‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 12 sur 123 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Enfance et jeunesse de Robespierre. — Ses sucoès au barreau. — Son goût pour les lettres. — La société des Rosati. — Discours sur les peines infamantes. — L'éloge de Gresset. — Rolxîspierre est nommé député aux États-généraux. — Le suffrage universel. — Juifs et comédiens. — Popularité de Robespierre. — La pétition Laclos. — Robespierre chez Duplay. — Triomphe de Robespierre. — Discussions sur la guerre. — Dumouriez aux Jacobins. — Le bonnet rouge. — Le 10 août. — Les massacres de septembre. — L'accusation de dictature. — Lutte entre la Gironde et la Montagne.— Le tribunal révolutionnaire. — Les 31 mai et 2 juin. — Les 73 girondins sauvés par Robespierre. — Voix d'outre tombe. — Le colossal effort de la France. — Lutte en faveur Je la tolérance religieuse. — Maladie de Robespierre. — Fin de l'hébertisme. — Les Dantonistes sacrifiés. — Effet de la mort des Dantonistes. — Hoche et Robespierre. — Reconnaissance de l'Être suprême.

Avant de mettre sous les yeux du public le drame complet de Thermidor, d'en exposer, à l'aide d'irréfutables documents, les causes déterminantes, et d'en faire pressentir les conséquences, il importe, pour l'intelligence des faits, d'esquisser rapidement la vie de l'homme qui en a été la principale victime et qui est tombé, entraînant dans sa chute d'incomparables patriotes et aussi, hélas ! les destinées de la République.

Maximilien- Marie -Isidore de Robespierre naquit à Arras le 6 mai 1758 (^). Sa famille était l'une des plus

(*) Nous empruntons, en partie, cette esquisse de la vie de Robespierre à la Biographie universelle de Michaud (nouvelle édition), pour laquelle nous avons écrit, il y a une trentaine d'années, les articles Robespierre aîné, Robespierre jeune, Charlotte Robespierre, etc.

anciennes de FArtois. Son père et son grand-père avaient exercé, Tun et Tautre, la profession d'avocat au conseil provincial d'Artois. Sa mère, femme d*une grÀce et d*un esprit charmants, mourut toute jeune encore, laissant quatre enfants en bas âge, deux fils et deux filles. Le père, désespéré, prit en dégoût ses afi'aires ; il voyagea pour essayer de faire diversion à sa douleur, et, peu de temps après, il mourut à Munich, dévoré par le chagrin.

Maximilien avait un peu plus de neuf ans ; c'était Talné de la famille. D'étourdi et de turbulent qu'il était, il devint étonnamment sérieux et réfléchi, comme s'il eût compris qu'il était appelé à devenir le soutien de ses deux sœurs et de son jeune frère.

On le mit d'abord au collège d'Arras ; puis bientôt, par la protection de M. de Gonzié, évéque de la ville, il obtint une bourse au collège Louis-le-Grand. Il y fut le plus laborieux des élèves, le plus soumis des écoliers, et, chaque année, son nom retentissait glorieusement dans les concours universitaires. Il y avait en lui comme une intuition des vertus républicaines. Son professeur de rhétorique, le doux et savant M. Hérivaux, l'avait surnommé le Romain.

Ses études classiques terminées, il fit son droit, toujours sous le patronage du collège Louis-le-Grand, dont l'administration, dès qu'il eut conquis tous ses grades, voulant lui donner une marque publique de Testime et de l'intérêt qu'elle lui portait, décida, par une délibération en date du 19 juillet 1781 que, « sur le a compte rendu par M. le principal, des talents éminents « du sieur de Robespierre, boursier du collège d'Arras, « de sa bonne conduite pendant douze années et de ses « succès dans le cours de ses classes, tant aux distribua tions de l'Université qu'aux examens de philosophie M et de droit », il lui serait alloué une gratification de six cents livres.

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