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I. — Cathétérisme explorateur

Indications. — Lorsque l’on est appelé près d’un malade en étal de rétention, l’interrogatoire permet en général de prévoir la cause de la rétention et déjà de faire choi.x de la sonde dont on va se servir ; cependant il est toujours utile de faire précéder le cathétérisme évacuateur dans un urètre que Ton ne connait pas d’un cathétérisme explorateur; cela évitera bien souvent des échecs et des tentatives infructueuses et dangereuses.

C’est également au cathétérisme explorateur que Ton doit avoir recours chafiue fois que Ton veut se renseigner sur Tétat du canal. liiHtruinciitH. — Tiougies exploratrices à houle olivaire. Ces

Fig. 36. — Bougie exploratrice h houle.

bougies sont graduées |)ar tiers de millimèlre (lig. 30). l ue série tic ces bougies comjircnant les n»» 0,9, 12,15, 18, 21 , 25, suflira.

TECHNIQUE. — URÈTRE. — CATHÉTÉRISME. 309

.Alaniiel opératoire. — Le malade est couché, le bassin plutôt un ])eu haut, les jambes flécbies et écartées; une cuvette est placée entre les jambes ; l’opérateur commencera par nettoyer la verge et l’urètre comme il a été dit au cbapilre de la stérilisation; puis il cboisit parmi la série des bougies qu’il a à sa disposition un numéro assez élevé, 21, 24. La bougie est plongée dans la glycérine ou l’huile, et son extrémité est présentée au méat entr’ouvert par le pouce et l’index delà main gauche, la verge étant saisie entre le médius et

Fig. 37. — Cathetérisme e.-iplornteur. Manière fie présenter la boule au méat.

l’annulaire (lig. 37). La pénétration dans le méat quelquefois un peu étroit est facilitée par un petit mouvement de rotation imprimé à la bougie. Une fois que la boule a pénétré, La main gauche attire fortement la verge en haut, comme si l’on voulait soulever le malade, de façon à déplisser totalement les parois de l’urètre et surtout à faire disparaître le cul-de-sac du bulbe. La verge étant bien tendue, la main droite fait progresser la bougie par une légère pression et recueille les sensations fournies par le contact de la boule sur les parois urétrales.

I)ans un urètre normal, lasonde doit progresser sans rencontrer d’obstacle et sans déterminer de sensations |iarticulièremenl dou-

Icfureuses, sauf au niveau de la région inembraneuse, dont le sphincter résiste un moment à la pression exercée sur lui. Un moment d’appui, et cette résistance cède, laissant passer la houle qui chemine jusqu’à la vessie sans rencontrer de nouvel obstacle. Quelquefois l’arrêt à la portion membraneuse peut être plus prolongé, dû soit à l’engagement de la boule dans le cul-de-sac du bulbe, soit à un spasme du sphincter. Dans le cas où l’on est arrêté à ce niveau, il faut commencer par retirer légèrement la sonde pour lafaire avancer de nouveau pendant qu’on e.xerce une traction plus forte sur la verge. Si de nouveau l’on ne parvient pas à passer, on appuiera, d’une façon réservée mais continue, afin de vaincre le spasme que l’on croit exister. Si la résistance persiste, on essaiera une bougie de numéro plus faible.

Lorsque la résistance a été occasionnée par un spasme et non par un rétrécissement, au retour la boule provoque bien encore une sensation douloureuse à son passage, mais n’est pas arrêtée comme à l’aller.

Au cas d’urètre normal, toute sonde en gomme ou en caoutchouc peut être utilisée pour le cathétérisme.

Vurétrité chronique donnera à l’exploration une sensation d’induration particulière du canal, et, d’autre part, le passage de la boule provoquera de la douleur. Quelquefois on ramènera, en outre, sur le talon de l’olive du muco-pus qu’il faudra se garder de confondre avec l’huile dont on a pu enduii'e la sonde et qui s’est émulsionnée dans le canal.

Au casd’urétre rétréci, l’exploration confirmera les présomptions que la connaissance des antécédents a fait naître : blennorragie, traumatisme ; elle détaillera d’autre part le cai'actère du ou des rétrécissements.

La boule peut être arrêtée tout à fait au début |)ar suite de l’exislence d’un rétrécissement de la portion [)énienne ; elle peut être arrêtée seulement au niveau de la région bulbaire. Dans fous les cas, après avoir essayé de franchi i’ l’obstacle par une pression légère mais prolongée et n’y être ]>as parvenu, on essaiera des exj)lorateurs de nurnéi'o de plus en [)lus faible, jusqu’à ce qu on réussisse à passer’ et à (!X|)loi’ei‘ l’iirèli'e sur jouir! son étendue. Cotte exploration l’enseignera sur le siège, le nombi’e, l'étendue, le calibre, la consistance des réti’écissements.

Ces renseignements, on les oblienrira non seulement à l’aller’, mais encort! et sru’toul au l’etour, le talon de l’olive accr’ocbant davanlag(! les [roiiits l’t'di’ér’.is.

Si l’on rit! pai’vient pas à passer’ un n" <>, on atii’a l'ecoui’S aux

TECHNIQUE. — URÈTRE. — CATHÉTÉRISME.

bougies liliformes ; dans les autres cas, on utilisera soit la sonde eji caoutchouc, si le rétrécissement n’est pas trop serré, soit les sondes à bout olivaire de calibre correspondant au numéro de l’olive qui a passé.

L’exploration d’un canal que l’on soupçonne déformé par une hypertrophie de la prostate est non moins utile. D’abord de ce qu’un malade est prostatique, cela ne l’empêche pas d’être en même temps un rétréci, et il est nécessaire de reconnaître ces rétrécissements, qui peuvent jouer un rôle quelquefois plus important que l'hypertrophie et qui empêcheront la sonde de passer.

Quant à l’exploration de la région prostatique, elle donnera des résultats variables: ou bien la boule passera sans difficulté, et l’on constatera seulement que la distance qui sépare la région membraneuse du col vésical est plus longue que normalement (3 centimètres), toute sonde peut être employée pour le cathétérisme ; ou bien la boule sera arrêtée dans la région prostatique, mais, par une pression prolongée, on parviendra à lui faire continuer son chemin, en même temps que la tige de l’explorateur ti'ansmettra à la main des notions sur le changement de direction que la boule a dû subir pour avancer; ou bien la boule est arrêtée définitivement. Dans ces deux derniers cas, il est possible que la sonde molle passe plus facilement que la boule exploratrice, en raison de sa souplesse ; mais elle peut être également arrêtée, et l’on se verra obligé de recourir à la sonde béquille et même au cathétérisme avec mandrin.

Dans cette exploration, il est important de reconnaître que la boule est dans la région prostatique ou dans la région bulbaire ; la boule arrêtée au cul-de-sac du bulbe se sent au périnée ; arrêtée dans la région prostatique, elle se sent par le rectum.

Le cathétérisme explorateur permettra enfin de l'econnaître un calcul ou un corps étranger et d’en préciser le siège quand sa situation postérieure empêchera de le sentir à travers le périnée ou le pénis.

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