‹ Thérapeutique urinaireChapitre 232 sur 307 · II. — VARICOCÈLE · texte numérisé non relu

II. — VARICOCÈLE

Les varices des veines du cordon peuvent être symptomatiques d’une compi'ession s’exerçant sur les veines spermatiques, dans le cancer dui’ein en particulier, auquel cas rien n’est à tenter contre le varicocèle, dont l’existence |)eut même ne pas être soupçonnée par le malade.

Le varicocèle idiopathique, celui ([ui se développe à gauche, généialement enti’c dix-huit et vingt-cinq ans, très souvent chez des sujets dont les tissus présentent peu de résistance, atteint soit surtout le groupe antérieur des veines du coi-don, c’est-à-dire les

INDICATIONS. — CORDON. — VAiaCOCÊLE.

veines accompagnant l’artère spermatique, soit en même lem[)S les veines de tous les groupes, spermatiques, funiculaires et délérentiels.

Les malades porteurs d'un varicocèle viennent consulter pour des raisons très différentes. Les uns souffrent, et parmi ceux-là il en est qui accusent seulement de la pesanteur, des tiraillements, d’autres qui se plaignent de véritables douleurs névralgiques. Ce ne sont pas du reste les varicocèles les plus volumineux qui sont les plus douloureux. Les malades peuvent en même temps présenter un état nerveux particulier, caraclérisé le plus souvent par des troubles neurastbéniques, une préoccupation constante de leur atrection, qu’ils accusenl de tous les méfaits, en particulier de dépression génitale que n’explique nullement l’état de leur testicule.

D’autres n’éprouvent qu’une gêne fort minime ou même nulle de leur varicocèle, mais ils demandent à en être débarrassés soit pour ne pas conserver leur bourse pendante et volumineuse, soit parce que l’existence de cette affection les empêche de remplir certains emplois.

Douloureux ou non, le varicocèle peut entraîner de l’atrophie testiculaire, caractérisée par une diminution de volume et de consistance de l’organe. En dehors de celte complication, le varicocèle n’est susceptible d’enlraîner aucune conséquence grave, et c’est tout à fait exceptionnellement que l’on signale une rupture des veines dilatées ou une phlébite.

Indications. — Deux modes de traitement peuvent être conseillés pour le varicocèle : l’un palliatif, le suspcnsoir, qui devra être en tissu élastique et susceptible de relever les bourses d’une manière énergique, en même temps qu’il exercera sur elles une douce compression; l’autre curatif, l’opération. Les interventions que l’on pratique dans le varicocèle ont pour but soit de supprimer les veines dilatées, phlébectomie (A^oy. p. 468), soit de suppléer au manque de résistance du scrotum et des éléments du cordon insuffisants pour soutenir le testicule; résection du scrotum (Voy. p. 467).

Suivant les cas, on emploiera l’un ou l’autre de ces modes de traitement.

Tout malade qui demande à êti'e débarrassé d’un varicocèle peut être opéré si aucune contre-indication d’ordre local ou général ne s’oppose à cette intervention.

Dans certains cas, l’opération s’impose en quelque sorte en raison des douleurs ou de la gêne (pTéprouve le sujet, ou de ratroi)liie testiculaire que provoque la lésion. Dans d’autres cas, on interviendra uniquementpour donner satisfaction au malade, qui, poui' uneraison

.\IARIO^\ — THÉKAPEUTIQUE GÉNITALE.

quelconque, désire être débarrassé de son Infirmité, étant donné que l’opération compte parmi les plus bénignes.

Si le varicocèle est de volume très minime, on se contentera seulement de soutenir le testicule soit par une résection scrotale, soit par la fi.vation de la vaginale.

Si les veines dilatées forment un volumineux paquet, on associera la résection de ces veines au soutien du testicule.

Lorsque les malades redoutent l’intervention, on conseillera le suspensoir capable de les soulager grandement, àcondition qu’ilsoit bon ; en cas d’échec, les malades finiront par avoir recours à l’opération.

Pour les malades qui ne soulfrent pas, mais dont le testicule s’atrophie, il faudra conseiller l’intervention de préférence au suspensoir, sans que l’on puisse toujours affirmer que cette intervention rendra son volume à l’organe.

Une classe de malades porteurs de varicocèle mérite une mention spéciale, ce sont les déprimés, les neurasthéniques. Certains chirurgiens pensent que leur état général est une contre-indication à l’opération ; je ne suis pas de cet avis. Je crois même, pour en avoir eu dès preuves, que chez quelques-uns l’intervention est susceptible d’avoir les plus heureux effets, soit qu’elle agisse en les débarrassant de douleurs qui attirent perpétuellement leur attention du côté de leur varicocèle et d’un testicule qui souvent s’atrophie, soit qu’elle agisse d’une façon purement morale. Lorsque l’on sera consulté par de semblables malades, on conseillera l’usage du suspensoir, l’emploi d’effluves sur les réglons douloureuses, l’hydrothérapie le traitement général; si le malade désire formellement fintervention, on ne la lui refusera pas, mais on se bornera à une action sui' les bourses ou la vaginale, et l’on ne pratiquera aucune résection veineuse, de façon à réduire au minimum le traumatisme opératoire ; et, d’autre part, on le préviendra que, malgré l’intervention, il est possible que l’atrophie testiculaire persiste.

Chez tous les malades opérés, l’usage du suspensoir devra être conseillé après l’opération. 11 soutiendra le scrotum, qui, rétréci, n en a pourtant pas gagné de la résistance des tissus et empêchera ceux-ci de se distendre de nouveau.

Page 1