la perte du premier œil. Les malades atteints d'irido-cyclite traumatique devront être avertis, s'ils se refusent à l'énucléation préventive de l'œil traumatisé, du danger auquel ils s'exposent, et on les engagera à se soigner sans retard si la vision de l'œil sain subissait le plus léger affaiblissement.

Les symptômesparlesquels se manifestent lesaccidents sympathiques consistent le plus habituellement en troubles du côté de l'iris. Cette membrane présente les signes d'une inflammation séreuse ou plastique. Mais les phénomènes douloureux sont très atténués. La douleur à la pression, au niveau de la région ciliaire, n'existe même pas d'une manière constante. La pupille est étroite, ses contours sont irréguliers et souvent occupés assez rapidement par une exsudation grisâtre qui trouble considérablement la vision, et qui, créant une adhérence solide de l'iris au cristallin, s'oppose à toute dilatation de la pupille par l'atropine. Dans quelques cas plus rares, on a constaté des lésions chorio-rétiniennes de la périphérie de la rétine ou même des lésions maculaires. Enfin, dans certains cas, les premiers troubles objectifs consistent dans des lésions de la papille (rougeur, contours diffus). Très fréquemment, le

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