‹ Thérèse: opéra comique en deux actesChapitre 40 sur 53 · UE>RI · texte numérisé non relu

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Elle est naturelle puisque vous avez connu sa famille.

Oui... Que vous disait-il de son pays?

HE^RI, s animant.

Son pays!... il voudrait l'oublier pour oublier aussi qu'il y fut victime d'une odieuse trahison et de la plus basse ingratitude!

Quel est l'homme de son parti qui n'ait pas à se plaindre du sort et des hommes?

HENRI

Oh ! il a du courage pour supporter ses malheurs politiques ; c'est le destin commun aux serviteurs du roi; mais il versait des larmes amères quand il nous racontait une autre infortune dont le souvenir, disait-il , sera toujours le plus douloureux de sa vie.

Et quoi donc ?

HENRI, à part.

Oui I... c'est une vengeance !

there.se.

Eh bien, il vous disait!...

HENRI

lîélas ! madame, c'était quelques jours après la bataille de Worcester. Poursuivi , condamné, risquant sa vie à chaque pas, Henri parvint un soir à se f,lisser dans les bruyères jusqu'à la porte de son château. Son père était mort. Une femme, une gouvernante qui avait soigné son enfance , qu'il appelait sa seconde mère, était restée dépositaire d'un trésor considérable; il venait demander ce dernier tlébris de sa fortune; mais celte femme infidèle, trahissant ses bienfaiteurs , faisait déjà cause commune avec les soldats du Parlement : et son malheureux maître, caché dans le feuillage, fut témoin de sa perfidie! Il vit un homme, conduit par elle, aller chercher dans le creux d'un arbre le trésor de son père, et tous deux, à l'instant, coururent acheter pour eux les domaines de l'orphelin !... Et lui, désespéré, regagna le rivage et partit^pour la France !

THÉRÈSE , fort troublée, et s'appuyant à un siège. Ah ! mon soupçon redouble !... voyons !

HENRI

Que pensez-vous d'un trait aussi noir?... Mais vous souffrez, madame, et votre émotion...

THÉRÈSE, avec effort, et froidement.

Moi ?... en aucune façon. Pourquoi serais-je émue d'un récit que je ne puis croire véritable?

HENRI

Eh quoi?...

Non, monsieur; jamais dans le pays on n'a parlé de cette aventure ; c'est un conte fait a plaisir. Non, ce jeune lord est la seule cause de son malheur, et sa folie a désolé son père. HENRI, se contraignant à peine.

Que dites-vous, madame?..

THÉrÈsE , I observant loujours.

La vérité. Le vieux comte de Linsdor était un homme sage, qui s'inquiétait fort peu du Pioi ou du Parlement pourvu qu'on le laissât riche et paisible dans ses terres : ce n'est pas lui qui aurait imité son fils et qui serait allé se battre à Worcester : sa politique était plus adroite; et voyant la partie perdue pour la maison régnante, il se fut arrangé sans peine et tout doucement avec Cromwel.

HENRI, s'emportant.

O ciel!. . calomnier un vieillard dans la

tombe !...

THÉRÈSE, vivement , à part.

C'est lui!...

HENRI, prenant sur lui avec effort.

Pardon , madame !.. je vois que nous ne pouvons nous entendre... la suite de cet entretien serait, au moins, inutile: perraettez-nioi de vous quitter et de vous dire adieu : car le jour paraîtra bientôt et je vais partir. (Bas en entrant dans la chambre } Oh ! rpielle indignité !

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