‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 94 sur 123 · RÉUNION DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

RÉUNION DE LA COMMUNE

Le substitut de Tagent national, Lubia, avait assisté à la séance de l'Assemblée. Il raconte les débats et les scène» dont il a été témoin, l'arrestation des deux Robespierre, de Saint-Just, de Gouthon et de Le Bas. Aussitôt il est enjoint aux administrateurs de police de prescrire aux concierges des différentes maisons d'arrêt de ne recevoir aucun détenu sans un ordre exprès de l'administration de police (*). Puis, sur la proposition du substitut de l'agent national, une députation est envoyée aux Jacobins afin de les inviter à fraterniser avec le conseil général. Cependant les moments sont préqieux : il ne faut pas les perdre en discours, mais agir, disent quelques membresi. Jusque-là, du reste, chaque parole avaitétéunacte. Le conseil arrête une mesure d'une extrême gravité en décidant que des commissaires pris dans son sein iront, accompagnés de la force armée, délivrer Robespierre et les autres prisonniers • arrêtés. Enfin, en réponse à la proclamation . conventionnelle, il adopte l'adresse suivante et en vote l'envoi aux quarante-huit sections

« Citoyens, la patrie est plus que jamais en danger.

« Des scélérats dictent des lois à la Convention, qu'ils oppriment. On proscrit Robespierre, qui fit déclarer le principe consolant de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme; Saint-Just, cet apôtre de la vertu, qui fit ces*

(*) Voici le modèle de la prescription adressée aux concierges des différentes maisons d'arrêt : « Commune de Paris, département de police... Nous fei\joignons, citoyen, sous ta responsabilité, de porter la plus grande attention è ce qu'aucune lettre ni autres papiers ne puissent entrer ni sortir de la maison dont la garde t'est confiée, et ce, jusqu'à nouvel ordre. Tu mettras de côté, avec soin, toutes les lettres que les détenus te remettront.

« Il t'est pei'sonnellement défendu de recevoir aucun détenu ni de donner aucune liberté que par les ordres de l'administration de police. Les administrateurs de police : Henry, Lelièvre, Quenet, Faro, Wichterich. » (Pièce de la collection Beuchot). L'ordre dont nous donnons ici la copie textuelle est précisément celui qui fut adressé au concierge de la maison du Luxembourg, où se trouva envoyé Kobespiorro.

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ser les trahÎBons du Rhin et du Nord, qui, ainsi que Le Bas, fît triompher les annes de la République ; Goulhoo, ce citoyen vertueux, qui n'a que le cœur et la télé de vivant, mais qui les a brûlants de Tardeur du patriotisme; Robespierre le jeune, qui présida aux yictoira de Tarmée d'Italie, h

Venait ensuite Fénumération des principaux auteun du guet-apens thermidorien. Quels étaient-ils? Un Amar, « noble de trente mille livres de rente » ; l'exvicomte du Barran et des « monstres de cette espèce >. Collot-d'Herbois y était qualifié de partisan de Danton, et accusé d*avoir, du temps où il était cooiédien, volé la caisse de sa troupe. On y nommait encore Bourdon (de roise), Téternel calomniateur, et Barère, qui tour i tour avait appartenu à toutes les factions. La concluBion était celle-ci : « Peuple, lève-toi I ne perds pas le fruit do iO août et du 31 mai ; précipitons au tombeau tous ces traîtres » (*).

Le sort en est jeté I Au coup d'État de la Convention la Commune oppose Tinsurrection populaire. On voit quelle énergie suprême elle déploya en ces circonstances sous l'impulsion des Fleuriot-Lescot, des Payan, des Goffinh&I et des Lerebours. Si tous les amis de Robespierre eussent montré la même résolution et déployé autant d'activité, c*en était fait de la faction thermidorienne, et la République sortait triomphante et radieuse de la rude épreuve où, hélas I elle devait être si durement frappée.

La nouvelle de l'arrestation de Robespierre causa et devait causer dans Paris une sensation profonde. Tout

(*) Cette adresse est signée : Lescot-Fleuriot, maire; Blin, secrétaire-greffier adjoint, et J. Fieury, secrétaire-greffier. Il existe aux Archives quarante-six copies de cette proclamation. (F 7, 32.)

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