IV. — ORCHI-ÉPIDIDYMITE BLENNORRAGIQUE
Aperçu aiiatomo-cliiii(|iic. — Au cours d’une blennorragie urétrale, vers la troisième semaine en général, soit spontanément, soit à la suite d’une fatigue, d’un traumatisme ou d’une injection urétrale mal faite, éclate de la douleur dans la l'égion inguinale, puis de la douleur et du gonllement dans une des bourses ; il s’agit d’une épididymite blennorragique.
Le testicule est en réalité pou atteint; il présente de simples pbénomènesde congestion ; c’est au niveau de l'épididyme et surtout de la (|ueue de l’épididyme (]ue les lésions sont le plus accentuées, et si, dans la période aiguë, on prati(iue une ponction de cette région, il est bien rare qu’on ne recueille pas un licpiide pui-iforme et même du j)us franc existant soit dans le canal même de l’épididyme, soit autour de lui.
INDICATIONS. — TESTICULE. - ORCHI-ÉPIDID YMITE. 433
Le canal déférent peut être plus ou moins atteint ; la funiculite quelquefois domine la scène.
Suivant l’intensité des phénomènes et leur évolution, on peut distinguer des épididymites suraiguës, aiguës, subaiguës, à répétition. D'autre part, de temps en temps, on voit les deux testicules se prendre simultanément ou plus souvent l’un après l’autre, l’inflammation allant alternativement de l’un à l’autre : c’est V épididymite à bascule.
L’épididymite aiguë, variété la plus commune, lorsqu’elle est bien traitée d’emblée, atteint son maximum d’intensité vers le quatrième ou le cinquième jour; puis elle décroît progressivement et peut être considérée comme définitivement guérie du quinzième au vingtième jour. Tout écart de traitement peut notablement modifier cette évolution, surtout au point de vue de la durée.
Ldisuppuration d’une épididymite blennorragique estchose fortrare; plus rare encore l’afrop/a'e testiculaire consécutive. Mais l’épididymite blennorragique peut provoquer l’oblitération définitive du conduit épididymaire et, dans le cas où cette oblitération est bilatérale, la stérilité. 11 n’est pas possible, du reste, de prévoir quel sera le sort de l’épididyme, étant donnés les caractères de l’inflammation.
Indications. — Orchi-épididymites aiguës. — La première indication à remplir est de mettre le malade au repos absolu au lit, une planchette ouatée reposant sur les cuisses soutenant les bourses, des compresses humides laudanisées ou une vessie de glace les recouvrant. Au cas de funiculite, la vessie de glace recouvrira aussi la région inguinale.
Le malade sera mis au régime lacté absolu, de façon à éviter tout encombrement de l’intestin. On veillera à ce que l’évacuation du rectum se fasse de façon régulière, et, pour cela, on conseillera les laxatifs et les lavements. D’autre part, des lavements d’eau chaude légèrement salée (7 p. 1 000), peu abondants, seront administrés après évacuation du rectum et gardés.
Comme unique médicament, on administre le salicylate de soude, à la dose de 1 à 2 grammes par jour en deux fois.
Avec ce traitement simple, l’amélioration sera très rapide et la résolution l)ientêt constatée. Mais on ne permettra au malade de se relever que lorsque toute sensibilité de l’épididyme et du canal déférent aura disparu. L’induration qui persiste à la (jueue de l’épididyme demande un temps beaucoup plus long, plusieurs mois, pour se résoudre. Lor.sque le malade se relèvera, onlui fera porter un suspensoir.
Faut-il continuer les grands lavages ui'étraux lorsqu’une épididymite
Maladies urinaires. go
MARION. — THÉRAPEUTIQUE GÉNITALE
blennon-agiquc se déclare ? Conlrairemenl à certains auteurs, je réponds formellement par la négative, .l’ai vu trop souvent ces lavages être la cause de récidive d’épididymite mal éteinte poui' les conseiller. Ce (pie l’on pourra faire, ce sera des injections antiseptiques très prudentes de l’urètre antérieur qui le désinfecteront : injections de protargol, d’argyrol, de permanganate (Voy. Urétrite aiijué). Ce n’est que lorsque toute inflammation sera éteinte du ci'^té de l’épididyme que l’on reprendra les grands lavages urélrovésicau.x.
Tel est le traitement de l’orchi-épididymite blennorragique, qui, dans tous les cas, donnera le meilleur résultat. Sont donc à laisser de côté toute une série de traitements dont rulilité est plus que contestable ; tout au plus pourra-t-on les employer pour la satisfaction morale des malades : compressions, onctions à l’onguent gris, aux pommades au nitrate d’argent, à l’argyrol, à la belladone, etc., badigeonnages au gaïacol, stypage, électrisation, etc.
Orchi-épididymites suraiguës. — Certaines formes d’orchites méritent ce nom en raison de l’intensité de la douleur et des phénomènes inflammatoires.
Si le repos et le traitement indiqué plus haut n’amènent pas une sédation rapide, il ne faudra pas hésiter à avoir recours aux émissions sanguines pratiquées au niveau du scrotum dans la région épididymaire inférieure au moyen de sangsues, et quelquefois celle dérivation amène une sédation immédiate des douleurs.
Si elle était insuffisante, il faudrait en arriver à l’incision de la queue de l’épididyme, au niveau de laquelle on trouverait du pus. Cette incision, mise en pratique depuis peu, d’une façon même un peu trop courante par certains, est susceptible de donner les meilleurs résultats dans un cas d’inflammation intense. Elle la fait ce.sser rapidement et, d’aut re part, abrège notablement la durée de la maladie.
Orchi-épididymites à répétition. — Chez certains sujets, soit en raison de l’état général, soit parce ([ue l’orchite initiale a été mal soignée, on voit, à jiropos des fatigues, ou même spontanément, suivenir de temjis en temps des poussées du côté d’un noyau épididymaire persistant. Le plus souvent en même temps évolue une urétrite chronique interminable , dont aucun traitement ne peut avoir raison.
Dans ces cas, une seule thérapeutique est susceptible de mettre lin à ces poussées nkidivantes, l’épididymectomie.