CHAPITRE CINQUIÈME
LAchetés et apostasies. — Rares exemples de fidélité. — Moyens d'action de la calomnie. — Les continuateurs de Courtois. — Rouget de Lisle et Robespierre. — Les vaincus au âiéfttre. — L'historien Montjoie. — Le véritable sentiment populaire. — L*opinlon deBoissyd'Anglas. — Hésitation du comité de Salut public. — Oi d*indignati(m. -^ De Çamot et de Robespierre. — L'accusation de dictature. — Protestations de Saint-Just. — Manœuvres thermidoriennes. — Amar et Voulland aux Madelonnettes. — Les conjurés et les députés de la droite. — Lettres anonymes. — Inertie de Robespierre. — Ses alliés. — Le général Hanriot. — Séances des comités les 4 et 5 thermidor.— Avertissement de Saint-Just.
Après Thermidor, une effroyable terreur s'abattit sur les patriotes ; ce fut le commencement de la Terreur blandie. De toutes les communes de France, une seule, je crois, eat le courage de protester contre cette funeste journée, ce fut la commune de Dijon. Mais ce fut une protestation isolée, perdue dans le concert des serviles adresses de félicitations envoyées de toutes parts aux vainqueurs. Malheur en effet à qui eût osé ouvrir la bouche pour défendre la mémoire de Robespierre 1 On vit alors se produire les plus honteuses apostasies. Tels qui avaient porté aux nues Maximilien vivant et s'étaient extasiés sur son humanité, sur son amour de la justice, firent chorus avec ses calomniateurs et ses assassins, et l'accablèrent, mort, des plus indignes outrages.
Les Girondins sauvés par lui, les Mercier, les Daunou, les Baladin, les Olivier de Gérente et tant d'autres injurièrent bassement l'homme qui, de leur propre aveu, les avait par trois fois sauvés de la mort, et vers lequel ils avaient poussé un long cri de reconnaissance. Mais, passé Thermidor, leur reconnaissance était avec les neiges d'antan. Celui qu'en messidor de l'an II, Boissy-d'Anglas présentait au monde