I. — CONTUSION RÉNALE
Aperçu siii' l’évolution et les dangers de la contusion rénale. — Bien souvent, accompagnant une contusion du rein, existent des lésions graves d’autres organes ou un état de shock prononcé, accidents qui seront traités suivant les règles.
La lésion du rein qui succède à une contusion, quelquefois bien légère, provoque une hémorragie. Celle-ci se manifeste en général par l’hématurie qu’il sera très irni)ortant de rechercher, au besoin par un sondage, si le malade n’urine pas, comme cela |)eut arriver à la suite du traumatisme. Cependant il faut bien savoir qu’il peut y avoir contusion du rein, el môme contusion très grave, sansqu’il y ait hématurie.
Le plus souvent riiémalin-ie et la douleur rénale .sont les seules manifestations de la contusion du rein ; au bout de (|uelques jours, l’une et l’autre disparaissent. L’hématurie peut cei)endanl se reproduire à plusieurs reprises et durer un certain temps.
Mais l'hémorragie peut être grave ; elle se fait dans le péritoine, et Maladies urinaires. 17
alors elle se manifeste par les signes de l’hémoiTagie interne avec quelquefois production de matité dans les parties déclives de l'abdomen ; elle se fait dans V atmosphère celluleuse périrénale, déterminant dans le flanc une tuméfaction qui augmente rapidement de volume en même temps que se montrent des signes d’anémie ; exceptionnellement une hémorragie grave se fait par Vuretére.
Dans la période immédiate, par conséquent, mis à part le shock et les lésions d’autres organes, l'hémorragie est le danger avec lequel il faut compter.
Plus rarement une anurie, résultat de l’oblitération par un caillot de l’uretère d’un rein unique, de la lésion des deux reins, ou d’un réflexe inhibitoire parti du rein lésé, constituera un péril sérieux et immédiat.
Dans une période secondaire, les dangers viennent de l'infection : infection d’un hématome périrénal, phlegmon périnéphrétique; infection du rein, pyélonéphrite, pyonéphrose ; infection de la vessie remplie de caillots, cystites; du péritoine rompu en communication avec le foyer périrénal, péritonite septique.
Quelques lésions non moins graves, dont on peut être appelé à s’occuper, peuvent également se produire : pseudo-hydronéphrose caractérisée par l’épanchement d’urine dans le tissu cellulaire, autour du rein ; néphrite traumatique, se manifestant par de la polyurie, des œdèmes et la présence de l’albumine ; hydronéphrose traumatique, hématonéphrose.
Je laisse de côté les complications tardives de la contusion rénale : mobilité, lithiase, etc., toutes affections qui n’olfrent aucune particularité en dehors de leur origine.
Indications. — Phase immédiatement consécutive au traumatisme. — Lorsqu’on est appelé à voir dans les premières heures qui suivent le traumatisme un malade atteint de contusion du rein, on peut se trouver en face de plusieurs cas.
Disons tout d’abord (|ue l’on pensera à cette lésion en raison de la région où a porté le traumatisme, de la douleur lombaire et surtout de l’hématurie (jue l’on devra rechercher. Lorsqu'il s’agira de traumaüstnes violents, on pensera également à d’autres lésions.
L’état de shock dans lequel i)cut se trouver le malade .sera fout d’abord combattu par les moyens habituels, injectious de sérum, de caféine, d’élher, d’iuùle camphrée, boissons alcoolisées, frictions.
1“ Dans un piemier cas, le blessé parait bien nettement atteint de lésion du rein par contusion en raison des symptômes énumérés [)lus haut et surtout de l’hématurie ; on lui recommandera l’immobilité dans la posilion horizontale, et l on se trouvera même bien
d'immobiliser son côté par un bandage de corps ouaté serré. De la glace sur le flanc peut quelquefois soulager les douleurs.
On pourra, d’autre part, essayer de modérer l’hémorragie par une injection d’ergotine, ou mieux par une injection de sérum diphtérique si l’on en a sous la main. En même temps. Usera bon de faire boire les malades pour favoriser la sécrétion urinaire et diluer le
Isang, afin d’éviter autant que possible la formation de caillots dans le bassinet et l’uretère. Pas de morphine.
Et l’on attendra en surveillant soigneusement le pouls, l’état général, l’abdomen et le flanc du côté lésé.
Or de deux choses l’une : ou bien rien d’anormal ne va se manifester et, sous l’influence du traitement énuméré plus haut, le malade / va petit à petit se remettre de son traumatisme, l’hématurie dimia nuant progressivement, et va guérir tout au moins momentanément, f\ restant exposé aux complications de la période secondaire ; ou bien des modifications vont apparaître du côté du pouls, de l’abdomen, du flanc, qui vont faire classer le cas dans une des catégories suivantes. 2° Le blessé s’est présenté dans les conditions précédentes; on i a reconnu une contusion du rein, puis l’état s’aggrave progres- 'j sivement, le pouls s’affaiblit, la peau se décolore, le malade a des fourmillements dans les extrémités, des tendances à la syncope, en somme des symptômes d’hémorragie. Un examen de l’abdomen ■< pourra quelquefois faire reconnaître une matité, soit médiane infé-
I. rieure, soit latérale ; ou bien on verra se produire rapidement dans
■I le flanc du côté lésé une masse refoulant l’intestin en dedans.
Dans ce cas, il s’agit d’une hémorragie grave qui va tuer le malade rv par son abondance. 11 faut sans tarder intervenir.
3° Les phénomènes d’hémorragie dans ce cas ne dominent pas la I scène ; le malade saigne par son uretère, ce qui a permis de faire
: le diagnostic de lésion du rein par contusion ; il présente de vives
douleurs dans le flanc, mais en somme l’état général ne faiblit pas, et l’on pourrait espérer voir les choses s’arranger spontanément si ■1 l’on n’examinait pas la région lombaire. Or, dans cette région, peu à
’i peu on voit se développer une tuméfaction augmentant assez rapi-
I dement de volume, puis demeurant stationnaire. 11 s’est produit un 1 gros hématome. Évidemment la quantité de sang épanché ne met ■< pas la vie en danger immédiat, l’hémorragie s’arrête iiar la compres- 1 sion exercée par 1 hématome, et il semblerait (|ue l’on puisse laisser l’évolution spontanée se faire.
Trois raisons militent en faveur de l’intervention non plus préci- ! pitée, comme dans le cas précédent, mais rapide: l» la fréquence de
' la suppuration de ces hématomes et le danger des suppurations
d’un vaste foyer tout préparé pour l’infection ; 2» la lenteur extrême (le la résorption du sang dans le cas où la suppuration ne se fait pas, et les dangers de la persistance de l’Iiématome au point de vue de l’uretère ; 3<> ce fait que, même lorsque l’hémorragie paraît arrêtée, elle ne lest pas toujours en réalité, et que le malade reste exposé aux dangers d’hémorragie secondaire.
Pour toutes ces raisons, dans ces cas d’hématomes, il faut encore intervenir pour vider le foyer et faire le nécessaire, le cas échéant, pour ce qui saigne.
4» Knfin, dans des cas assez rares, la contusion du rein sera suivie d’anurie, soit que le malade n’ait qu’un rein dont l’uretère vient de s’oblitérer par un caillot, soit que l’autre rein soit détruit simultanément, ou déjà malade soit inhibé par le traumatisme de son congénère.
Dans ces cas d’anurie, il ne faut pas attendre longtemps: quarantehuit heures est un ma.ximum. On pourra essayer un cathétérisme de l’uretère pour déboucher le conduit; mais, en cas d’échec, sans retard il faut intervenir et aller ouvrir le rein lésé.
Des indications spéciales peuvent être fournies par les manifestations vésicales résultant de la formation de caillots dans l’intérieur de la vessie. Au cas où ces caillots gêneraient ou empêcheraient la miction, il faudrait les évacuer au moyen d’une grosse sonde, la sonde évacuatrice de la lithotritie au besoin, par laquelle on ferait même de l’aspiration. Au cas où les caillots se reformeraient incessamment, ce serait une indication d’aller Intervenir sur le rein pour mettre fin à l’hémorragie.
Période secondaire. — Les accidents qui peuvent nécessiter un traitement dans une période secondaire sont des accidents d’ordre infectieux le plus souvent, phlegmon périnéphrétique, pyonéphrose, péritonite, cystite, pour lesquels on agii'a comme s’il s’agissait d’accidents d’origine autre que traumatique.
Pour la pseudo-hydroné|)hrose, (pii se reconnaît à l’apparition assez précoce d’une tuméfaction liquide, on interviendra par l’incisinn de la poche.
L’hydronéphi ose apparaîtra plus tardivement; elle sera traitée par la libération de l’uretère ou l’urétéroplastie, après que l’on aura déterminé le point rétréci, au moyen du cathétérisme urétéral.
La néphrite traumati([ue sera justiciable du régime lacté et déchloruré et, si celui-ci est insuflisant, de la réno-décortication.
Tecliiii(|iie opéivitoire. — Sauf le cas où l’on intervient pour une hémoi’ragie [léritoiiéale poui’la(|uelle on a des doutes sur l’origine du sang, et où alors il faut intervenir par voie iiéritonéale, médiane ou