MOUVEMENT DES SECTIONS
festations les plus chaleureuses; que Tannonce de la mise en liberté des députés proscrits fut accueillie vers onze heures avec des démonstrations de joie ; qu'on y proposa de mettre à la disposition de la Commune toute la force armée de la section, et que la nouvelle du dénoûment tragique et imprévu de la séance du conseil général vint seule glacer l'enthousiasme (*),
Il en fut à peu près de même partout. Toutefois, dans nombre de sections, la proclamation des décrets de mise hors la loi, dont nous allons parler bientôt, commença de jeter une hésitation singulière et un découragement profond. Ajoutez à cela les stratagèmes et les calomnies dont usèrent certains membres de la Convention pour jeter le désarroi parmi les patriotes. A la section de Marat (Théâtre-Français), Léonard Bourdon vint dire que, si jusqu'alors les cendres de Marat n'avaient pas encore été portées au Panthéon, c'était par la basse jalousie de Robespierre, mais qu'elles allaient y être incessamment transférées (^). Le député Crassous, patriote égaré, qu'à moins d'un mois de là on verra lutter énergiquement contre la terrible réaction, fille de Thermidor, annonça à la section de Brutus qu'on avait trouvé sur le bureau de la municipalité un cachet à fleurs de lys ('), odieux mensonge inventé par Vadier, qui s'en excusa plus tard en disant que le danger de perdre la tète donnait de l'imagination (*). Il suffît de la nouvelle du meurtre de Robespierre et de la dispersion des membres de la Commune pour achever de mettre les sections en déroute. Ce fut un sauve-qui-peut général. Chacun d'abjurer et de se rétracter au plus vite (^). Le grand patriote, qui, peu dinstants
(1) Archives, F 7, 1432.
(3) Pièces à la suite du rapport de Courtois, p. 136. (3) Archives, F 7, 1432.
{*) Aveu de Vadier à Gambon. Voyez à ce sujet une note des auteurs Je ïHistoire parlementaire, t. XXXIV, p. 59.
^) Voici un spécimen du genre : • Je soussigné, proteste contre tout
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auparavant, comptait encore tant d'amis inconnus, tant de partisans, tant d*admirateurs passionnés, se trouva abandonné de tout le monde. Les sections renièrent à TeaTl Maxiniilien; mais en le reniant, en abandonnant ktm ennemis cet intrépide défenseur des droits du peuple, difli accomplirent un immense suicide; la vie se retira d^elles; À partir du 9 Thermidor elles rentrèrent dans le néanL