I. — EXPLORATION DE L’URÈTRE
L’exploration complète de Furètre comprend : l’cæameji du méat et du gland, le palper du canal, le cathétérisme explorateur, Vurétroscopie, Vexamm des sécrétions urétrales.
Suivant le but que l’on se proposera et l’airection pour laquelle on examinera le canal, certaines de ces explorations seront praticiuées simultanément ou isolément, et d’auti'o part dans un ordre dill’ércnl. Dans Furétrite clironique, aircction |)our laquelle les explorations peuvent et doivent être les jdus complètes, on les prati(piera dans l’ordre suivant : examen du méat et du gland, examen des sécrétions urétrales, cathétérisme explorateur, palper, urétroscopie.
Cxiiincn du méat et du g^lnnd. — On examinera les dimensions du méat, sa situation. Un méat ([ui n’est pas capable de laisser passer un n® 25 est un méat trop étroit; le méat situé à la face inférieure du gland sera celui d’un liypospade.
Le méat doit être rose, toujours sec, sauf immédiatement après une miction ; un méat liumide, rouge, ou bien celui dont les lèvres sont accolées est un méat pathologique, à plus forte raison s'il est tuméfié, œdémateu.x.
On doit regarder aussi la façon dont le jirépuce peut découvrir le gland, l’état de la rainure balano-préputiale et surtout les deux fossettes situées de chacjue côté du frein : les glandes de Tyson sont à ce niveau ; elles peuvent ôti’e entlammées.
Enfin, par le méat, on verra sourdre les liquides que peut sécréter l’urètre.
Palper. — Le palper d’un urètre sain révèle une consistance élastique, égale partout, sans déterminer en aucun point la moindre douleur.
Si l’urètre est enflammé, il sera d’une consistance plus grande et la palpation réveillera de la douleur. En cas d’inflammation chronique, il sera d’une consistance irrégulière, présentant en certains points des masses dures, plus ou moins étendues. Les abcès, les tumeurs, les corps étrangers se révèlent également par la palpation.
La palpation est encore plus profitable lorsqu’on introduit un instrument un peu résistant, sonde en gomme ou Béniqué, dans le canal; si l’on palpe la partie inférieure du canal, la seule qui soit bien explorable, on pourra alors sentir de petites nodosités dures, variant du volume d’un grain de millet à celui d’un grain de chènevis; ce sont des glandes urétrales enflammées.
Le palper, pratiqué latéralement en arrière de la racine des bourses, permettra d’apprécier l’état des glandes de Cowper. Si on veut avoir un renseignement plus précis sur l’étal de ces glandes, on mettra un index dans le rectum, tandis que le pouce sera au périnée, et ainsi on pourra saisir entre les deux doigts la glande située à côté de la ligne médiane, en apprécier la consistance, en exprimer le liquide.
Cathétérisme. — Le cathétérisme explorateur ne doit être fait (}ue .s’il n’existe pas d’inflammation aiguë du canal; c’est lui qui donnera les renseignements les plus précis sur les pailicularités qu’il peut présenter (Voy. p. 30H).
Urétro.seopic. — Dans tous les cas où l’affection uréfrale n’est pas absolument bien déterminée, l’urélro.scopie précisera les lésions. Commé le cathétérisme, l’existence d’un élat douloureux du canal la contre-indique (Vh>y. p. 3:Î4).
l'fxanicii (IcH sécrétions urétrales. — L’(!xamen des secrélions urétrales est chose capitale dans le traitemeni des uirlrites aiguf’S e( chr(tiii(|ues el des all'ections des glandes annexées à l’ni'ètre.
EXPLORATION. — EXPLORATION DE L’URtîTRE.
Sans lui, il n’esL pas possible d’insliLuei' un IraiLement rationnel, et l'on ne peut agir qu’au hasard, ce qui n’est pas toujours sans inconvénient.
Cet e.xanien des sécrétions urétrales comprend : t° l’étude de leurs caractères;
2" La recherche de leur origine;
3“ L’étude des éléments qui les constituent.
1° Caractères des sécrétions urétrales. — • Elles peuvent se présenter sous forme de liquide ou sous forme de ülaments.
Pour les sécrétions liquides, on examinera :
A. Leur abondance, écoulementconstanl, suintement appréciable seulement quelques heures après les mictions, simple goutte matutinale, méat collé. Quelquefois, pour obtenir une goutte de
«liquide, on sera forcé de pratique!' une expression du canal d’arrière ^ en avant, en commençant la pression au niveau du cul-de-sac du
I bulbe et en ramenant le doigt en avant le long de l’urètre ;
B. Leur couleur, blanche, jaune, vei'dâtre, grisâtre, claire; les sécrétions blanches étant souvent d’origine tuberculeuse, les autres écoulements étant d’autant plus colorés qu’ils contiennent plus de ; leucocytes ;
' L. Leur consistance : pus bien lié, pus grumeleux, liquide filant,
visqueux.
Les filaments seront vus dans l’urine après une miction pratiquée dans un ou plusieurs verres. Ces filaments peuvent être lontjS, ■ légers, flottants dans le liquide; ils indiquent une inflammation légère et peu profonde du canal; ou bien ils sont épais, lourds, tombant rapidement au fond du verre, ce sont des filaments produits d’une urétrite à lésions plus profondes; ou bien ils sontpefhs, courts, en virgule; cei'tains auteurs veulent voir leur origine dans une inflammation des glandes prostatiques; mais ils paraissent pouvoir prendre naissance dans toutes les glandes du canal.
•; 2“ Recherche de l’origine de ces sécrétions. — Poui' rechei'cher
I l’origine des sécrélions urétrales, la vessie élant mise hors de
I cause, en pi'atique, on lait uriner le malade dans trois verres, et
, ' ^ examen de ces ti'ois verres donne en général des renseignements
sullisamment précis. On peut se trouver en présence des cas sui- ' vants :
une urétrite antéi'ieuro;
A. Premier vei'i'o ti'ouble ou claii', avec des lilamenls ; deuxième et troisième verres clairs, sans lilaments; on conclura à
veiTO clair ou trouble avec filaments lourds; on conclura à une urétrite antérieure avec urétrite postérieure;
Ci. Premier verre clair avec peu de lilaments lourds; deu.\ième verre clair avec peu ou sans lilaments lourds; troisième verre trouble ou clair avec beaucoup de lilaments lourds; on conclura à une urétrite postérieure sans urétrite antérieure.
Mais, dans les cas douteu.x, ou lorsque l’on veut obtenir une certitude et une précision plus grandes, on utilisera le procédé suivant (Wolbarst) :
U. Laver soigneusement l’urètre antérieur, l’eau de lavage étant recueillie; le verre n° 1 contient les sécrétions de cet urètre ;
b. Introduction d’une sonde qui recueillera l'urine de la vessie. Le verre n° 2 contient le pus vésical, s’il en e.xiste.
La vessie étant bien lavée, on injecte dans sa cavité 100 à 150 gr. de liquide, et l’on retire la sonde ;
c. Le malade urine une partie du liquide laissé dans la vessie dans un troisième verre, qui va recueillir les seules sécrétions e.xistant à ce moment dans le canal, celles de l’urètre postérieur ;
d. .Massage de la prostate après lequel le malade urine ce qui lui reste de liquide dans la vessie ; le quatrième verre contiendra les sécrétions prostatiques.
3° Étude des éléments des sécrétions urétrales. — Le gland et le méat ont été bien nettoyés; au moyen d’un fil de platine flambé, on va recueillir dans le canal soit un peu de pus, soit un débris de filaments, que l’on étale sur une lamelle en couche aussi mince que possible. Une fois séchée à l’air, la lamelle est fixée en la passant deux ou trois fois dans la flamme d’une lampe à alcool ou d’un bec Runsen ; puis elle est colorée soit au moyen du bleu de Lœffler (1), soit au bleu de Kuhne (2). Une goutte de ces solutions laissée en contact une à deux secondes avec la lamelle suffit à assurer une parfaite coloration. La lamelle lavée, puis séchée, est portée sous un objectif à immersion.
On peut alors constater la composition du pus; on y verra : des leucocytes en plus ou moins grand nomlire; ces leucocytes sont
(1) Dieu (le Uefllec:
Solution alcoolique saturée de bleu de méthylène. 50 centimètres cubes.
Potasse Os', 01.
linu distillée 100 centimètres cul)es.
(2) Bleu (le Kubne :
Bleu do rnétliylèno ls',50.
Alcool absolu 10 grammes.
Eau [diéniquée à ü |i. 100 100 —
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polynucléés, à noyau.x bourgeonnants se colorant fortement, le corps leucocytaire restant beaucoup j)lus pâle; parfois, au cours de l’urétrite aiguë, des petites cellules épitheliales polyédriques à gros noyau ; dans les formes chronicjues, des cellules épithéliales polyédriques et des cellules p-ivimenteuses dont la présence témoigne de transformations importantes de l’épithélium urétral, et enfin des mici'obes. Ces microbes manquent dans certains écoulements d’urétrite chronique.
Parmi les microbes que l’on rencontre le plus fréquemment sont les (jonocoques, reconnaissables à leur forme : diplocoques en grains de café, dont chaque coccus a la forme d’un haricot, les deux éléments se regardant par leur hile; à leur situation : les gonocoques étant surtout intracellulaires, périnucléaires ; à leur disposition réciproque, les gonocoques formant des groupes composés de quatre à vingt éléments, jamais juxtaposés, toujours séparés les uns des autres par des intervalles égaux au moins au volume d’un élément.
D’autre part, les gonocoques ne gardent pas la coloration par le Gram (1), et leur décoloration servira à les caractériser lorsqu’on aura un doute.
D'autres microbes variés associés ou non au gonocoque peuvent être également trouvés, parmi lesquels, en dehors des staphylocoques, streptocoques, colibacilles, il faut signaler un petit bacille court et qrête, souvent disposé en chaînette, que l’on rencontre fréquemment, le pseudo-gonocoque, ressemblant aux gonocoques par sa forme, mais plus gros que les gonocoques vrais et toujours extracellulaires, des cocci variés.
La recherche du bacille de Koch ne sera pratiquée que dans des circonstances particulières et donnera du reste le plus souvent des
(1) Coloration avec:
t ^ Violet de gentiane 1 gramme.