PRÉFACE XVII
mènes chimiques et électriques. On a quelquefois exposé cette théorie comme si on voulait la déduire tout entière de ces deux principes seuls. On conçoit qu’effrayés de cette prodigieuse fécondité tant de savants éminents soient allés jusqu’à regarder l'inégalité de Clausius comme douteuse. Mais il n’y à là qu'un trompe-l’œil ; la fécondité de nos deux principes reste grande sans doute ; de toute loi démontrée par l'expérience, ils permettent d'en déduire une autre qui en est pour ainsi dire la réciproque. L'air se dilate quand on le chauffe, donc il s’échauffe quand on le comprime, etc. Par là, la Thermodynamique double en quelque sorte nos connaissances; c'est beaucoup, mais c’est là tout. D’une majeure quelconque, on ne peut tirer aucune conclusion si on ne lui adjoint une mineure, et, s’il semble quelquefois en être autrement, c’est que la mineure estsous-entendue.
Je crois qu'il convient de la rétablir, parce que c'est souvent une hypothèse et que toute hypothèse doit être énoncée explicitement. Certainement il est permis d’ea faire ; sans cela, il n’y aurait pas de physique mathématique, puisque l’objet de cette science est précisément de vérifier les hypothèses en en tirant des conséquences susceptibles d’être contrôlées par l'expérience. Le danger serait d'en faire sans s’en
apercevoir. C'est ce que j'ai essayé d'éviter.