‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 29 sur 123 · AFFAIRE DE CATHERINE TUÉOT · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE CATHERINE TUÉOT

des assassins de Robespierre « pour que lear exécutioa Tassassinàt moralement » ? Je ne saurais Je dire ; mais ce qu'il est impossible d'admettre, c'est qu'Elie Lacoste ait obéi au même sentiment en impliquant dans son rapport comme complices du baron de Batz les quatre administrar leurs de police Froidure, Dangé, Soulès et Marino, compromis depuis longtemps déjà, et qui se trouvaient en prison depuis le 9 germinal (29 mars 1794) quand Fouquier- Tinville les joignit aux accusés renvoyés devant le tribunal révolutionnaire sur le rapport de Lacoste.

 la suite de ce rapport, la Convention nationale chargea, par un décret, l'accusateur public de rechercher tous les complices de la conspiration du baron de Batz ou* de l'étranger qui pourraient être disséminés dans les maisons d'arrêt de Paris ou sur les différents points de la République. Voilà le décret qui donna lieu aux grandes fournées de messidor, qui permit à certaines gen^ de multiplier les actes d'oppression qu'on essayera de mettre à la charge de Robespierre, et contre lesquels nous l'entendrons s'élever avec tant d'indignation.

Si l'affaire des Chemises rouges ne fut pas positivement, dirigée contre Robespierre, on n'en saurait dire autant de celle dont le lendemain, 27 prairial (15 juin 1794), Vadier vint présenter le rapport à la Convention nationale.

Parce qu'un jour, aux Jacobins, Maximilien avait invoqué le nom de la Providence, parce qu'il avait dénoncé, comme impolitiques d'abord, et puis comme souverainement injustes, les persécutions dirigées contre les prêtres en général et les attentats contré la liberté des cultes, le» Girondins, l'avaient autrefois poursuivi de leurs épi-«; grammes les plus mordantes, et ils s'étaient ingéniés, pour faire de ce propre fils de Rousseau et du rationalisme. .« ua

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prêtre. On a dit, il y a longtemps, que le ridicule tue en France, et Ton espérait tuer par le ridicule celui dont la vie privée et la vie publique étaient au-dessus de toute attaque. Copistes et plagiaires des Girondins, les Thermidoriens imaginèrent de transformer en une sorte de messie d'une secte d'illuminés l'homme qui, réagissant avec tant de courage contre Tintolérance des indévots, venait à la face de l'Europe de faire, à la suite du décret relatif à l'Être suprême, consacrer par la Convention la pleine et entière liberté des cultes (*).

Il y avait alors, dans un coin retiré de Paris, une vieille femme nommée Catherine Théot, chez laquelle se réunissaient un certain nombre d'illuminés, gens à cervelle étroite, ayant soif de surnaturel, mais ne songeant guère à conspirer contre la République. La réception des élus pouvait prêter à rire : il fallait, en premier lieu, faire abnégation des plaisirs temporels, puis on se prosternait devant

(*) Dans le chapitre de son Histoire, consacré à Catherine Théot. M. Michelet procède à la fois des Girondins et des Thermidoriens. Il nous montre d'abord Robespierre tenant sur les fonts de baptême l'enfant d'un jacobin catholique, et obligé de promettre que l'enfant serait catholique. (P. 31)5.) Ici M. Michelet ne se trompe que de deux ans et demi ; il s'agit, en eflet, de l'enfant de Deschamp, dont Robespierre fut parrain en janvier 1792. Puis, parce que, dans une lettre en date du 30 prairial, un vieillard de quatre-vingt-sept ans écrit à Robespiern» qu'il le regarde comme le Messie promis par l'Être éternel pour réformer toute chose (numéro Xll, à la suite du rapport de Courtois}, M. Michéietassiivc que plusieurs lettres lui venaient qui le déclaraient un messie. Puis il nous parle d'une foule de femmes ayant chez elles son portrait appendu comme image sainte. Il nous montre des généraux, des femmes, portant un petit Robespierre dans leur sein, baisant et priant la miniature sa.crée. Dans tous les cas, cela prouverait qu'on ne regardait guèi^e Maximilien comme un suppôt de la Terreur. El, entraîné par la fantaisie furieuse qui le possède, M. Michelet nous représente des saintes femmes, une baronne, une M"» de Chalabre, qu'il transforme en agent de police de Robespierre, joignant les mains et disant : « Robespierre, tu es Dieu ». Et de là l'historien part pour accuser Maximilien d'encourager ces outrages à la raison. (T. VU, p. 366). Comme si, en supposant vraies un moment les plaisanteries de M. Micliclet, Robespierre eût été pour quelque chose là dedans.

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