EXPLORATION DU REIN
bouillir l'uriiie avec un peu d’acide acétique; la teinte verte apparaît alors. Il en est ainsi, en particulier, lorsque les urines sont alcalinisées. L’indigo-carmin apparaît dix minutes après l’injection et dure de deux à cinq heures.
On ])ourra également faire l’épreuve de la phlorizine; pour cela, on injecte sous la peau 2 centimètres cubes d’une solution de phlorizine à 1 p. 200. Normalement, le sucre apparaît au bout d’une demi-heure ; la glycosurie dure de deux à quatre heures, et la quantité de sucre éliminée est de 1 à2 grammes.
L’épreuve de la polyurie expérimentale paraît avoir aussi de la valeur. Normalement, lorsqu’un sujet absorbe une certaine quantité d’eau, la quantité d’urine augmente dans la deuxième demiheure; elle atteint son maximum dans cette deuxième demi-heure pour diminuer au commencement de la troisième.
Toutes ces épreuves n’ont pas une valeur absolue, considérées isolément; elles en acquièrent une très grande lorsque leurs résultats concordent. Mais il faut bien remarquei' qu’elles n’indiquent pas que le rein est sain, mais simplement qu’il est capable d’assurer l'élimination. Certaines affections, qui n’altèrent que partiellement le parenchyme rénal, ne provoquent, en effet, aucune modification dans la composition normale de l’urine.
Lorsque les reins sont atteints, en dehors du sang, du pus, des microbes que l’on peut trouver dans l’urine, celle-ci présente des modifications dans sa composition, son indice cryoscopique ; d’autre part, les éliminations du bleu, du sucre et la polyurie expérimentale sont différentes de ce qu’elles sont à l’état normal.
Toute diminution dans la quantité d’urée, d’acide urique, d’acide phosphoriqiie, indique des lésions rénales ou un état général très défectueux; l’élimination du chlorure de sodium, même dans ce cas, peut rester normale; d’autre part, bien souvent, on trouve de l’albumine.
8i l’on considère l’indice cryoscopique, on le trouve abaissé, à moins qu’il n’y ait polyurie expliquant la moindre concentration.
L élimination du bleu de méthylène se trouve modifiée de façon variable . elle peut être ti'op précoce, indiquant des lésions épithéliales; lai'flive, elle coi'respond à une pei’méabilité diminuée du fait de lésions scléreuses. L’intensité de la coloi-ation de l’ui-ine peut être faible, indice d’une perméabilité moindi’e ; la dui'éc de l’élimination peut être enfin prolongée du fait encoi-e de ce défaut de perméabilité.
Quant à l’élimination du sucre, on en i-etii'cra des notions, .surtout en considérant la quantité éliminée.
I>. Valeur relative des reins. — Pour apprécier la valeur relative des reins, il faut examiner séparément l’urine de chacun des reins, obtenue par le cathétérisme des uretères, ou, en cas d’impossibilité, parla division vésicale.
Voici en somme comment l’on procédera:
Une heure avant le cathétérisme urétéral, on pourra donner, si le malade paraît sensible, ou la vessie un peu douloureuse, un lavement ainsi composé, à conserver :
Antipyrine 2 grammes.
Laudanum XV gouttes.
Eau bouillie tiède 100 grammes.
Un quart d’heure avp,nt, on pratiquera une injection sous-cutanée de 2 centimètres cubes d’une solution de phlorizine à 1 p. 200.
On pratiquera le cathétérisme du côté malade ; ce n’est qu’au cas où il n’y aurait pas de lésions inflammatoires de la vessie que l’on pratiquerait le cathétérisme du côté supposé sain, si l’on ne parvenait pas à cathétériser le côté malade. La sonde urétérale sera laissée à demeure et fixée; puis une sonde vésicale sera mise en place. On notera, au moyen de deux étiquettes collées sur les sondes, le côté auquel elles correspondent.
Le malade sera alors reporté dans son lit et, immédiatement, l’on pratiquera une injection de 2 centimètres cid)es de la solution de bleu de méthylène à 2e'', 'jO p. 100. D’autre part, à la fin de la première demi-heure, on fera boire trois verres d’une tisane diurétique.
On aura eu soin de se précautionner de huit petits ballonsen verre, éli([uetés ; quatre ballons seront maniués de la lettre G, quatre de la lettre 1), indiquant le côté; d'autre part, les numéros 1, 2, 3, 4 seront inscrits, correspondant à quatre séries de deux ballons I) et G.
Toutes les demi-heures, on changera la série des ballons, on ayant bien soin de mettre successivement dans l’ordi'e les séries!, 2, 3, 4 et les ballons I) et G, à la place indiquée par les lettres placées sur les sondes.
Au bout de deux heures et demie, on retirera les sondes ; avant do retirer la sonde urétéi'ale, on injectera dans son intérieur, au moyen d’une seringue à instillation, 5 centimètres cubes de nitrate d ai'gent à t p. 100.
Au cours du temps employé pour recueillir les urines, on s assurera que les .sondes fonctionnent; pour la soude vésicale, en particulier, il arrive (|uehpiefois tpie, sortant de la vessie, elle cesse de fonctionner: il faudrait simplement la remetire au point. La sonde
EXPLORATION. — EXPLORATION DU REIN
ut'élérale peut s’oblitérer surtout au cas de pyurie: une injection la déboucherait.
On aura ainsi obtenu, demi-heure par demi-heure, l’urine sécrétée par les deu.x reins ; leur examen permettra de reconnaître la quantité d’urine, l’indice cryoscopique, sa composition, le moment où s'est produite l’élimination du bleu, du sucre, et la façon dont les reins ont réagi sous l’influence de l’absorption de liquide. On pourra alors juger en connaissance de cause de la valeur approximative des deux reins.