THÉRÈSE, HENRI
HENRI
madame... vous votdiez, je crois.
P.irdo entrer dans cette chambre?...
Oui, monsieur; j'ignorais qu'elle fût occupée; j'arrive de Londres, et on n'a pas songé à me dire qu'en mon absence...
HENRI
La nuit m'a surpris en voyage, et on m'a donné l'hospitalité.
On a bien fait, monsieur;je suis la maîtresse de la maison , et je regrette de n'avoir pas été là pour vous recevoir moi-même. Si j'en crois votre costume, vous êtes étranger.
HENRI
Oui. . étranger.
Vous me semblez Français.
UENRI.
11 est vrai, et je profite de la paix pour visiter ce royaume.
Je repars au point du jour, et j'en suis fâchée ; si j'avais pu vous être utile en ce pays. Vos traits vos manières, disent tout de suite du bien de vous... Pardon d'avoir troublé votre repos; permettez-moi de prendre un portefeuille qui est resté dans cette chambre, et je me retire aussitôt.
( Elle entre.)
HENRI , seul un instant.
A chaque instant une émotion nouvelle! cette femme qui ne peut reconnaître eu moi l'enfant de son bienfaiteur, tandis que le son de sa voix me rappelle tant de souvenirs!... j'ai pensé me trahir; je tremblais en lui parlant, et des larmes roulaient dans mes yeux !
THÉRÈSE , revenant , la physionomie altérée, et parlant avec émotion.
Vous pouvez, monsieur, rentrer quand il vous plaira... ( Henri salue et va pour rentrer.) mais, si je ne songeais à la fatigue ordinaire d'un voyageur, je vous demanderais un moment d'entretien.
HENRI
Que vous plaît-il, madame?
Pardonnez ma franchise et des soupçons peut-être mal fondés; mais nous sommes dans un pays où la guerre civile est apaisée à peine ft où les divers partis redoutent la trahison.
HENRI , surpris.
Hé bien?...
Vous m'avez dit (|ue vous (itiez Français...