Scène III
JACQUELINE, LABUSSIÈRE, MARTIAL, FABIENNE
Labussière, entrant par la droite. — Merci, chère amie, j'étais sûr de votre bon accueil pour cette jeune femme... (A Fabienne et à Martial) Entrez, entrez vite !
Fabienne entre soutenue par Martial. Gaspard sort
Jacqueline. — Mon Dieu ! Qu'a-t-elle donc ? Labussière. — Rien, un peu d'émotion et de fatigue... Je l'ai fait marcher d un tel pas !
Il roule le fauteuil de droite jusqu'à /a table et y fait asseoir Fabienne, avec l'aide de Martial
Fabienne, assise, souriant — ^^ Oh ! OUI ! Labussière. — C'est que je voulais dépister deux ou trois curieux qui nous suivaient de loin.
Il va à la porte d'entrée restée ouverte prêter l'oreille.
Martial, api^ un silence. — Eh bien ?
UILLUSTRATION THÉÂTRALE
Lâbussière. — Non, rien.
Il ferme la porte.
Jacqueline, au-dessus de u table. — Vous avez été inquiétés ?
Lâbussière, aiunt à eiie. — Les femmes du bateau de l'île Louviers voulaient lui faire un méchant parti pour une croix d'or qu'elle porte au cou.
Jacqueline. — Le bateau de Françoise ?
Lâbussière. — Précisément. (A Jacqueline, faisant signe de respirer un fUcon.) VouS n'avez paS ?...
Jacqueline, allant chercher un flacon dans le secrétaire. —
Oh ! je les connais ! Des enragées !...
Lâbussière, entre la table et Fabienne. — NoUS aVOnS
pu, mon ami et moi, la sortir de peine.
Martial, à droite de Fabienne. — C'est-à-dire, toi !
Labussiêre. — Mais j'avais hâte de nous réfugier dans une maison amie, et, la vôtre étant là...
11 prend le flacon que lui apporte Jacqueline et le donne à Fabienne.
Jacqueline, au-dessus de Fabienne. — Ah! je crois bien ! Labussiêre, à Fabienne. — Cela va mieux ? Fabienne. — Oui, merci ; madame !
Elle rend le flacon à Jacqueline.
Labussiêre, à Martial et à Fabienne. — Au fait... VOUS ne savez pas chez qui vous êtes !... M™« Bérillon... la meilleure femme du monde.
Martial. — Je le vois.
Labussiêre. — Et notre costumière du théâtre Mareux !... Son mari, lampiste, comme vous l'avez pu voir par sa boutique, est chargé de notre éclairage... J ai longtemps habité cette chambre qu'ils voulaient bien me sous-louer toute meublée.
Jacqueline. — Et tout à votre service. Elle est libre !
Labussiêre. — Et qui sait ?... Ce n'est pas de refus...
Jacqueline. — Maintenant, je suppose que madame. .^
Martial et Labussiêre, rectifiant — Mademoiselle...
Jacqueline. — Mademoiselle, pardon !... prendra volontiers une tasse de lait pour se remettre !
Fabienne. — Vous êtes bien bonne, madame... j'accepte de grand cœur.
Labussiêre. — Et nous aussi.
Jacqueline. — J'ai de très bon lait que ma mère, fermière à Montreuil, m'apporte le matin en allant au marché Saint-Jean. Le voulez-vous froid ou chaud ?
Labussiêre, à Fabienne. — Ah! froid, n'est-ce pas?... par cette chaleur.
Fabienne. — Froid... oui !
Jacqueline. — Ici, vous serez bien au frais. La rue Beautreillis est dans l'ombre, les volets sont clos et je viens d'arranger la chambre.
Elle remonte pour sortir par la porte à gauche de l'alcôve.
Fabienne. — Que je vous suis reconnaissante, madame, de vos bons soins !
Jacqueline, se retournant — Laissez donc !... Cela me distrait l
Elle sort