‹ Thérapeutique urinaireChapitre 55 sur 307 · VI. — EXPLORATION DU REIN · texte numérisé non relu

VI. — EXPLORATION DU REIN

I.’exploration du rein peut être faite j>ar la vue, le palper, la percussion, \a radiographie et l'-exainendes urines.'

Vue. — La vue donne rareinent des indications dans l'examen ilu rein ; il faut (|ue le volume de l’organe soit considérable pour que celui-ci soulève la pai'oi ; dans les cas de rein mobile, peut-être |)ourra-t-on voir chiï/, les |)ersonnes maigres une dépression de la région lombaire.

I‘alpi‘i*. — l..e palpei' |)ernn‘t an contraire d’obtenir des rensei-

EXPLORATION. — EXPLORATION DU REIN

gneinents très précieux sur l’état du rein. 11 décèle, d’une part, de la douleur; d'autre part, il fait apprécier le siège, le volume, la forme de l’organe.

L’exploration du rein au point de vue douleur ne doit pas se limiter à la région rénale; en effet, lorsqu’un rein souffre, le plus souvent on trouve une série de points douloureux spéciaux, points rénaux, importants à rechercher.

Ce sont : le point costo-lombaire, situé à l’angle que fait la masse sacro-lombaire avec la douzième côte ; le point sous-costal , situé vers le rebord costal en avant, un peu en dehors du point où le grand droit de l’abdomen rencontre ce rebord; le point par ombilical, situé à deux travers de doigt en dehors de l’ombilic, sur une horizontale passant par lui ; le point ilia(pie ou de Tourneux, situé à la rencontre d’une horizontale réunissant les deux épines iliaques antérieures et supérieures avec une verticale partant de l’union du tiers interne avec les deux tiers externes de l’arcade de Fallope ; le point sus-intra-épineux, que l’on trouve un peu en dedans et au-dessus de l’épine iliaque antéro-supérieure ; le point vésical, appréciable chez l’homme par le toucher rectal, chez la femme par le toucher vaginal, au niveau de la région où l’uretère aborde la vessie. La sensibilité obtenue au niveau de quelques-uns ou de tous ces points permettra souvent de localiser le côté d’une lésion rénale, ou d’affirmer (lu’une affection du flanc est bien une affection du rein et non celle d’un autre organe.

L’exploration du rein par le palper, pour en apprécier les modifications, peut être pratiquée de façons différentes; on emploiera, suivant les cas: le procédé de Guyon, eclui de Glénard, celui d’Israël, celui de Trastour.

Procédé de Guyon. — Dans la recherche du rein par le procédé de Guyon (tig. 14), le malade est couché horizontalement, les jambes repliées et écartées sans, effort; une des mains du chirurgien est placée, paume en avant, dans la région lombaire; appuyée par sa face dorsale surleplan du lit, l’index et le médius correspondent à l'angle costo-lombaire, prêts à déprimer les j)arties à ce niveau; l’autre main est placée à la région antérieure, au-dessous du rebord thoracique en dehors du grand droit de l’abdomen, les doigts étant prêts à s’insinuer sous le rebord costal. On prie le malade de respirer profondément et, à chaque inspiration, la main antérieure déprime la paroi; à chaque expiration, la main s’immobilise pour ne pas remonter en même temps (|ue la paroi se soulève. Peu à peu, la main s'enfonce. ’

Lorsqu’elle ne peut plus avancer, les doigts de la main postérieure Maladies urinaires. o

et sulioiil rindex et le médius dépriment brusquement la |)aroi, de façon à envoyer si possible le rein toucher la main antérieure :

Pig. H. — Exploralion du rein par le procédé de Guyon.

épreuve du ballottement rénal. Chez un sujet normal, les reins ne doivent pas présenter ce ballottement.

D’auti’e part, entre tes deux mains, on essaiera de percevoir l’organe, (jui normalement ne doit pas être perçu ; tout au plus, chez les sujets maigres, peut-on sentir le pôle inférieur. Que le rein soit

Fig. 15. — Exploration du rein par le procédé de ülénard.

augmenté de volume, ([u’il soit abaissé, on le sentira et on en ap[)réciera les caractères.

Procédé de Glénard. — Le malade est couché comme précédemment ; la main du cété opposé à celui que l’on explore est disposée de telle façon i|ue les doigts se trouvent dans la région lombaire, b; pouce en avant ; cii somme, la main embrasse le flanc.

EXPLORATION. — EXPLORATION DU REIN

On déprime peu à peu la paroi entre les doigts et le pouce, en meme temps que l’on fait respirer largement le malade (tig. la)-

Dans les cas de rein mobile, on sent, pendant l'inspiration, le rem descendre entre les doigts, et, s’il descend suflisamment, il suKit d'une pression de ces doigts, au moment de l’inspiration, pour réuucléer en bas et l'immobiliser liors de sa loge, où il pourra être facilement senti.

Procédé d’Israël. — 11 consiste à placer le sujet dans le décubitus latéral, sur le flanc du côté sain, les jambes légèrement repliées ;

la palpation se fait comme dans la recherche du rein par le procédé de Ouyon (lig. 16).

Procédé de Trastour. — La recherche du rein par le procédé de Trastour se fait, le malade étant dans la position assise, au moyen des deux mains placées l’ime en arrière, l’autre en avant.

Percussion. — La percussion donne peu de résultat lorsque le rein n’est pas très augmenté de volume. Mais, (juand une augmentation notable existe, la percussion est très utile ; en effet, toute tumeur rénale déplace l’intestin en avant d’elle et, par consé(|uent, jirésente de la sonorité en avant d’elle, symptôme Irès important pour reconnaître l’origine d’une tumeur <les lianes.

Kadiog;ra|>liic. — La radiographie sera d’un très précieux secours lorsque l’on soupçonnera des calculs du rein. Sans entrer dans des détails ((ui intéressent surtout les radiographes, disons (|uej

pour obtenir de bonnes radiograpliies de calculs, il faut obtenir une immobilisation parfaite de la région et, d’autre ]>art, diminuer autant que ])0ssible l’épaisseur des parties au moyen de compresseurs spéciau.x.

Examen des urines. — L’examen des urines esl chose capitale dans l’étude clinique d’une affection rénale ; c’est elle qui permettra d’apprécier la valeur fonctionnelle des reins.

Hecherche de la valeur fonetiunuclle des reins. — Dans bien des circonstances, il est indispensable de se rendre compte de la valeur des reins d’un malade qui doit être opéré, qu’il s’agisse d’une opération de chirurgie générale ou de chirurgie urinaire ; une insuffisance dans le fonctionnement des reins peut être une contreindication absolue à une opération.

En chirurgie urinaire, une autre recherche doit être faite quand on veut agir sur un rein : c’est celle de la valeur relative des deux reins ; une néphrectomie peut être justifiée si le rein de l’autre c(Mé est sain, contre-indiquée au contraire s’il est déjà malade.

A. Valeur globale des reins. — Pour se rendre compte de la valeur des reins, on recueillera l’urine des vingt-quatre heures, sur laquelle portera l’examen.

L’urine de reins sains présente les caractères suivants :

Quantilé loOO gr. en moyenne.

Réaction Acide.

Densité Variaf)le avec la quantité: 1042 pour 900 gr.

Cryoscopie. . . Le point de congélation varie de — I^.'-IO à — 2“.20. Composition . Urée : Osi-,50 par kilo et par 24 lieures chez flioninic.

0e^40 — — cliez la femme.

Qgr^20 — — chez le vieillard.

Acide uri([ue : Ok^.SO à 0«f,80 par 24 heures.

Chlorure de sodium : 8 gr. îi 15 gr. par 24 heures.

Phosphates : 2k'', 5 par 24 heures.

D’autre part, on recherchera la façon dont s’élimine le Heu de méthylène on l'indigo-carinin. Pour cela, on injectera dans les muscles soit 2 centimètres cubes d’une solution de bleu de mélhylène à 2K'-,'d p. 100, soit 4 centimètres cubes d’une solution d’indigo-carmin dans du sérum, solution à 4 p. 100. Le bleu de méthylène commence à s’éliminer de une demi-heure à une heure après l'injcctibn ; le maximum est vers la troisième oiKiuatrième heure, et son élimination va en déciois.sant jusejue vers la ciiuiuanlième ou soixante-douzième heure. Quehpiefois, l’élimination du bleu peut se faire sans colorer l’urine, sous forme d’un chromogène <|ue l’on décèle en faisant

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