VI PRÉFACE
ainsi pour le principe de la conservation de l’énergie. Il n’en est plus de même aujourd’hui; personne n'ignore que c'est un fait expérimental.
Mais alors qui nous donne le droit d'attribuer au principe lui-même plus de généralité et plus de précision qu'aux expériences qui ont servi à le démontrer? C’est là demander s’il est légitime, comme on le fait tous les jours, de généraliserles données empiriques, et Jen’aurai pas l’outrecuidance de discuter cette question, après que tant de philosophes se sont vainement efforcés de la trancher. Une seule chose est certaine : si cette faculté nous était refusée, la science ne pourrait exister ou, du moins, réduite à une sorte d'inventaire, à la constatation de faits isolés, elle n'aurait pour nous aucun prix, puisqu'elle ne pourrait donner satisfaction à notre besoin d'ordre et d'harmonie et qu'elle serait en même temps incapable de prévoir. Comme les circonstances qui ont précédé un fait quelconque ne se reproduiront vraisemblabiement jamais toutes à la fois, il faut déjà ‘une première généralisation pour prévoir si ce fait se renouvellera encore dès que la moindre de ces cir- -constances sera changée.
Mais toute proposition peut être généralisée d’une infinité de manières. Parmi toutes les généralisations possibles, 1l faut bien que nous choisissions et nous
ne pouvons choisir que la plus simple. Nous sommes