III. - RUPTURES DE L’URÈTRE
Aperçu anatomo-clinique. — Sous le nom de ruptures de l’urètre, il faut entendre les solutions de continuité de ce canal, profluitesparun traumatisme agissant de dehors en dedans, sans provoquer de solution de continuité des téguments.
On peut les rencontrer dans la région pénienne, par suite d’un coup appliqué sur la verge, surtout si celle-ci est en érection, d’un pincement du pénis, d’un ell'ort violent et maladroit au momeni d’un coït, du redressement de la verge dans une érection au coui's d’une blennoi’i’agie coi'dée. Plus souvent, on les observe dans la région bulbo-périnéale, consécutives à des chutes à califourchon, c\
des traumatismes portant sur le périnée. La rupture peut enfin exister dans la région membraneuse, et, dans ce cas, elle se présente comme une comj)lication des traumatismes du l)assin, soit qu'une esquille de fracture vienne léser l’urètre, soit que l’aponévrose moyenne tiraillée au cours d’une fracture ou d’une dislocation du bassin arrache la portion de l’urètre qui la traverse. La portion prostatique de l’urètre n’est pour ainsi dire jamais intéressée; elle ne peut l’être qu’au cours d’une fracture du bassin.
Les lésions varient suivant l’intensité et la nature du traumatisme, depuis la simple déchirure de la muqueuse urétrale jusqu’à la séparation totale de l’urètre en deux bouts, dont l’écartement longitudinal et le déplacement transversal dépendent de l’état des tissus environnants.
La simple déchirure des trabécules du corps spongieux sans solution de continuité de la muqueuse urétrale, que l’on range dans les ruptures de l’urètre, mérite à tous points de vue d’en être séparée; il s’agit de contusion de l’urètre, dont la thérapeutique est toute différente de celle des, ruptures.
Traumatisme, urétrorragie et quelquefois impossibilité d’uriner feront immédiatement affirmer l’e.xistence d’une rupture de l’urètre.
Les deux gros dangers des ruptures de l’urètre sont: immédiatement, Tinfeclion du foyer sanguin péri-urétral, pouvant aboutir au phlegmon urineux péri-urétral diffus, infiltration d’urine; à brève échéance, l’apparition d’un rétrécissement serré et indilalable avec toutes ses conséquences.
Indications. — Appelé auprès d’un malade qui vient d’être atteint d’une rupture de l’urètre, on commencera ])ar s’abstenir de toute manœuvre exploratrice du côté du canal : pas de sondage pour savoir si la rupture est complète ou incomplète, si la sonde peut ou non passer.
Dans le cas où l’hémorragie semblerait inquiétante, on aurait recours à la glace appliquée au périnée, et ce serait une raison de précipiter l’intervention si elle persistait.
bientôt le malade éprouvera le besoin d’uriner, et, de deux choses l’une, ou bien il pourra le .satisfaire sans difficulté, ou bien la miction sera complètement impossible.
Si la miction est possible, rien à faire, laisser le malade uriner seul; ce ne seraitque dans le cas où les urines seraient septi(|ues que l’on pourrait essayer très prudemment de placer une sonde à demeure; encore celle-ci n’est-ellc pas toujours utile pour la cicatrisation. Peu à peu, la cicati isation de la plaie urétrale se fera, et, lorsipi’on la supposera achevée, au bout de Lois semaines, on pourra