INTERROGATOIRE DE SIMON DUPLAY
Demeurant à Paris, rue Honoré, section des Piques, n» 366, chez son oncle, Maurice Duplay.
D. N'est-ce pas chez ton oncle que logeaient les Robespierre?
R. Oui, mais Robespierre jeune en est sorti après son retour de l'armée dltalie pour aUer loger rue Florentin.
D. N'as-tu pas connaissance que le 8 thermidor ou quelques jours auparavant plusieurs membres du comité de Salut public dihèrent chez Robespierre aîné?
R. Non. Excepté Barère qui y dîna dix, douze ou quinze jours auparavant «ans préciser le jour.
D. N'as-tu pas connaissance que Saint- Just et Le Bas y dînèrent à la même époque ?
R.Non.
D. Dans le dîner où s'est trouvé Barère, ne l'as-tu pas entendu proposer à RobespieiTe de se raccommoder avec les membres de la Convention et des Comités, qui paraissaient lui être opposés?
R. Non. Je crois même que le dîner doijt il s'agit précéda la division qui, depuis, a éclaté au Comité.
D, Ne sais-tu pas que Robespierre, indépendamment de la police générale de la République, dont il s'était chargé, voulait encore diriger les armées, et que c'est de là qu'est née la division dont il s'agit?
R. Non. Je crois même que Robespierre n'entendait rien à l'art militaire.
D. Ne l'as-tu pas entendu différentes fois, le même Robespierre, déclamer contre les victoires des armées de la République, les tourner en ridicule, et dire, dans d'autres moments, que le sacrifice de 6,000 hommes n'était rien quand il s'agissait d'un principe?
R. Non. Je l'ai Vu, au contraire, différentes fois, se réjouir de nos victoires, et je ne l'ai jamais entendu tenir ce dernier propos. Simon Duplay nie que Robespierre ait fait enlever des cartons à la police, que Robespierre reçût des Anglais, des étrangers. Parfois des étrangers qui, obligés de sortir de Paris, réclamaient l'exception. Il n'a vu ni Fleuriot, ni Hanriot, venir chez Robespierre.
(Archives W, 79.)
inquiétude, de cette inquiétude qu*on ne peut s*einpécher de ressentir la veille d*une bataille.
En rentrant dans la maison de son hôte, il trouva le citoyen Taschereau, dont nous avons déjà eu occasion de parler, et il lui fit part de son dessein de prendre la parole le lendemain à TAssemblée. — « Prenez garde », lui dit Taschereau, « vos ennemis ont beaucoup intrigué, beaucoup calomnié ». — « G*est égal », reprit Maximilien, « je n'en remplirai pas moins mon devoir ».
Depuis longtemps Robespierre n'avait point paru à la tribune de la Convention, et son silence prolongé n'avait pas été sans causer quelque étonnement à une foule de patriotes. Le bruit s'étant répandu qu'il allait enfin parler, il y eut à la séance un concours inusité de monde. Il n'était pas difficile de prévoir qu'on était à la veille de grands événements, et chacun, ami ou ennemi, attendait avec impatience le résultat de la lutte.
Rien d'imposant comme le début du discours dont nous avons mis déjà quelques extraits sous les yeux de nos lecteurs, et que nous allons analyser aussi complètement que possible. « Que d'autres vous tracent des tableaux flatteurs ; je viens vous dire des vérités utiles. Je ne viens point réaliser des terreurs ridicules répandues par la perfidie; mais je veux étoufffer, s'il est possible, les flambeaux de la discorde par la seule force de la vérité. Je vais dévoiler des abus qui tendent à la ruine de la patrie et que votre probité seule peut réprimer (*). Je vais défendre devant vous votre autorité outfôgée et la liberté violée. Si je vous dis aussi quelque
(*) Nous prévenons le lecteur que nous analysons ce discours d'après le manuscrit de Robespierre, manuscrit dans la possession duquel, quelque temps après le 9 thermidor, la famille Duplay parvint à rentrer. Les passages que nous mettons en italique ont été supprimés ou dénaturés dans l'édition donnée par la commission thermidorienne.
chose des persécutions dont je suis tobjet, vous ne m'en ferez point un crime ; vous navez rien de commun avec les tyrans que vous combattez. Les cris de Finnocence outragée n'importunent point vos oreilles, et vous n'ignorez pas que cette cause ne vous est point étrangère. »
Après avoir établi, en fait, la supériorité de la Révolution française sur toutes les autres révolutions, parce que seule elle s'était fondée sur la théorie des droits de l'humanité et les principes de la justice, après avoir montré comment la République s'était glissée pour ainsi, dire entre toutes les factions, il traça rapidement l'historique de toutes les conjurations dirigées contre elle et des difficultés avec lesquelles, dès sanaissance, elle s'était trouvée aux prises. 11 dépeignit vivement les dangers auxquels elle était exposée quand, la puissance des tyrans l'emportant sur la force de la vérité, il n'y avait plus de légitime que la perfidie et de criminel que la vertu. Alors les bons citoyens étaient condamnés au silence et les scélérats dominaient. « Ici, ajoutait-il, j'ai besoin d'épancher mon cœur, vous avez besoin aussi d'entendre la vérité. Ne croyez pas que je vienne intenter aucune accusation ; un soin plus pressant m'occupe et je ne me charge pas des devoirs d'autrui ; il est tant de dangers imminents que cet objet n'a plus qu'une importance secondaire. »
Arrêtant un instant sa pensée sur le système de terreur et de calomnies mis en pratique depuis quelque temps, il demandait à qui les membres du gouvernement devaient être redoutables, des tyrans et des fripons, ou des gens de bien et des patriotes. Les patriotes 1 ne les avait-il pas constamment défendus et arrachés aux mams des intrigants hypocrites qui les opprimaient encore et cherchaient à prolonger leurs malheurs eu trompant tout le monde par d'inextricables impostures? Étaient-ce Danton, Chabot, Ronsin, Hébert, qu'on prétendait venger ? Mais il fallait alors accuser la Convention tout entière, la justice qui les
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avait Trappes, le peuple qui avait applaudi à leur chuLe. Par le fait de qui gémissaient encore aujourd'hui dans les cachots tant de citoyens innocents ou inolFensifs? Qui accuser, sinon les ennemis de la liberté et la coupable persévérance des tyrans ligués contre fa République? Puis, dans un passage que nous avons cité plus haut, Robespierre nprochail ù ses adversaires, à ses persécuteurs, d'avoir porté la terreur dans toutes les conditions, déclaré la guerre HUi citoyens paisibles, érigé en crime des préjugés incurables ou des choses indifférentes, d'avoir, recherchant des opinions anciennes, promené le glaive sur une partie de la Convention et demandé dans les sociétés populaires les têtes de cinq cents représentants du peuple. Il rappelait alors, avec une légitime fierté, que c'était lui qui avait arraché ces députés à la fureur des monstres qu'il avait accusés. K Aurait-on oublié que nous nous sommes jeté entre eux et leurs perfides adversaires 7 » Ceux qu'il avait sauvés ne l'avaient pas oublié encore, mais depuis !
Et pourtant un des grands arguments employés contre lui par la faction acharnée à sa perte était son opposition t ta proscription d'une grande partie de la Convention nationale, h Abl certes », s'écriait-il, « lorsqu'au risque de blesser l'opinion publique, ne consultant que les intérêts sacrés de la patrie, j'arrachais seul à une décision précipitée ceux dont les opinions m'auraient conduit à l'échafaud si elles avaient triomphé ; quand, dans d'autres occasions, je m'exposais à toutes les fureurs d'une faction hypocrite pour réclamer les principes de la stricte équité envers ceux qui m'avaient jugé avec plus de précipitation, j'étais loin sans doute de penser que l'on dût me tenir compte d'une pareille conduite ; j'aurais trop mal présumé d'un pays oîi elle aurait été remarquée et où l'on aurait donné des noms pompeux aux devoirs les plus indispensables de la probité ; mais j'étais encore plus loin de penser qu'un jour on m'accuserait d'être le bourreau de ceux envers qui je les ai rem-
plis, et rennemi de la Représentation nationale, que j'avais servie avec dévouement. Je m'attendais bien moins eneore qu'on m'accuserait à la fois de vouloir la défendre et de vouloir l'égorger. »
N'avait on pas été jusqu'à l'accuser auprès de ceux qtffl avait soustraits à Téchafaud d'être l'auteur de leur perséeoh tion ! Il avait d'ailleurs très bien su démêler les trames de ses ennemis. D'abord on s'était attaqué à la Convention tout entière, puis au comité de Salut public, mais on avait échoué dans cette double entreprise, et à présent on s'efifarçait d'accabler un seul homme. Et c'étaient des représentants du peuple, se disant républicains, qui travaillaient à exécuter l'arrêt de mort prononcé par les tyrans contre les pitts fermes amis de la liberté I Les projets de dictature imputés d'abord à l'Assemblée entière, puis au comité de Salut public, avaient été tout à coup transportés sur la tête d'wn seul de ses membres. D'autres s'apercevraient du côté rMBcule de ces inculpations, lui n'en voyait que Tatrocité. «c Vous rendrez au moins compte à l'opinion publique de votre affreuse persévérance à poursuivre le projet d'égorger tous les amis de la patrie, monstres qui cherchez à me ravir l'estime de la Convention nationale, le prix le plus glorieax des travaux d'unmortel, que je n'aini usurpé ni surpris, mais que j'ai été forcé deconquérir. Paraître un objet de lerreur aux yeux de ce qu'on révère et de ce qu'on aime, c'est fKMir un homme sensible et probe le plus affreux des supplices ; le lui faire subir, c'est le plus grand des forfaits > (*) !
(1) On trouve dans les Mémoires de Charlotte Robespierre quek|ues vers qui semblent être la paraphrase de cette idée.
Le seul tourment du juste à son heure dernière, Et le seul dont alors je serai déchiré, C'est de voir en mourant la p&le et sombre envie Distiller sur mon nom l'opprobre et l'infamie. De mourir pour le peuple et d'en être abhorré.
Charlotte attribue ces vers à son frère. (Voy. ses Mémoires, p, ISt ) Je serais fort tenté de croire qu*ils sont apocryphes.
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Après avoir monlré les arrestations injusles prodiguées par des agents impurs, le désespoir jeté dans une mulU-, tude de familles attachées à la Révolution, les prêtres et le». nobles épouvantés par des motions concertées, les repré^r sentants du peuple effrayés par des listes de proscriptioa imaginaires, il protestait de son respect absolu pour Représentation nationale. En s'expliquant avec franchise sur quelques-uns de ses coUégues, il avait cru remplir un devoir, voilà tout. Alors tombèrent de sa bouche des paroles difficiles à réfuter et que l'homme de cœur ne ^eli^a^ jamais sans être profondément touché:
« Quant à la Convention nationale, mon premier devoiipj comme mon premier penchant est un respect sans borner pour elle. Sans vouloir absoudre le crime, sans vouloir jusii fler en elles-mSmes les erreurs funestes de plusieurs, saiH vouloir ternir la gloire des défenseurs énergiques de U liberté... je dis que tous les représentants du peuple doi^ le cœur est pur doivent reprendre la conSance et la dignité qui leur convient. Je ne connais que deus partis, celui di bons et celui des mauvais citoyens ; le patriotisme n'a point une affaire de parti, mais une affaire de cœur; il u consiste ni dans l'insolence ni dans une fougue passagère qui ne respecte ni les principes, ni le bon sens, ni la mo* raie... Le cœur Qétri par l'expérience de tant de trahisons,-' je crois à la nécessité d'appeler surtout la probité et tous les sentiments généreux au secours de la République. Jee< que partout où l'on rencontre un homme de bien, en quelque lieu qu'il soit assis, il faut lui tendre la main et le : rer contre son cœur. Je crois à des circonstances fatales d&nftr la Révolution, qui n'ont rien de commun avec les desseioB , criminels ; je crois à la détestable influence de l'intrigue et surtout k la puissance sinistre de la calomnie. Je vois le; monde peuplé de dupes et de fripons; mais le nombre des fripons est le plus petit ; ce sont eux qu'il faut punir ( crimes et des malheurs du monde... »
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C'était au bon sens et à la justice, ajoutait-il, i ins les affaires humaines, de séparer soigneusement l'er- :ur du crime. Revenant ensuite sur cette accusation de ictature si traîtreusement propagée par les conjurés : Stupides calomniateurs » ! leur disait-il, h vous Ôtes-vous japerçus que vos ridicules déclamations ne sont pas une ■jure faite à un individu, mais ii une nation invincible qui lorapte et qui punit les rois?.,. Pour moi , ajoutait-il en 'adressant à tous ses collègues, n j'aurais une répugnance extrême à me défendre personnellement devant vous contre la plus lÂche des tyrannies, si vous n'étiez pas convaincus que vous êtes les véritables objets des attaques de tous les ennemis de la République, Eh ! que suis-jepour mériter leurs persécutions, si elles n'entraient dans le système général de conspiration contre la Convention nationale? N'avez-vous pas remarqué que, pour vous isoler de la nation, ils ont publié à la face de Tunivers que vous étiez des dictateurs régnant par la Terreur et désavoués par le vœu tacite des Français? N'ont-ils pas appelé nos armées des Aorrfes conventionnelle», la Révolution française le jacobinisme? Et lorsqu'ils affectent de donner à un faible individu, en butte aux outrages de toutes les factions, une importance gigantesque et ridicule, quel peut être leur but, si ce n'est de vous diviser, de vous avilir, en niant votre existence m6me!... »
Puis venaient l'admirable morceau sur la dictature cité plus haut, et cette objurgation à ses calomniateurs, trop peu connue et d'une si poignante vérité : a Ils m'appellent tyran ! Si je l'étais, ils ramperaient à mes pieds, je les gorgerais d'or, je leur assurerais le droit de commettre tous les crimes, et ils seraient reconnaissants. Si je l'étais, les rois que nous avons vaincus, loin de me dénoncer (quel tendre intérêt ils prennent il notre liberté!], me prêteraient. leur coupable appui, je transigerais avec eux. Dans leur détresse qu'altendent-ils, si ce n'est le secours d'une faction pro-
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tégée par eux 7 On arrive à la lyrannie par le secours des fripons. Où courent ceux qui les combattent? Au tombeau et à l'immortalité... (Jui &iiis-je, moi qu'on accuse? Vt esclave de la liberté, un martyr vivant de la République, U victime autant que l'ennemi du crime. Tous les fripons m'outragent; tes actions les plus indifférentes, les plus Intimes de la part des autre», sont des crimes pour moi... Otez-moi ma conscienc*, je suis le plus malheureux de tom les hommes!... hII était certainement aussi habile que cofl- Forme, du reste, à la vérité, de la part de Robespierre, de rattacher sa situation personnelle à celle de la Convention et de prouver comment les attaques dont il était l'objet retombaient, en définitive, de tout leur poids sur l'Asseoiblée entière ; mais il ne montra pas toujours la même hal»leté, et nous allons voir tout à l'heure comment il apporta lui-même à ses ennemis un concours inattendu.
a Kh quoil « disait-il encore d, od assimile k la lyn l'iuQuence toute morale des plus vieux athlètes de la Bév( tion! Voulait-on que la vérité fût sans force dans la boi des représentants du peuple? Sans doute elle avait des cents tantàt terribles, tantôt louchants, elle avait ses lëres, son despotisme même, mais il fallait s'en prendre peuple, qui la sentait et qui l'aimait «.
Combien vraie cette pensée I Ce qu'on poursuivait sui en Robespierre, c'était sa franchise austère, son patriotîsi son éclatante popularité. Il signala de nouveau, comme véritables alliés des tyrans, et ceux qui prêchaient modération perfide, et ceux qui prêchaient l'exagéra) révolutionnaire, ceux qui voulaient détruire la Coav< par leurs intrigues ou leur violence et cens qui atteni à. sa justice par la séduction et par la perfidie. Etait<ce. fombattant pour la siirelé matérielle de l'Assemblée, défendant sa gloire, ses principes, la morale éternelle, qu-'i marchait au despotisme? Qu'avait-il fait autre cht ce jour?
Expliquant le mécanisme des institutions révolutionnaireSy il se plaignit énergiquement des excès commis par certains hommes pour les rendre odieuses. On tourmentait les citoyens nuls et paisibles; on plongeait chaque jour les patriotes dans les cachots. « Est-ce là », s'écria-t-il, « le gouvernement révolutionnaire que nous avons institué et défendu» ? Ce gouvernement, c'était la foudre lancée par la main de la liberté contre le crime, nullement le despotisme <ies fripons, l'indépendance du crime, le mépris de toutes les lois divines et humaines. Il était donc loin de la pensée de Robespierre, contrairement à l'opinion de quelques écrivains, de vouloir détruire un gouvernement indispensable, selon lui, à raffermissement de la République. Seulement, ce gouvernement devait être l'expression même de la justice, sinon, ajoutait-il, s'il tombait dans des mains perfides, il deviendrait l'instrument de la contre-révolution. C'est bien ce que l'on verra se réaliser après Thermidor.
' Maximilien attribuait principalement à des agents subalternes les actes d'oppression dénoncés par lui. Quant aux comités, au sein desquels il apercevait des hommes ^ dont il était impossible de ne pas chérir et respecter les vertus civiques », il espérait bien les voir combattre eux-mêmes des abus commis à leur insu peut-être et dus à la perversité de quelques fonctionnaires inférieurs. Ecoutez maintenant l'opinion de Robespierre sur l'emploi d'une certaine catégorie d'individus dans les choses de la police : « En vain une funeste politique prétendrait-elle environner les agents dont je parle d'un prestige superstitieux : je ne sais pas respecter les fripons; j'adopte bien moins encore cette maxime royale, qu'il est utile de les employer. Les armes de la liberté ne doivent être touchées que par des mains pures. Epurons la surveillance nationale, au lieu d'empailler les vices. La vérité n'est un écueil que pour les gouvernements corrompus ; elle est l'appui du
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nAlre. » Ne sont-ce point là des maximes dont tout gouve^ oement qui se respecte devrait faire son profit ?
L'orateur racontait ensuite les manœuvres criminelles employées par ses ennemis pour le perdre. Nous avons cité ailleurs le passage si frappant où il rend compte luimême, avec une précision étonnante, des stratagèmes i, l'aide desquels on essayait de le faire passer pour l'auteur principal de toutes les sévérités de la Révolution et de tour les abus qu'il ne cessait de combattre. Déjà les papiers aile* mands et anglais annonçaient son arrestation, car de jour jour Us étaient avertis que ■ cet orage de haines, de TeD> gcances, de terreur, d'amours-propres irrités, allait enfin éclater ».
On voit jusqu'où les conjurés étaient allés recruter d( alliés. Haximitien était instruit des visites faites par eu & certains membres de la Convention, et il ne le cacha pe à l'Assemblée. Seulement il ne voulut pas — et ce fut i faute, son irréparable faute — nommer tout de suite le>i auteurs des trames ténébreuses dont il se plaignait : « Jl ne puis me résoudre à déchirer entièrement le voile qa couvre ce profond mystère d'iniquités ». i
11 assigna, pour point de départ à la conjuration ourdi contre lui, le jour où, par son décret, relatif à la recomiail sance de l'Être suprême et de l'immortalité de l'îkme, I Convention avait raffermi les bases Ébranlées de la mon^ publique, frappé à la fois du même coup le despotisiu sacerdotal et les intolérants de l'athéisme, avancé d'ul demi siècle l'heure fatale des tyrans et rattaché à la caug de la Révolution tous les cœurs purs et généreux. Ce jour-lk en effet, avait, comme le dit très bien Robespierre, c laiit sur la France une impression profonde de calme, de bonheur de sagesse et de bonté ». JMais ce fut précisément ce qé irrita le plus les royalisles cachés soua le masque des ultW' révolutionnaires, lesquels, unis à certains énergumèoeH plus ou moins sincères et aux misérables qui, comme lel