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CHAPITRE IX

SUK LA FORMATION DKS SELS.

§ 1. — Notions générales.

1. Détiiiissoiis d'abord la l'oriuatioii des sels à un point de vue jj:énéral, avant de l'etivisager sous le rapport tlierniochimique.

Un sel est un eomposé formé par l'union d'un acide et d'une base et susce|)tible de double décomposition immédiate, c'est-à-dire du déplacement immédiat de l'acide par un autre acide, et de la base par une autre base, avec formation d'un nouveau composé du mémo ordre. Quand les sels sont solubles dans l'eau, ils jouissent de la conductibilité électrolytique, avec séparation de leurs composants en ions.

2. Sels binaires. — Les types salins les plus simples sont les sels binaires, sels formés par l'union d'un bydracide et d'un bydroxyde inélaUiciue (base), tels que les chlorures

HCl-hKOHrrrKCI+H^O.

Ces sels sont dits binaires, c'est-à-dire résultant de l'union de deux éléments; leur formation consiste dans une double décomposition, étant accompagnée par celle de l'eau.

Si l'acide et la base sont tous deux monovalents, leur union s'opère à poids moléculaires et à équivalents égaux; on obtient ainsi un sel neutre. La chaleur dégagée par sa formation est dite chaleur de neutralisation.

Si la base est bivalente, comme il arrive pour la plupart des oxydes terreux et métalliques, elle sera envisagée comme formée également, en fait ou en théorie, par un hydroxyde : ce dernier résultant de l'union d'un oxyde anhydre avec i molécule d'eau. Dans ce cas, le sel neutre résulte de l'union de 2 équivalents d'acide avec I molécule de base, cette dernière représentant 2 équivalents.

On pourra d'ailleurs envisager le sel comme dérivé, soit de l'hy-

332 PRKMIÈRE PARUE. — miMIE GÉNÉRALE.

(Iroxycle lui-môme, ce qui donne la formule suivante du sel neutre, symétrique avec la formule d'un sel formé par un métal monovalent

2 H Cl + Ca 0 . 0 = Ca Cl ^ + 2 IP 0 ;

soit de la base anhydre

2HCl + Ca0=:CaCP+H^0.

Dans tous les cas, la molécule du sel, Ca Cl-, représente 2 équivalents. C'est à la formation accomplie au moyen de l'hydroxyde que s'applique la chaleur de neutralisation.

11 peut, dans ces cas, exister des sels basiques, formés par l'union d'un seul équivalent d'acide avec une molécule de base.

Si l'on fait intervenir la base anhydre, il faut ajouter sa chaleur propre d'hydratation. L'intervention de la base anhydre, c'est-à-dire de l'oxyde, peut également être envisagée dans le cas du sel d'un métal monovalent; mais alors la molécule de l'oxyde ne répond plus à celle de l'hydroxyde, c'est-à-dire qu'elle renferme un poids de métal double, K'-O, répondant à sKOH, par exemple. 11 peut arriver, d'ailleurs, que l'hydroxyde n'existe pas, la base anhydre étant seule connue, comme pour l'oxyde d'argent, AgH), au lieu d'un hydroxyde AgOU inconnu, ce qui fournit une équation anormale

2 H Cl + Ag^ 0 = 2 AgCl + IP 0.

Ce cas n'est pas comparable strictement au cas normal; caria chaleur d'hydratation de l'oxyde n'intervient pas dans le calcul de la chaleur de neutralisation. Pour plus de simplicité, dans les comparaisons thermochimiques, nous rapporterons toutes les formations salines des sels binaires, soit à une double molécule d'acide chlorhydrique, soit à un poids équivalent; ce qui répond, dans le cas des bases bivalentes, à une demi-molécule.

Des considérations analogues s'appliquent aux bases trivalenLes, avec cette complication que la molécule d'une base trivalente hydratée exige, pour être neutralisée, 3 équivalents d'acide monovalent, et celle d'une semblable base anhydre, 6 équivalents, etc.

3. Les sels ternaires sont formés par l'union d'un oxacide hydrogéné et d'un hydroxyde métallique : tels sont les azotates

AzO^H + KOH = AzO^K 4- H-O.

Cette formation consiste pareillement dans une double décompo-

sition avec formation d'eau, le type du sel répondant à celui de l'acide.

Si l'acide et la base sont tous deux monovalents, le sel neutre est Ibrnié à la fois à poids moléculaire et à équivalents égaux.

La chaleur de neutralisation est aussi délinie, si l'oxacide est monovalent et la base bivalente (oxydes métalliques). En elfet, le sel neutre résulte, connue plus haut, de l'union de 'i équivalents d'acide avec i molécule (2 équivalents) de base hydratée, ou anhydre

2 Az0m -H CaO. 11-0 = A/;-()«(:a + >A\H), 2AzO»H -f- CaO = AzM)H:a -h 11-0.

Il existe un j^rand nombre d'oxacides bivalents. Dans C(M:as, le.sïV neutre résulte : soit de l'union de i molécule d'acide avec 2 molécules ou é(piivalents d'hydroxyde monovalent; soit de l'union de I molécule (2 équivalents) d'hydroxyde bivalent, toujours avec séparation de 2 molécules d'eau. Tels sont les sulfates

S0'I1^ + 2KOII SO K^-f- 2HH),

S 0 • H - + Ca 0 . 1 1 0 = S 0 H:a H- 2 11^ 0 .

La chaleur de neutralisation de cet ordre d'acides est ainsi délinie.

Mais dans leur étude on rencontre en outre des sels acides, formés |)ai- l'inuon de i molécule d'acide bivalent avec i équivalent de base monovalente

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