‹ Thérapeutique suggestive, son mecanisme propriétés diverses du sommeil provoque et des étatsChapitre 24 sur 44 · CONVULSIONS ÉPILEPTIFORMES · texte numérisé non relu

CONVULSIONS ÉPILEPTIFORMES

Si le traitement révulsif moral amène la cure des affections des organes des sens, lorsqu'ils sont trop ou pas assez excités, il doit, à plus forte raison, la folie exceptée, être une cause de guérison pour les maladies qui viennent par la pensée et ont de grands rapports avec le sommeil : c'est, du reste, ce que nous avons constaté pour l'hystéro-^ catalepsie. Il est positif que les conditions prédisposant à la création d'états morbides par influence psychique,.

doivent également favoriser la disparition de ces états: il suffît, dans ces cas comme dans tons autres, de faire appliquer et de maintenir l'attention des malades sur des idées différentes ou négatives du mal ; du moment qu'il n'y a pas de lésions organiques graves, le résultat favorable doit être immédiat et de durée.

S*il est une affection guérissable par la suggestion, c'est, sans contredit, celle dont nous allons nous occuper. Et pourtant, nous le confessons, nous ne sommes parvenu à rien, dans les deux circonstances qui nous ont été offertes de mettre nos sujets au moins dans le sommeil léger ; c'est que nous avons essayé nos manœuvres sur eux au sortir d'attaques convulsives, quand ils étaient encore trop agités ; mais nous sommes persuadé que nous serions arrivé à un résultat heureux, si nous eussions habité leur localité et eu le temps, par là, de profiter d'un mouvement de calme pour les influencer. Si nous transcrivons brièvement cea deux observations, ce n'est donc pas à cause de l'effet thérapeutique obtenu ; c'est pour faire comprendre que les maladies du même genre sont des maladies du sommeil et sont, par conséquent, très curables ; et c'est encore plus, par celte dernière considération, pour porter le médecin à employer contre elles la méthode suggestive. Les voici.

10' Observation. Magnien-Babelot, de Frolois, est un enfant âgé de 14 ans, bien développé, vif et excessivement irritable. Il a déjà été soigné par nous, il y a quatre ans. pour des accidents semblables à ceux qu'il nous présente celte fois. Des médecins distingués auxquels on le montra alors, le crurent épileplique et incurable.

Mai 1862. A la suite de contrariétés, cet enfant vient d'être pris d'attaques se répétant de 20 à 50 fois par jour. La plus légère impression morale les appelle. Leurs caractères principaux sont : 1° une aura ; cet enfant averti par une sensation particulière aie temps d'aller se cramponner contre une

personne ou contre un meuble ; 2° peu après, des secousses convulsives légères s'emparent de ses membres et de son corps ; 3» Puis ensuite, il lance des coups de pieds en criant : va-t-en va-t-en. A chaque accès, ce sont les mêmes mouvements et les mêmescris ;4'* il est dans ua isolementjcomplet de tous les sens ; o» enfin, au réveil, il ne se souvient de rien.

Contre cette affection convulsive, nous avons employé l'oxyde de zinc qui, quatre ans auparavant, avait eu les honneurs du succès et qui les a encore eus cette fois. Nous pensons que ce remède n'a été pour rien dans la guérison, et pourtant il a été l'idole qui a reçu le plus d'actions de grâces après nous. L'amélioration s'est manifestée, chez ce jeune malade, à mesure qu'il s'est éloigné de pins en plus des causes de son mal et que l'on a eu pris, autour de lui, des précautions pour ne pas lui susciter d'émotions. Sa santé s'est maintenue bonne :)uelques mois, puis une fièvre typhoïde est venue l'enlever.

il» Observation. Najean, de Germiny, est un cordonnier âgé de 28 ans, bilieux, trapu, intelligent et 1res vif. Cet homme a déjà été pris d'allaqucs semblables à celles-ci : elles lui sont toujours survenues après une surexcitation d'esprit. Depuis plusieurs années il en était délivré lorsque, dans un café, le 16 mars 1863, elles lui sont revenues, pendant une discussion k propos de l'insurrection polonaise.

Les attaques auxquelles il est sujet se suivent de très près ; voici la description de la seule que nous ayons observée : !• Avant l'accès, cet homme prend un air rêveuret ne s'occupe plusde ce qui se passe autour de lui; 2° convulsions violentes et saccadées ; ni contractures permanentes, ni écume à la bouche ; 3° après la cessation des mouvements convulsifs. le malade cherche à s'élancer hors do son lit. Il est en proie à un rêve en action. H se croit en Pologne combattant contre les Russes avec Langiewicz; ses efforts sont d'une violence extrême ; malgré six gardiens vigoureux qui le maintiennent sur son lit, il se jette encore sur le plancher. Pendant (\u'il se

débat, il joint la parole à raclion, il se croît libre et ne se doute nullement qu'il est contenu ; c*est quMl est entièrement isolé. Au bout d'une lutte de quatre à cinq minutes, le calme revient et il s'écrie avec l'accent du désespoir : nous ne gagnerons pas ! 4" enfin, il revient à lui peu à peu comme Ton sort du sommeil, se rappelant de son rêve, mais ne se souvenant nullement d'avoir été réprimé dans ses mouvements. C'est alors qu'il nous raconte qu'il vient d'assister à une bataille affreuse, toujours la même que celle des accès précédents; en outre, il a vu une ville en feu et la lune sous un aspect fantastique. Cette vision lui revient encore en souvenir avec les apparences réelles, mais il s'en désillusionne sans peine; en se sentant dans son lit et se reconnaissant au milieu des siens, il s'aperçoit, par comparaison, de l'absurdité de ce qu'il vient de rêver.

L'opium ayant déjà paru calmer les accès antérieurs de cet homme, nous lui en prescrivons encore cette fois joint à des toniques. Comme ce remède à la propriété d'immobiliser l'attention, il a bien pu avoir, dans ce cas, une influence révulsive et causer une guérison qui serait venue, du reste, à l'aide d'un traitement moral isolant.

Il est facile de voir que les deux affections des malades précités offrent des caractères frappants avec le somnambulisme. On y remarque une aura, signe d'une préoccupation de l'esprit comme le sont les prodromes du sommeil; un isolement de tous les sens, des mouvements convulsifs ressemblant à ceux que nous avons observés au commencement de certains sommeils profonds venus avec rapidité; un rêve en action, rêve qui se prolonge d'accès en accès, à cause d'une préoccupation continue et fixe de l'esprit sur le même sujet, ainsi qu'il arrive encore dans chaque cas d'une série de rêves somnambuliques. Il n'est pas, jusqu'à l'absence de souvenirs, chez un de ces malades, et le brillant des images conservés, chez l'autre, qui ne soient empruntés à l'état qui nous sert de terme de comparaison.

L'analogie entre ce que nous venons de nommer attaques de convulsions épileptiformes et le somnambulisme, aous fait penser qu'un fond commun pre'dispose à Tune ît à l'autre de ces deux manières d'être de l'organisme, st que, conséquemment, nos deux malades étaient propres k être endormis. Aussi, présumons-nous qu'une suggestion, faite pendant le sommeil et même pendant les accès [car dans ces deux états, les sujets sont suggestibles), aurait coupé court à des attaques que des idées ravivées déterminaient.

Et nous ne croyons pas être trop présomptueux d'induire que toutes les affections de ce genre ayant même un caractère plus prononcé de gravité et de durée, affections venues par une action morale et précédées d'une aura, ainsi que le sont les accès du petit mal et du grand mal de l'épilepsie ; nous ne sommes pas trop présomptueux d'induire qu'elles sont parfaitement guérissables par la méthode suggestive. Nous allons plus loin, nous croyons aussi que des attaques véritables d'épilepsie, venues brusquement et sans prélude peuvent encore être guéries de même et en peu de temps, si elles ne sont pas compliquées de lésions de tissus dans les centres nerveux. Du reste, Ton trouve des exemples de cures de cette grave maladie dans les ou- «rrages des magnétiseurs ^ . Ce qui confirme notre assertion, c'est que jusqu'ici, d'après ce que rapporte Moreau de Tours) et d'après des faits de guérison naturelle tds que ceux que nous avons cités, c'est la médication révulsive morale qui a guéri le plus d'épileptiques ^.

* Voy. Manuel de magnélisme, par Teste, p. 317, 321, 323.

^ A présent que uous avons ur.e expérience acquise sur le traitement des convulsions épileptiformes et de l'épilepsie, nous nous croyons ronde à dire que la première de ces maladies guérit fort bien et vite par la thérapeutique du sommeil ; et l'autre quelquefois, quand 11 n'y a ça.%

CONVULSIONS PUERPERALES

Nous avons eu Toccasioii de traiter, par la médicalion suggestive du sommeil, une de nos somnambules atteinte d'éclampsie. Voici son observation :

11® Observation. M"'« C..., de Messein, âgée de 36 ans, d'un tempérament lymphatico-nerveux, ayant toujours joui d'une bonne santé, eut, il y a deux ans, un abcès à Taisselle, dont la longue suppuration l'affaiblit beaucoup. Elle fut prise, à la même époque, d'accès convulsifs sur lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements certains. Cependant elle finit par revenir à un état de santé assez satisfaisant.

l»»" août 1861. A la suite d'une impression morale, cette femme a été prise, hier soir, d'attaques de convulsions lesquelles, dit-on, se seraient répétées toute la nuit ; ces attaques ont été toutes précédées d'une sensation douloureuse aux pieds et aux mains. En attendant noire arrivée, on lui a mis, d'après nos ordres, des compresses d'eau froide sur le basventre et on lui a fait prendre une pilule d'extrait d'opium.

Nous avons examiné cette femme quelque temps après un accès. Elle se croit enceinte de deux mois. Douleurs dans les deux fosses iliaques, accélération du pouls, liseré le long des gencives, céphalalgie, sentiment général de fatigue. — Somnambulisme et suggestion négative. Au réveil, la malade s'est trouvée très bien, et jusqu'au I l'y septembre son état satisfaisant de santé s'est maintenu.

lo septembre. Douleurs dans le bas-ventre. Céphalalgie. Craignant le renouvellement des accidents nerveux éprouvés par la malade, nous la mettons en somnambulisme et nous faisons la sugeslion. Au réveil, elle ne ressent plus rien.

de lésions organiques. Cotte dernière maladie est souvent améliorée temporairement. Peut-être un traitement très prolongé de Pépilepsie produirait-il plus de guérisons ? Ce qui nous porte à le penser, cW qu'en quatre ans de séances presque continues, les deux premières as* nées, nous avons pu guérir une demoiselle de quaraote-neuf toirj aiteinle de verligc épileplique depuis sa naissance.

13 décembre. Nouvelles atlat^ues à dix heures du soir, se renouvelant plusieurs fois dans la nuit.

14 décembre. Huit heures et demie du matin. Nous trouvons la malade au lit dans le décnbilus dorsal, les yeux dirigés vers le plafond et les pupilles dilatées. Elle est sans connaissance et tout à fait insensible. Corps et membres agités par des secousses légères, figure grimaçante, respiration anxieuse, pouls petit, fréquent. L'accès disparaît presque aussitôt et est remplacé par un coma qui dure près d'une heure. Puis, cette femme est rentrée peu à peu en possession du monde extérieur, à commencer par son mari qu'elle a vu et entendu avant de voir et d'entendre les autres personnes placées près d*elle. Il nous a été impossible de l'endormir. Prescrit extrait d'opium, 0,05 centigrammes.

15 décecùbre. Les convulsions ne reparaissent plus. Mouvement fébrii léger, liseré le long des gencives, céphalalgie circonscrite, douleurs à l'épigastre et au creux de l'estomac. — Production d'un somnambulisme léger. Aussitôt cet état produit, la figure de la malade devient grimaçante à tel point, bien qu'elle dorme, que les tiraillements ressentis l'incommodent. Elle annonce une convulsion comme celle de la veille, dans dix heures : c'est-à-dire, à six heures du soir ; et elle en prévoit une seconde pour le lendemain, à deux heures de l'après-midi.

16 décembre, neuf heures et demie du matin. M™« C. a eu un accès d'éclampsie le 15, à l'heure indiquée ; le coma consécutif a duré deux heures ; courbature, douleurs vagues dans les bras, souffrances moindres dans le ventre, pouls petit et assez fréquent, plus de sentiments des mouvements du fœtus. — Somnambulisme. Cette femme s'annonce toujours un accès à deux heures de l'après-midi ; puis elle se prescrit un bain pour six heures du soir, et un autre pour demain à huit heures du matin. Eau froide pour boisson et bouillon. Avant de l'é* veiller, nous lui demandons si elle peut se rappeler ce qu'elle pensait, pendant ses accès précédents d'éclampsie : sa réponse a été qu'elle n'en a aucun souvenir.

20 décembre. L'accès prévu pour le 16 à deux heures du soir a eu lieu exactement, ainsi qu'elle l'avait annoncé. D'autres n'ont cessé de se déclarer tous les jours jusqu'au moment de notre arrivée. Hier, la malade a déliré toute la journée» ce que nous attribuons à sa grande faible&^^.L^tCk.^^v-

TBÈMÂPEUTIQUB f L'GGEST. t^

146 THER.VPEUTIQUE SUGGESTIVE

cation suivie que s'indiquait cette somnambule dous paraissant nuisible, nous lui rimes, après Tavoir endormie, la suggestion négative comme au mois d'août ; mais d*une manière impérative et sans donner à sa pensée le temps de réagir de son propre mouvement. Aussitôt, sans la laisser réfléchir, nous réveillâmes, etjmmédiatement elle demanda à manger.

A notre retour, une demi-heure après, elle s'était déjà rassassiée de deux tartines de confiture et était debout. Quoique affaiblie, elle se promenait le lendemain dans la rue, à la barbe dun médecin faux prophète qui, Tavant-veille, avait déclaré qu'elle ne se relèverait pas de sa maladie.

20 janvier 1862. A partir de son dernier sommeil, la santé de cette femme a été excellente; seulement, depuis 15 jours, elle souflre des dents, des reins et du bas-ventre, et a eu deux accès très légers d'éclampsie pour lesquels on n'a pas jugé à propos de nous faire venir. — Sommeil et suggestion . Sauf la douleur dentaire revenue au bout d*un jour, les autres accidents disparaissent pour longtemps.

28 janvier. M"»» C... va toujours bien. Nous l'endormons par occasion. Elle s'annonce les premières douleurs de l'accouche* ment pour le 10 février, à six heures du soir.

12 février. Le 10 février, à huit heures du soir: coliques, céphalalgie et douleurs intercostales, symptômes qui ont continué jusqu'aujourd'hui. On a fait venir la sage-femme. Celle-ci n'a pas trouvé et ne trouve pas encore de dilatation. — Sommeil, suggestion de guérison.

22 mars, vers neuf heures du matin. Douleurs dans la cavité pelvienne paraissant à M™« C... les avants-coureurs de l'accouchement. Nous le croyons nous-mêmes. — Sommeil et suggestion. Mais nous nous avisons de ne pas sortir cette femme de son état pour rendre l'enfantement moins douloureux. Vers huit heures du soir, convulsions qui amènent le réveil.

23 mars. Nouvelle attaque d'éclampsie. Céphalalgie, douleurs dans le bas-ventre, fatigue générale. — Sommeil et rapide suggestion. La malade se trouve bien au réveil.

25 mars, matin. Douleurs dans le ventre seulement. — Sommeil. Malgré la suggestion, les sensations douloureuses reparaissent au bout d'une demi-heure. Le travail se prépare avec lenteur.

26 mars. — Accouchement vers six heures du matin. A sept heures et demie nous mettons cette femme en somnambulisme,

CONTRffiUTIONS AU TRAITEMENT SUGGESTIF 147

parce qu'elle éprouve une sensation d'engourdissement pénible aux pieds et aux mains, prélude ordinaire de ses attaques convulsives. Depuis lors elle n'a plus rien éprouvé. La suite de sa couche a été heureuse.

Cette observation est intéressante à plus d*un titre. On y remarque, d'abord, une grande similitude entre les accès éclamptiques etles accès épileptiformesdontil vient d'être question plus haut. Sauf le sommeil comateux, appartenant plus spécialement aux convulsions puerpérales, on trouve, dans tous, les mêmes signes principaux : une aura, des contractions cloniques, Tisolement des sens, la perte du souvenir. Aussi, du moment que les uns sont des manifestations morbides dont le sommeil profond est le type physiologique, à plus forte raison les autres sont-ils leurs congénères.

Ce qui nous frappe ensuite, dans l'observation précédente, ce sont les conséquences du traitement suggestif. Dès le début de la grossesse, les accès d'éclampsie ont disparu pour quatre mois et demi, puis, pour vingt jours et enfin, pour deux mois. Ce ne fut que pendant les trois jours qui devancèrent Taccouchement, que nous ne parvînmes plus à en empêcher le retour. Quoiqu'il laisse à désirer, nous regardons ce résultat comme satisfaisant ; vu qu'il y avait, pour l'obtenir, à lutter contre une cause agissant toujours de plus en plus fort ; le développement non interrompu et progressif de la matrice. Il est évident, que, dans ce cas, les sensations étaient plus vivement perçues dans l'utérus ou son voisinage, dès que l'attention se repliait sur une idée émotive ; et il arrivait alors que, par réflexion, elles étaient le point de départ des contractions cloniques qui revinrent à plusieurs reprises.

Cette observation fournit encore matière à d'autres réflexions.

La grossesse rendant les femmes plus nerveuses, pla$ irritables, elles sont, en cet état, encore plus que jamais exposées à recevoir le contre-coup d'une idée affective; aussi, rien donc d'étonnant à ce que quelques-unes d'entre elle?, pour peu que leur attention se replie vivement sur une impression sentie, ne tombent avec facilité dans une des formes pathologiques analogues au sommeil, ce qui ne serait pas arrivé auparavant pour une cause aussi légère. Alors, les sensations éprouvées dans la région du bassin, réagissent par réflexion sur l'appareil musculaire, faute de Texcitation régulatrice, dont l'attention accumulée au cerveau prive la moelle. Si les attaques de convulsions puerpérales tendent à se renouveler, c'est qu'une fois que l'attention a pris le chemin de se concentrer sur une idée, ellev vaensuite d'elle-même, par l'habitude, àl'insu des malades et pour la cause la plus insigniflante, la moins sentie; de là, la répétition d'accès nombreux et involontaires.

Les malades, et nous ne parlons pas seulement des éclamptiques, mais de tous ceux qui sont exposés à des accidents intermittents de même nature, laissent leur allenlion se détendre avec la même inconscience que les dormeurs, les fous s'objectivent instantanément des idéesimages, et que la femme de notre observation se prédisait des accès arrivant à heure fixe ; elle ne se doutait pas plus qu'elle créait son mal, que les rêveurs ne soupçonnent qu'il sont, eux-mêmes, les auteurs des personnages de leurs rêves. Si, dans le cas présent, malgré une cause progressive prédisposant à la gravité croissante des convulsions puerpérales, nous sommes arrivé à suspendre des accès violents de cette maladie; combien doit-on espérer de notre méthode, non-seulement pour la cure de cette affection, mais aussi pour celle des affections de la' même famille, quand surtout elles ne sont pas compliquées de lésions organiques.

C'est en soigant M""* C que nous avons acquis la

certitude que la suggestion impérative, suggestion ne permettant pas à la pensée de divaguer, est de tous les moyens de thérapeutique morale, le plus sûr et le plus expéditif. C'est pour avoir abandonné cette personne à ses rêveries et à ses prescriptions ; c'est pour nous être contenté de la mettre dans le sommeil et de nous en rapporter à elle, quand au mode de traitement à suivre, que nous avons vu se développer, dans son organisme, ces accidents morbides, pures créations psychiques formulées et prédites longtemps d'avance. Chaque fois que Ton remarque, ainsi que chez cette malade, des accès nerveux ou d'autres accidents: tels que mouvements fébriles, hémorragies, etc., se déclarante heures précises et sans fractions, surtouts'ilsontété prévus, Ton peut être assuré qu'ils sont les résultats de Taction de la pensée. 11 a suffi que cette femme, en somnambulisme, se fit une suggestion insciente de quelques secondes pour que, douze jours après, elle ressentit, à deux heures de différence près du moment indiqué, les douleurs qu'elle s'était affirmées, et qui ressemblaient assez bien aux maux véritables de la parturition. Si l'attention accumulée a une telle puissance pour imprimer presque instantanément dans l'organisme, le cachet de l'idée préoccupant Tesprit, combien n'en a-t-elie pas, pour réparer les maux qu'elle a produits, et ceux-mémes qui proviennent d'une autre source ?

Il est, dans cette longue observation, d'autres faits appelant notre examen. Dès que cette malade était en somnambulisme, elle éprouvait aussitôt des contractions; elle eût même, dans cet état, un accès de convulsions puerpérales. C'est que, son attention étant en arrêt au cerveau et l'excitation régulatrice de cet organe sur la moelle épinière étant par là diminuée, les sensations partant du voisinage de l'utérus avaieui aVov^i VviwV'^ \^\-

iude de réveiller des mouvements musculaires réflexe.

Nous remarquerons encore que cette même personne» qui, en santé, aurait pu rester dans le sommeil prf.*fond tant que nous Taurions voulu, une fois prise en ce dernier état d*un accès é clam ptique, sortit à la fois, et de son somnambulisme, et de son accès. Cela est dû à ce qu'une attaque de convulsions produit un violent ébranlement de l'organisme ; elle porte dans ses flancs la cause qui la termine. Quand, pour éveiller des somnambules essentiels, ilsolfit, parfois, de leur jeter de l'eau froide à la figure, on penl bien comprendre le réveil de notre dormeuse, après une perturbation comme celle qu'elle essuya.

Un phénomène qui nous a encore frappé chez le sujet de cette observation, c'est l'arrivée de ses accès plutôt pendant la nuit que pendant le jour. Nous pensons que les ténèbres qui prédisposent au sommeil, puisqu'il» calment le sens de la vue, prédisposent de la même manière à des états maladifs ayant avec lui de l'affinité.

11 est aussi, chez ce même sujet, deux espèces de symptômes dont lun, une douleur dentaire, s'est calmée par suggestion négative, pour un seul jour; et dont les autres, des souffrances dans les reins et le bas-ventre, dues à la pression de l'utérus, ont disparu pour un temps bien autrement long : ceci nous confirme dans celte opinion déjà émise par nous que, de deux douleurs, c'est celle qui tient à une modification organique la plus sus* eeptible d'être stimulée qui est aussi la moins guérissable.

Enfin, ce qui ne doit plus étonner, après ce que nous avons dit sur les propriétés du sommeil et sur Tabstinence prolongée ; c'est qu'il est arrivé, après six jours de diète, que notre malade, alimentée seulement de quelques tasses de bouillon et d'eau, a été immédiatement rétablie et qu'elle a pu digérer, quoique affaiblie, des aliments que l'on ne donne jamais au début d'une conva-

lescence ; elle a même pu reprendre ses occupations de ménage le jour suivant. Il est vrai que nous lui en avions fait la suggestion.

MALADIES PAR TROP PEU OU TROP D EXCITATION, AFFECTANT LES NERFS ET LES ORGANES DU MOUVEMENT

J'ai rangé, dans cette catégorie, les seules affections de ce genre soignées par moi \ Ces affections sont caractérisées par des contractions musculaires, contractions qui ont lieu surtout pendant la veille et sont l'effet réflexe de sensations ordinairement inconscientes. Dans ces états morbides, on soupçonne à peine des lésions matérielles, si tant est qu'il y en ait.

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