‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 88 sur 123 · NUIT DU 8 AU 9 THERMIDOR · texte numérisé non relu

NUIT DU 8 AU 9 THERMIDOR

ses collègues de revenir à des idées et à des mesures plus justes. Cet aveu, que nous avons déjà relaté, venant des assassins de Robespierre, de Saint-Just et de Couthon, edt bien précieux à recueillir {*). Suivant Collot-d'Herbois et ses amis, il est vrai, Saint-Just ne s'exprimait ainsi que pour les tenir en échec, paralyser leurs mesures, et refroidir leur zèle; mais c'était si peu cela, qu'à cinq heures du matin il sortit, les laissant complètement maîtres du terrain. Vers dix heures du matin, les comités de Sûreté générale et de Salut public, je veux dire les membres appartenant à la conjuration, se réunirent. Gomme on délibérait sur la question de savoir si Ton ferait arrêter le général de la garde nationale, entra Couthon, qui prit avec chaleur la défense d'Hanriot. Une scène violente s'ensuivit entre lui et Garnot. « Je savais bien que tu étais le plus méchant des hommes * , dit-il à Garnot. — « Et toi le plus traître », répondit celui-ci (^). Que Garnot ait agi méchamment dans cette journée du 9 thermidor, c'est ce que malheureusement il est impossible de contester. Quant au reproche tombé de sa bouche, c'est une de ces niaiseries calomnieuses, dont, hélas I les Thermidoriens se sont montrés si prodigues à l'égard de leurs victimes.

Il était alors midi. En cet instant se présenta un huissier de la Gonvention, porteur d'une lettre de Saint-Just ainsi conçue : a L'injustice a fermé mon cœur, je vais l'ouvrir à la Convention (*). » Si nous devons ajouter foi au dire des membres des anciens comités, Couthon, s'emparant du billet, l'aurait déchiré, et Ruhl, un des membres du comité de Sûreté générale, indigné, se serait écrié : « Allons démasquer ces traîtres ou présenter nos têtes à la Gonven-

(*) Béponse des membres des deux anciens comitéSy aux imputations de Laurent Lecointre, note 7, p. 107.

(2) Ibid., p. 108.

(3)/6id.note7, page 108.

(ion » (*) ! Ah ! pauvre jouet des Fouché et des Ta vieux et sincère patriote, tu songeras douloureuser mais trop tard, à cette heure d*aveuglement fatal, qi victime à ton tour de la réaction, tu échapperas p suicide à Téchafaud où toi-même tu contribuas à po les plus fermes défenseurs de la République.

('; Réponse aux iniputatiutis de Laurent Lecointre, note 7,

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