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son rapport sur les événements du 9 thermidor (*) ; enfin les rapports adressés à Barras par les divers présidents de section quelques jours après la catastrophe (■). Mais ces trois sources d'informations sont également suspectes. De la dernière il est à peine besoin de parler ; on sent assez dans quel esprit ont dû être conçus des rapports rédigés à la demande expresse des vainqueurs quatre ou cinq jours après la victoire. C'est le cas de répéter : Malheur aux vaincus/
Suivant les procès-verbaux consignés dans les registres des sections et les résumés qu'en a donnés Courtois, il semblerait que la plus grande partie des sections (assemblées générales, comités civils et comités révolutionnaires) se fussent, dès le premier moment, jetées d-enthousiasme entre les bras de la Convention, après s'être énergiquement prononcées contre le conseil général de la Commune. C'est là, on peut Taffirmer, une chose complètement contraire à Ja vérité. Les procès-verbaux sont d'abord, on le sait, rédigés sur des feuilles volantes, puis mis au net, et couchés sur des registres par les secrétaires. Or, il me parait hors de doute que ceux des 9 et 10 thermidor ont été profondément modifiés dans le sens des événements ; ils eussent été tout autres si la Commune Tavait emporté. N'ont point tenu de procès- verbaux, ou ne les ont pas reportés sur leurs registres, les sections du Muséum (Louvre) (^), du Pont-Neuf {^), des Quinze- Vingts
(*) Voyez ces rësumés, plus ou moins exacts, à la suite du rapport de Courtois sur les événements du 9 Thermidor, de la p. 126 à la p. 182.
(«) Archives F 7, 1432.
(3) Suivant Courtois, cette section ne se serait réunie qu'après la victoire remportée sur les traîtres. Voy. pièces à l'appui de son rapport sur les événements du 9 Thermidor, p. 146.
{*) D'après Courtois, cette section, dans l'enceinte de laquelle se trouvaient la mairie et l'administration de police, n'aurait pas voulu se réunir en assemblée générale, et elle se serait conduite de manière à méHter les éloges. On comprend tout l'intérêt qu'avait Courtois à
aifi TUERMIDOR
(faubourg Saint-Antoine) (*), de la Réunion (*), de Ylnàmsibilitê (*) et des ChQmf)S'Elysée8{^}. De ces six sections, la prcMnirre et ia dernière seules ne prirent pas résolument parti pour la Commune; les autres tinrent pour elle jusqu'au dernier moment. Plus ardente encore se montra celle de V Observatoire, qui ne craignit pas de transcrire sur ses registres Tex trait suivant de son procès-verbal: « La section a ouvert la séance en vertu cl*une convocation extraordinaire envoyée par le conseil général delà Commune. Un membre a rendu compte des événements importants qui ont eu lieu aujourd'hui. L'Assemblée, vivement affligée de ces événements alarmants pour la liberté, et de Tavis qu'elle reçoit d'un décret qui met hors la loi des hommes jusqu^ici regardés comme des patriotes zélés pour la défense du peuple, arrête qu'elle se déclare permanente et qu'elle ajourne sa séance à demain, huit heures du matin... ('). » Mais toutes les sections n'eurent pas la même fermeté.
Voici vraisemblablement ce qui se passa dans la plupart des sections parisiennes. Elles savaient fort bien quel était
l»r('»sent(H' reiisoinble dos si^ctions comme s'étant montre hostile à la Commune. (Voy. p. 153.)
(1) Pour c(^ qui concerne celle section, Courtois parait avoir écrit sa rédaction d'après des rapports verbaux (Voy. p. 173;. A cette section appartenait le général Rossignol, lequel, malgré son attachement pour Robespierre, qui l'avait si souvent défendu, trouva gnice devant les Thermidoriens. « Le général Rossignol, dit Courtois, s'est montré la section des Quinze-Vingts, et n'a pris aucune part à co qui peut avoir été dit de favorable pour la Commune... » «P. 174.)
('^) Lg commandant de la force armée dt^ cette section avait prêté serment à la Commune, mais Courtois ue croit pds qu'il se soit éloigné delà voie de l'honneur (p. 145). Livré néanmoins au tribunal révolutionnaire, ce commandant eut la chance d'être acqutté.
('') Courtois paraît avoir en entre les mains la minute du procès-verbal de la séance de cette section, (jui, dit-il, llotta longtemps drtns l'incertitude sur le parti qu'elle pnuidrait {p. 142.)
(*) « La section des Champs-Elysées, dit Courtois, a cru plus utile de défendre de .ses armes la Convention. » (P. 141.)
(^) Archives de la préfectui-e de police.
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l'objet de leur convocation, puisqu'à chacune d'elle la Commune avait adressé la proclamation .dont nous avons cité la teneur. Au premier moment, elles durent prendre parti pour le conseil général. A dix heures du soir, vingtsept sections avaient envoyé des commissaires pour fraterniser avec lui et recevoir ses ordres (*). Nous avons sous les yeux les pouvoirs régulièrement donnés à cet effet par quinze d'entre elles à un certain nombre de leurs membres {^), sans compter Tadhésion particulière de divers comités civils et révolutionnaires de chacune d'elles. Plusieurs, comme les sections Poissonnière, de BrutuSy de Bondy, de la Montagne et autres, s'empressèrent d'annoncer à la Commune qu'elles étaient debout et veillaient pour sauver la patrie (*). Celle de la Cité^ qu'on présente généralement comme s'étant montrée très opposée à la Commune, lui devint en effet très hostile, mais après la victoire de la Convention. A cet égard nous avons un aveu très curieux du citoyen Leblanc, lequel assure que le procès-verbal de la séance du 9 a été tronqué (*). On y voit notamment que le commandant de la force armée de cette section, ayant reçu de l'administrateur de police Tanchoux l'ordre de prendre sous sa sauvegarde et sa responsabilité la personne de Robespierre, refusa avec indignation et dénonça le fonctionnaire rebelle ('). Or, les choses s'étaient passées tout autrement.
(*) C'est ce qui résulte du procès-verbal même de la section de Mutins Scœvola. {Archives de la préfecture de police.)
(2) Pouvoirs émanés des sections de la Fraternité, de V Observatoire, du Faubourg du Nord, de Mutius Scœvola, du Finistère, de la Croix-Rouge, Popincourt, Marat, du Panthéon français, des Sans- Culottes, des Amis de la Patrie, de Montreuil, des Quinze-Vingts, du Faubourg- Montmartre, des Gardes-Françaises, (Pièce de la collection Beuchot.)
(3) Rapports adressés à Barras. {Archives, F. 7, 1432.) (*) Ibid,
C^j Registre des procès-verbaux des séances de la section de la Cité. (Archives de la préfecture de police.)
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Cet officier, nommé Vanheck, avait, au contraire, très chaudement pris la parole en faveur des cinq députés arrét<^». Hicontant la séance de la Convention à laquelle il avait «assisté, et où, selon lui, « les vapeurs du nouveaa Marais inrectaient les patriotes », iiâ*était écrié : « Toutes les formes ont été violées; à peine un décret d'arrestation était-il proposé qu*il était mis aux voix et adopté. Nulle discussion. Les cinq députés ont demandé la parole sans Tobtenir ; ils sont maintenant à Tadministration de police (*). » Invité à prendre ces, représentants sous sa sauvegarde, il s'y était refusé en effet, par prudence sans doute, mais en disant qu*à ses yeux Robespierre était innocent. Il y a loin de là, on le voit, à cette indignation dont parle le procès- verbal remanié après coup. Eh bien! pareille supercherie eut lieu, on peut en être certain, pour les procès-verbaux de presque toutes les sections.
Celle des Piques (place Vendôme), dans la circonscription de laquelle se trouvait la maison de Duplay, se réunit dès neuf heures du soir, sur la convocation de la Commune, et non point vers deux heures du matin seulement, coniino rallègue mensongèrcuent Coiirtnis, qui d'ailleurs est obligé de convenir qu'elle avait promis de fraterniser avec la Société des Jacobin.^., a devenue complice des rebelhîs » (•). Le procès-verbal de cette section, très longuement et très soigiïeiisement rédigé, proteste en effet d*un dévouement sans bornes pour la Convention; mais on sent trop qu'il a été fait après coup (^). Là, il n'est point question de l'heure à laquelle s'ouvrit la séance; mais, des pièces que nous avons sous les yeux, il résulte que, dès neuf heures, elle était réunie; que Maximilien Robespierre, son ancien président, y fut l'objet des mani-
(M Rapport à Uarras. Archives^ uhi suprà.)
(2) Pièces à la suite du rapport de Courtois sur les événements du 9 Thermidor, p. \'y\).
(3) Voyez le procès-verbal de la séance de la section des Piques. (Archive;; de la préfecture de police.)