‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 81 sur 123 · DISC0UHS-TE^T1ME^T 25J · texte numérisé non relu

DISC0UHS-TE^T1ME^T 25J

Fouché, les Tailien, les Rovère et quelques aulres, ne cherchaient dans la Révolution qu'un moyen de fortune, dirigèrent tous leurs coups contre le citoyen assez osé pour déclarer la guerre aux hypocrites et tenter d'asseoir la liberté et l'égalité sur les hases de la morale et de la justice.

Maximilien rappela les insultes dont il avait été l'objet de la part de ces hommes le jour de la fête de l'Être suprême, l'affaire de Catherine Théot, sous laquelle se cachait une véritable conspiration pohtique, les violences inopinées contre le culte, les exactions et les pirateries exercées sous les formes les plus indécentes, les persécutions intolérables auxquelles la superstition servait de prétexta. 11 rappela la guerre suscitée à tout commerce licite sous prétexte d'accaparement. — II rappela surtout les incarcérations indistinctement prodiguées. « Toute occasion de vexer un citoyen était saisie avec avidité, et toute vexation était déguisée, selon l'usage, sous des prétextes de bien public ».

Ceux qui avaient mené à l'échafaud Danton, Fabre d'Ëglantine et Camille Desmoulins, semblaient aujourd'hui vouloir être leurs vengeurs et figuraient au nombre de ces conjurés impurs ligués pour perdre quelques patriotes, (i Les lâches » ! s'écriait Robespierre, ti ils voulaient donc me faire descendre au tombeau avec ignominie ! et je n'aurais laissé sur la terre que la mémoire d'un tyran I Avec quelle perfidie ils abusaient de ma bonne foi ! Comme iU semblaient adopter les principes de tous les bons citoyens I Comme leur feinte amitié était naïve et caressante ! Tout à coup leurs visages se sont couverts des plus sombres nuages ; une joie féroce brillait dans leurs yeux, c'était le moment où ils croyaient leurs mesures bien prises pour m'accabler. Aujourd'hui ils me caressent; de nouveau ; leur langage est plus aifectueux que jamais. II y a trois jours ils étaient prêts à me dénoncer comme un Catilina ; aujourd'hui ils me prêtent les vertus de Caton. » — Allusion aux éloges que la veille lui avait décernés Barère.

Comme nous avons eu soin de le dire déjà, la calomnie n'avait pas mancpié de le rendre fesponsable de toutes les opérations du comité de Sûreté générale, en se fondant sur ce qu'il avait dirigé pendant quelque temps le bureau de police du comité de Salut public. Sa courte gestion, déclarat-il sans rencontrer de contradicteurs, s*était bornée, comme on Fa vu plus haut, à rendre une trentaine d*arrètés soit pour mettre en liberté des patriotes persécutés, soit pour s'assurer de quelques ennemis de la Révolution ; mais l'impuissance de faire le bien et d'arrêter le mal Favait bien vite déterminé à résigner ses fonctions, et même à ne prendre plus qu'une part tout à fait indirecte aux choses du gouvernement. « Quoi qu'il en soit, ajouta-t-il, voilà au moins six semaines que ma dictature est expirée et que je n'ai aucune influence sur le gouvernement ; le patriotisme a- t-il été plus protégé, les factions plus timides, la patrie plus heureuse? Je le souhaite. Mais cette influence s'est bornée dans tous les temps à plaider la cause de la patrie devant la Représentation nationale et au tribunal de la raison publique... » A quoi avaient tendu tous ses efforts? à déraciner le système de corruption et de désordre établi par les factions, et qu'il regardait comme le grand obstacle à l'affermissement de la République. Gela seul lui avait attiré pour ennemis toutes les mauvaises consciences, tous les gens tarés, tous les intrigants et les ambitieux.

Un moment, sa raison et son cœur avaient été sur le point de douter de cette République vertueuse dont il s'était tracé le plan. Puis, d'une voix douloureusement émue, il dénonça le projet « médité dans les ténèbres », par les monstres ligués contre lui de lui arracher avec la vie le droit de défendre le peuple. « Oh ! je la leur abandonnerai sans regret : j'ai l'expérience du passé et je vois l'avenir. Quel ami de la patrie peut vouloir survivre au moment où il n'est plus permis de la servir et de défendre l'innocence

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Opprimée? Pourquoi demeurer dans un ordre de choses où l'intrigue triomphe éternellement de la vérité, où la justice est un mensonge, où le^ plus viles passions, où les craintes les plus ridicules occupent dans les cœurs la piacc des intérêts sacrés de l'humanité? Commentsupporter le supplice de voir cette horrible succession de traîtres plus ou moins hnhiles h cacher leurs imes hideuses sous le voile de la vertu et mf me de l'amitié, mais qui tous laisseront à la postérité 'embarras de décider lequel des ennemis de mon pays fut le plus IfLche et le plus atroce? En voyant la multitude des vices que le torrent de la Révolution a roulés pêle-mêle avec les vertus civiques, j'ai craint, quelquerois, Je l'avoue, d'être souillé aux yeux de la postérité par le voisinage impur des hommes pervers qui s'introduisaient parmi les sincères amis de l'humanité, et je m'applaudis de voir la fureur des "Verres et des Catilina de mon pays tracer une ligne profonde de démarcation entre eux et tous les gens de bien. Je conçois qu'il est facile à la ligue des tyrans du monde d'accabler un seul homme, mais je sais aussi quels sont les devoirs d'un homme qui sait mourir en défendant la cause du genre humain. J'ai vu dans l'histoire tous les défenseurs de la liberté accablés par la calomnie; mais leurs oppresseurs sont morts aussi. Les bons et les méchants disparaissent de la terre, mais à des conditions différentes. Français, ne soulFrez pas que nos ennemis osent abaisser vos âmes et énerver vos vertus par leurs désolantes doctrines. Non, Chaumette, non, Fouché ('), la mort n'est pas un sommeil éternel. Citoyens, effacez des tombeaux cette maxime gravée par des mains sacrilèges qui jette un crêpe funèbre sur la nature, qui décourage l'innocence opprimée et qui insulte à la mort ; gravez-y plutôt celle-ci : « La mort est te commencement de l'immortalilé n .

(') Ces inoia Non, Foticlié, ne se tronvenl point à celle place dans rédition iuipdmiîe par ordre de la Convention, où ce passage a élé reproduit deuï fois avec quelques variantes.

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Certes, oo peut nier Teiistenoe de Diea, et il est permis de ne pu eroîre à llnuDortalilé de réme ; mais 3 esl impe»* siMe de ne pu admirer sans réserve cette page magnifiqoe do discours de Robespierre, el Ton est bien forcé d'avouer qoe de tds accents ne seraient pràit sortis de la boodie d'an homme lâdie et pusillanime.

Les lâches et les pusillanimes connaissent l'art des ménagements; Robespierre, loi, dans son aosière franchise, ne saTaitni flatter ni dissimuler. « Ceux qui voua disent quels rondati(m de la République est une entreprise A facile tons trompent... » Et il demanda où étaient les iostitutioiis sages, le plan de régénération propres à justifier cet amUtieuz langage. Ne Toolait-on pas proscrire ceux qui parlaient de sagesse ? Depuis longtemps il s'était plaint qu'on eftt indistinctement prodigué les persécutions, porté la terreur dans toutes les conditions, et la veille seulement le comité de Salut public, par la bouche de Barère, avait promis que dans quatre jours les injustices seraient répa* rées : a Pourquoi o, s'éeria-t-il, « ont-elles été commises impunément depuis quatre mois » ? C'était encore à l'adresse de Barère cette phrase ironique : « On vous parle beaucoup de vos victoires, avec une légèreté académique qui ferait croire qu'elles n'ont coûté à nos héros ni sang, ni travaux » ; et Barère en fut piqué jusqu'au sang. « Ce n'est ni par des phrases de rhéteurs ni même par des exploits guerriers que nous ^subjuguerons l'Europe »» ajouta*t-il, « mais par la sagesse de nos lois, par la majesté de nos délibérations et par la grandeur de nos caractères ».

Aux bureaux de la guerre il reprocha de ne pas savoir tourner les succès de nos armes au profit de nos principes, de favoriser Taristocratie militaire, de persécuter les généraux patriotes. — On se rappelle Tafi'aire du général Hoche. — Maintes fois déjà il avait manifesté ses méfiances à l'égard des hommes de guerre, et la crainte

de voir un jour quelque général victorieux étrangler la liberté lui arracha ces paroles prophétiques : (( Au milieu de tant de passions ardentes et dans un si vaste empire, les tyrans dont je. vois les armées fugitives, mais non enveloppées, mais non exterminées, se retirent pour vous laisser en proie à vos dissensions intestines, qu'ils allument eux-mêmes, et à une armée d'agents criminels que vous ne savez même pas apercevoir. Laissez flotter un

MOMENT LES RENES DE LA RÉVOLUTION, VOUS VERREZ LE DESPOTISME MILITAIRE s'eN EMPARER ET LE CHEF DES FACTIONS RENVERSER LA REPRÉSENTATION NATIONALE AVILIE. Un sièclC

de guerre civile et de calamités désolera notre patrie, et nous périrons pour n'avoir pas voulu saisir un moment marqué dans l'histoire des hommes pour fonder la liberté ; nous livrons notre patrie à un siècle de calamités, et les malédictions du peuple s'attacheront à notre mémoire, qui devait être chère au genre humain. Nous n'aurons même pas le mérite d'avoir entrepris de grandes choses par des motifs vertueux. On nous confondra avec les indignes mandataires du peuple qui ont déshonoré la Représentation nationale... L'immortalité s'ouvrait devant nous, nous périrons avec ignominie... »

Le 19 brumaire devait être une conséquence fatale et nécessaire du 9 Thermidor ; Robespierre le prédit trop bien (*).

Il accusa aussi Tadministration des finances, dont les projets lui paraissaient de nature à désoler les citoyens peu fortunés et à augmenter le nombre des mécontents ; il se plaignit qu'on eût réduit au désespoir les petits créanciers de l'État en employant la violence et la ruse pour leur faire souscrire des engagements funestes à leurs intérêts ; qu'on favorisât les riches au détriment des pauvres, et qu'on dépouillât le peuple des biens nationaux. Combien Robes-

(*) Le coup d'État connu sous le nom de 18 Brumaire, n'a eu lieu en réalité que le 19.

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pierre était ici dans le vrai 1 On commit une faute immense en vendant en bloc les biens nationaux, au lieu de les diviser à l'infini, sauf à les faire payer par annuités, comme l'eussent voulu Maximilien et Saint-Just. Aux anciens propriétaires on en a substitué de nouveaux, plus avides et non moins hostiles, pour la plupart, à la liberté, à Tégalilé, à tous les principes de la Révolution.

Di*s grands scigiu'urs un i»eu modernes, Des princes un peu subalternes Ont aujourdliui les vieux châteaux,

a dit Ghénier. Ces grands seigneurs un peu modernes, ces princes un peu subalternes ont figuré en grand nombre dans les rangs des Thermidoriens ; ils sont devenus, je le répète, les pires ennemis de la Révolution, qui, hélas I a été trahie par tous ceux qu'elle a gorgés et repus.

En critiquant l'administration des finances, Robespierre nomma Ramel, Mallarmé, Gambon, auxquels il attribua le mécontentement répandu dans les masses par certaines mesures financières intempestives. Il était loin, du reste, d'imputer tous les abus signalés par lui à la majorité des membres des comités ; cette majorité lui paraissait seulement paralysée et trahie par des meneurs hypocrites et des traîtres dont le but était d'exciter dans la Convention de violentes discussions et d'accuser de despotisme ceux qu'ils savaient décidés à combattre avec énergie leur ligue criminelle. Et ces oppresseurs du peuple dans toutes les parties de la République poursuivaient tranquillement, comme s'ils eussent été inviolables, le cours de leurs coupables entreprises I N'avaient-ils pas fait ériger en loi que dénoncer un représentant infidèle et corrompu, c'était conspirer contre l'Assemblée? Un opprimé venait-il à élever la voix, ils répondaient à ses réclamations par de nouveaux outrages et souvent par l'incarcération. « Cependant » , continuait Maximilien, » les départements où ces crimes ont été commis les ignorent-ils parce que nous les oublions, et les

plaintes que nous repoussons ne retentissent- elles pas avec plus de force dans les cœurs comprimés des citoyens malheureux ? II est si facile et si doux d'être juste I Pourquoi nous dévouer à l'opprobre des coupables en les tolérant ? Mais quoi ! les abus tolérés n'iront-ils pas en croissant ? Les coupables impunis ne voleront-ils pas de crimes en crimes? Voulons-nous partager tant d'infamies et nous vouer au sort affreux des oppresseurs du peuple ? » C*était là, à coup sûr, un langage bien propre à rasséréner les cœurs, à rassurer les gens de bien ; mais on comprend aussi de quel effroi il dut frapper les quelques misérables qui, partout sur leur passage, avaient semé la ruine et la désolation.

La péroraison de ce discours fut le digne couronnement d'une œuvre aussi imposante, aussi magistrale : « Peuple, souviens-toi que si dans la République la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l'amour de l'égalité et de la patrie, la liberté n'est qu'un vain mot. Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise ; toi, souverain reconnu qu'on traite toujours en esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, ce sont les passions des magistrats, et que le peuple a changé de chaînes et non de destinées.

« Souviens-toi qu'il existe dans ton sein une ligue de fripons qui lutte contre la vertu publique, qui a plus d'influence que toi-même sur tes propres affaires, qui te redoute et te flatte en masse, mais te proscrit en détail dans la personne de tous les bons citoyens.

« Rappelle-toi que, loin de sacrifier cette poignée de fripons à ton bonheur, tes ennemis veulent te sacrifier à cette poignée de fripons, auteurs de tous nos maux et seuls obstacles à la prospérité publique.

« Sache que tout homme qui s'élèvera pour défendre ta cause et la morale publique sera accablé d'avanies et proscrit par les fripons ; sache que tout ami de la liberté sera

toujours placé enlre un devoir et une calonmie ; que ceux qui ne pourront être accusés d'avoir trahi seront accusés d'ambition ; que Finfluence de la probité et des principes sera comparée à la force de la tyrannie et à la violence des factions; que ta confiance et ton estime seront des titres de proscription pour tous tes amis ; que les cris du patriotisme opprimé seront appelés des cris de sédition ; et que, n'osant t'attaquer toi-même en masse, on te proscrira en détail dans la personne de tous les bons citoyens, jusqu'à ce que les ambitieux aient organisé leur tyrannie. Tel est l'empire des tyrans armés contre nous; telle est l'influence de leur ligue avec tous les hommes corrompus, toujours portés à les servir. Ainsi donc les scélérats nous imposent la loi de trahir le peuple, à peine d'être appelés dictateurs. Souscrirons-nous à cette loi ? Non ! Défendons le peuple au risque d'en être estimés ; qu'ils courent à l'échafaud par la route du crime et nous par celle de la vertu. »

Guider l'action du gouvernement par des lois sages, punir sévèrement tous ceux qui abuseraient des principes révolutionnaires pour vexer les bons citoyens, tel était, selon lui, le but à atteindre. Dans sa pensée, il existait une conspiration qui devait sa force à une coalition criminelle cherchant à perdre les patriotes et la patrie, intriguant au sein même de la Convention et ayant des complices dans le comité de Sûreté générale et jusque dans le comité de Salut public. Rien n'élait plus vrai assurément. La conclusion de Robespierre fut que, pour remédier au mal, il fallait punir les traîtres, renouveler les bureaux du comité de Sûreté générale, épurer ce comité et le subordonner au comité dé Salut public, épuré lui-même, constituer l'autorité du gouvernement sous l'autorité suprême de la Convention, centre et juge de tout, et écraser ainsi les factions du poids de l'autorité nationale pour élever sur leurs ruines la puissance de la justice et de la liberté. « Tels sont les principes », dit-il en terminant. « S'il est impossible de les réclamer sans

passer pour un ambitieux, j'en conclurai que les principes sont proscrits et que la tyrannie règne parmi nous, mais non que je doive me taire; car que peut-on objecter à im homme qui a raison et qui sait mourir pour son pays... (•) »

Il faut n'avoir jamais lu ce discours de Robespierre, digne couronnement de tous ceux qu'il avait prononcés depuis cinq ans, et où ses vues, ses tendances, sa politique, en un mot, se trouvent si nettement et si fermement formulées, pour demander où il voulait aller, et quels mystérieux desseins il couvait. Personne ne s'expliqua jamais plus clairement. La Convention lui prouva tout d'abord qu'elle l'avait parfaitement compris : Robespierre obtint un éclatant triomphe. Ce devait être le dernier. Electrisée par le magnifique discours qu'elle venait d'entendre, l'Assemblée éclata en applaudissements réitérés quand l'orateur quitta la tribune. Les conjurés, éperdus, tremblants n'osèrent troubler d'un mot ni d'un murmure ce concert d'enthousiasme (^). Evidemment ils durent croire la partie perdue.

(*) Ce discours a été imprimé sur des brouillons trouvés chez Bdbespierre, brouillons couverts de ratures et de renvois, ce qui explique les répétitions qui s'y rencontrent. L'impression en fut votée, sur 9a demande de Bréard, dans la séance du 30 thermidor (17 août 1794^. On s'expliquerait difficilement comment les Thermidoriens ont eu l'imprudence d'ordonner l'impression des discours de Robespierre et de Suint-Just, où leur atroce conduite est mise en pleine lumière et leur système de terreur voué à la malédiction du monde, si l'on ne savait que tout d'abord le grand grief qu'ils firent valoir contre tlee victimes du 9 Thermidor fut d'avoir voulu « arrêter le cours ma^BBrtueux, terrible de la Révolution ». Ce discours de Robespierre a ou. à l'époque deux éditions in-S», l'une de 44 pages de l'Imprimerie nationale, l'autre de 49 p. Il a été reproduit dans ses Œuvres éditées par Laponneraye, t. III ; dans VHistoire parlementaire, t. XXXJII, p. 406 à 409 ; dans le Choix de rapports, opinions et discours, t. XfV, p. 26(3 à 309, et dans les Mémoires de René Levasseur, t. III, p. ^«85 à 352.

(^) Ceci est constaté par tous les journaux qui rendirent compte ^ la séance du 8, avant la chute de Robespierre. Voy. entre autres kp Journal de la Montagne du 9 thermidor, où il est dit : « Ce discoim est fort applaudi. » Quant au Moniteur, comme il ne publia HUfi

Pendant que les applaudissements retentissaient encorej Rovère, se penchant à l'oreille de Lecointre, lui conseilla de J monter à la tribune et de donner lecture à l'Assemblée de ] ce fameuï acte d'accusation concerté dès le S prairial, ; huit de ses collègues, contre Robespierre. C'est dumoinsd qu'a depuis prétendu Lecointre ['). Si ce maniaque aval suivi le conseil de Rovère, la conspiration eût été infaillibl ment écrasée, car, l'acte d'accusation incriminant au foa# tous les membres des comités sans exception, les uns et U autres se fussent réunis contre l'ennemi commun, et Maù' milieu serait, sans aucun doute, sorti \ictoricux de la lutte.- Telle fut l'excuse, donnée plus tard par Lecointre, de s réserve dans cette séance du 8 thermidor {'). Mais là ne fi point, suivant nous, le motif déterminant de sa prudence A l'enthousiasme de la Convention, il jugea tout à fait» promise la cause des conjurés, et voulant se ménager I moyens de rentrer en grâce auprès de celui dont, apr^ coup, il se vanla d'avoir dressé l'acte d'accusation plus 4é. deux mois avant le 9 Thermidor, il rompit le premier J silence... pour réclamer l'impression du discours de Robes pierre (^).

Bourdon (de l'Oise) s'éleva vivement contre la prise t

romple ren du delà séance du 8 thermidor que le lendemain de hiî. loire dea conjurés, ce n'est pas dans ses colonnes qu'il faut chercl^l la vérité. ^^

(') Les criniei des sept membres des anciens comilt liun formelle à la Connention nationale, par Laui p. 79.

C) Ilnd.

(3) Nous racontons celle séance du 8 thermidor d'après le M parce que c'est encore là qu'elle se trouve reproduite avec le ptnai détails ; mais le compte rendu donné par ce journal étant postâA A la journée du !), le lecteur ne doit pas perdre de vue que notre M est entièrement basé sur une version rédigée pur les f' Maiîmiliea.

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