VII. — TUBERCULOSE ORCHI-ÉPIDIDYMAIRE
Aperçu aiiatuiiio-cliiiiquc. — La tuberculose peut apparaître dans la masse testiculo-épididymaire sous des formes variées.
Mlle peut affecter une marche aiguë, orchite tuberculeuse aiguë, et simule absolument l’orchite blennorragique ; l’absence d’écoulement et surtoutl’absence de gonocoques permettront seules ([uehpiefois de faire la distinction . Cette orchite aiguë peut se terminer par suppuration, ou bien se calmer et évoluer comme une tuberculose à marche chronique.
C’est cette marche ehronique qu’alfecte le plus souvent la tuber-
MARION. — THÉRAPEUTIQUE GÉNITALE
culose Lesticulo-épididymaire ; elle pourra se présenter soit sous forme d’wîi noi/mi bien localisé situé en un point quelconque de l’épididyme, noyau que son évolution, sa sensibilité, les antécédents empêchent de confondre avec un kyste de l’épididyme, ou un noyau d’épididymite blennorragique. Plus souvent il e.xistera dans l’épididyme plusieurs êos.se/ures absolument typiques, ou bien l’épididyme sera envahi en masse et augmenté de volume d’une façon régulière. Dans d’autres cas, testicule et êpididyme apparaîtront envahis simultanément. Ces dilferents aspects ne peuvent être reconnus quelquefois qu’après ponction d’une hydrocèle symptomatique.
Ces différents aspects correspondent aux lésions tuberculeuses frappant surtout l’épididyme, mais ne respectant pas toujours le testicule. Si l’épididyme paraît si souvent pris et le testicule si souvent intact, c est que dans l’épididyine la tuberculose évolue sous forme de gommes, tandis que dans le testicule elle évolue sous forme de granulations. Il n’est donc pas toujours possible d’affirmer l’intégrité du testicule quand il existe un peu de vaginalite, ou d’œdème péri-épididymaire. Dans d’autre cas, la consistance normale de l’organe, son absence de sensibilité pathologique pourront à coup sûr faire éliminer ses lésions.
D’abord durs, ces noyaux ou masses finissent par se ramollir si elles n’évoluent pas vers la guérison, par suppurer et s’ouvrir à la peau déterminant des fistules interminables.
Le canal déférent, les vésicules séminales, la prostate présentent également le plus souvent des lésions de même nature. Pour la prostate en particulier, ces lésions ne sont souvent que secondaires.
La tuberculose testiculo-épididymaire est assez fréquemment bilatérale, soit d’emblée, soit à échéance plus ou moins longue.
Indications. — 11 est un principe de thérapeutique qui veut que sauf contre-indication venant de l’état général, toute tuberculose locale facilement enlevable doit être enlevée. Or rien de plus simple que de pratiquei’ une castration pour débarrasser un malade d’une tuberculose testiculo-épididymaire. .Mais, dans ce cas, des considélations particulières empêchent de mettre en pratique ce principe d’une façon absolue.
La bilatéralité de l’affection, nous l’avons vu plus haut, est chose assez fréquente; or si les malades su[>portent sans trop de regrets une castration unilatérale, il n’en va pas de même d’une castration double. Au j)oint de vue moral, l’effet de cette castration double est considérable, et même au point de vue physique l’effet n’est pas à négligei'. Lvidemment une épididymite tuberculeuse supprime toute fécondité comme le ferait une castration, mais il n’est pas
niable aujourd’hui que la sécrétion interne du testicule agit d une fagon appréciable sur l’organisme, ün doit donc, dans la mesure du possible, conserver au malade des testicules sinon valables au point de vue génital, tout au moins valables au point de vue sécrétion interne, et même constituant facilement par leur masse de structure quelconque une satisfaction morale pour le sujet qui les porte. Ce sont ces principes qui doivent servir de guides pour poser les indications thérapeutiques de cette affection.
1“ Orchite tuberculeuse aiguë. — En présence d'une orchite tuberculeuse aiguë, il faut mettre le malade au repos comme pour une orchite blennorragique et attendre la tournure que va prendre l’afl'ection. Tend-elle vers la suppuriUion, il ne faut pas hésiter à intervenir par une castration, car cette suppuration entraînera la destruction de l’organe provoquant des fistules interminables, en même temps que pendant son évolution elle constitue un foyer particulièrement dangereux pour l’organisme. 11 faut savoir cependant que la castration, dans ces cas, peut être suivie de généralisation tuberculeuse, dont la tuberculose testiculo-épididymaire n’était vraisemblablement qu’une des manifestations premières.
Si au contraire on voit que les phénomènes inflammatoires s'amendent, on les laissera se calmer et, lorsque l’affection aura passé à l’état chronique, on se conduira suivant les principes donnés pour la forme chronique.
2° Tuberculose épididymaire chronique. — Lorsqu’on se trouve en présence d’une lésion apparaissant cliniquement bien localisée à l’épididy me, l’indication d’opérer est absolumen t formelle ; dans ce cas, on pratiquera une épididymectomie partielle on totale, suivant l’étendue de la lésion, avec suppression aussi complète que possible du canal déférent. Cette épididymectomie est susceptible de donner des résultats véritablement très bons. En agissant ainsi, on respecte, en effet, le testicule qui restera avec ses fonctions de sécrétion interne, et l’on supprime seulement un organe inutile, parce qu’oblitéré, et de plus dangereux.
Ce n’est que chez les enfants que l’on peut hésiter avant d’intervenir et essayer auparavant le traitement médical. Hien entendu, ce traitement médical ne sera pas négligé chez les malades qui ont subi une épididymectomie.
3» Tuberculose testiculo-épididymaire chronique. — Dans ce cas, le traitement conservateur s’impose; il faut faire tout son possible pour arriver à garder au malade quelque chose, ne fût-ce qu un semblant de testicule.