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XIV. — URÉTROSCOPIE

Indications. — L’urétroscopie est un précieux moyen d’exploration de l’urètre, soit pour confirmer un diagnostic, soit pour préciser certaines lésions, soit pour découvrir une alfection sur laquelle on n’a aucunéidée. Elle servira d’autre part au traitement de certaines de ces affections.

L’urétroscopie ne doit pas être pratiquée dans un urètre enflammé ou douloureux.

Instruments. — Urétroscope de Luys. — Des tampons montés. — Une source d’électricité.

a. L’urélroscope de Luys (fig. 89) se compose :

1° De tubes munis de mandrins;

2® D’un manche supportant une lampe.

Les tubes urétroscopiques sont des tubes métalliques nickelés, de longueur variant avec les jmrtions de l’urètre que Ion veut examiner; ils sont de trois tailles : 14 centimètres, 13 centimèties, 7 centimètres. Leur calibre varie également pour s’adapter au

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calibre des différents urètres : le tube correspondant au 26 de la filière Charrière est le plus employé (tig. 91).

Ces tubes ne sont pas absolument cylindriques; ils présentent intérieurement, sur l’une des parois, une rainure destinée à loger la lampe et sa tige.

Une des e.xtrémités du tube, destinée à être introduite, est coupée obliquement; l’autre, destinée à s’articuler avec le manche, présente

Fig. 90. — Manche de l’urétroscoije de Luvs.

Fig. 91. - Tube avec mandrin et lampe del’urdtroscope de Luys.

un pavillon supportant une titré el un r-mn solide du tube sur le manche Dans les tubes s’introduisent des mandrins ’i w pour faciliter la pénétration dans l’urètre. ^ arrondie

Le manche métallique (liif. 90) nnrip un i

ses e.xlrémités peuvent se fixer les fils « *'®'’|aïpfeur ; a l’une de présente: 10 une ral.o

froide montée sur une titre de Innmi ^ ’ampe électrique, lampe

MARION. — THÉnAPEUTIQUE URINAIRE.

dans laquelle s’encadee une loupe dont le foyer correspond à la longueur du tube.

Les tubes et leurs mandrins seront stérilisés par ébullition ; la lampe le sera par un séjour de vingt-quatre heures dans les vapeurs de trioxyméthylène.

6. Les. tampons montés seront faits avec un peu d’ouate roulée à l’extrémité d’une tige de bois très fine. Us seront stérilisés à l’autoclave.

c. La source d’électricité consistera en piles, accumulateurs, courants de ville. Un rhéostat permettra de régler exactement

Pig 92. Urclroscopie. Positions du malade et de l’opérateur pour l’examen

de l’urètre antérieur.

l’intensité du courant nécessaire. Un courant de 4 volts suffit poulies lampes de l’urétroscope.

.Manuel opératoire. — Le malade est placé soit sur une table spéciale, soit sur le bord d’un lit, les deux jambes reposant sûr deux chaises, le tronc élevé par des oreillers. 11 doit être en somme couché le tronc légèrement soulevé, le siège au ras de la table ou du lit, les cuisses horizontales, les jambes soutenues.

Le tube convenable pour l’urètre en question est préparé, muni de son mandrin ; sur le manche, la lampe a été mise en place, essayée, et le courant réglé pour obtenir une bonne lumière; la loupe correspondant à la longueui- du tube est encliAssée dans sa monture.

1» Introduction du tube. — Le lube, muni de son mandrin, est

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trempé dans la glycérine, puis présenté au méat. L introduction dans l’urètre antérieur ne présente aucune particularité ni aucune difficulté.

L’introduction dans l’urètre postérieur se fera en poussant le tube jusqu’au contact de l’urètre membraneux, puis en l’abaissant forte-

Fig. 93. — Verumontanum vu h. Turétroscope.

Fig. 94. — Vue urétroscopique de la région bulbaire.

ment entre les cuissesdu malade, au-dessous del’horizontale, en même temps que l’on déprimera du côté de la verge les tissus de la région prépubienne, afin de relâcher le ligament suspenseur de la verge.

Une fois l’introduction faite à fond, le mandrin est retiré; si le tube est suffisamment long, il a pénétré dans la vessie, et alors, au moment du retrait du mandrin, de l’urine s’écoule ; il suffit de retirer

Fig. — Aspect donné par l’inriUration molle.

Fig. S(i . — Infillrnlion dure.

légèrement le tube jus([u’â ce que l’urine cesse de couler pour amener l’extrémité du tube dans l’urètre postérieur.

2" Mise en place du manche et de la lampe. — Le manche portant la lampe est alors adapté au tube. Pour la facilité de l’observation et des manœuvres, il faut tenir le manche en l’air; de cette

façon, la lampe se trouve à la partie supérieure du tube et ne gêne pas pour 1 exploration de la paroi inférieure de l’urètre, en général la plus intéressante.

Au moyen des tampons montés, les sécrétions urétrales sont enlevées le cas échéant, et l’on peut examiner l’urètre.

d® Examen de l’urètre. — La loupe est alors amenée devant le tube et 1 on peut apercevoir l’urètre. L’examen se fera progressivement d arrière en avant, le tube étant retiré petit à petit. Pour l’examen de 1 urètre postérieur, il faut tenir le tube horizontalement; pour celui de l’urètre antérieur, il pourra être tenu verticalement.

Dans un urètre normal, voici ce que l’on constate d’arrière en avant: Col vésical ; plis radiés partant d’un point central.

Verumontanum : 'saillie médiane inférieure avec des plis sur la

Fig. 97. — Orifices des lacunes et des glandes Fig. 98. — Folliculite intra-urétrale. enflammées. Petits kystes purulents.

paroi supérieure; rarement on verra les orifices de l’utricule et des canaux éjaculateurs. A la partie antérieure du verumontanum, la saillie médiane inférieure est moins haute et moins large; en avant d’elle existe une autre petite saillie.

Région membraneuse : plis radiés partant d’un orifice central poncliforme.

Région bulbaire : fente verticale.

Région pénienne : orifice central, sauf au niveau du gland, où le canal prend la forme d’une fente.

La muqueuse présente dans toute son étendue des plis longitudinaux et des stries également longitudinales, d'un rouge assez vif.

La couleur générale de la muqueuse est rosée, brillante, lisse.

Les orifices des petites lacunes de Morgagni sont à peine visibles; ceux des grandes le sont, sous forme d’un Và sommet inférieur ; ceux des glandes de Littré sont invisibles.

TECHNIQUE. — URÈTRE. — URÈTROSCOPIE.

Dans un urètre pathologique, on peut observer ;

De l'infiltration molle : muqueuse dépolie, boursouflée, rouge, saignante ;

De l'infiltration dure : pâleur de la muqueuse, coloration gris jaunâtre ;

Des ■polypes, faciles <à reconnaître à leur forme;

Des lésions glandulaires : orifices des lacunes de Morgagni plus visibles, rouges; orifices des glandes de Littré rouges ; glandes transformées en petits kystes purulents saillan t légèrement et blancs ; kystes glandulaires purulents faisant une véritable saillie dans l’urètre ;

Des tumeurs : épithélioma, angiomes.

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