AVANT-PROPOS
Si en temps d’épidémie et en face d’une des grandes variétés cliniques depuis longtemps connues, la grippe est d’un diagnostic facile, il n’en est pas de même alors qu’on à affaire à des malades isolés, ou encore à une grippe complexe, où la prédominance des lésions de tel ou tel appareil, de même que l’ensemble des symptômes généraux peuvent, au premier abord, simuler une fièvre typhoïde, une méningite ou une tuberculose aigué.
Les beaux travaux des microbiologisies contempo-
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rains (Otto Seifert, Ribbert, Vaillard, Netter, Klebs, Laveran, Bouchard, etc.), nous ont donné, il est vrai, la clef de ces formes anormales :
A côté d’un élément pathogène constant, dont l’existence ne tardera pas sans doute à être révélée d’une facon définitive, grâce aux nombreuses recherches qui se poursuivent actuellement (Seifert, Babès, Teissier, Roux et Pittion, Pfeiffer, etc.), la méthode des cultures a démontré le fréquent voisinage d’autres colonies microbiennes, colonies qui viennent ajouter leur impulsion propre à l'évolution d’une maladie très vraisemblablement provoquée, chez tous les sujets, par un seul et invariable élément morbide.
Mais, quelle que soit la grande valeur des recherches microbiologiques, quelque puissant contrôle qu’elles puissent apporter au diagnostic, on ne saurait oublier qu'il s'agit là de procédés exceptionnels, tout à fait hors de portée pour la plupart des observateurs.
I est par contre un précieux moyen d'investigation clinique auquel on ne nous parait pas jusqu'ici avoir fait aucun appel; nous voulons parler des données thermométriques. C’est précisément de ce côté, encore peu exploré, que notre maître, M. le professeur Teissier, nous à engagé à diriger notre attention. Et,. en effet, de la lecture d'un très grand nombre de tracés recueillis dans les salles des 3° Femmes à PHôtel- . Dieu, il nous a paru ressortir, sinon une conformité absolue dans les graduations thermiques, tout au
moins l’existence à peu près constante dans les cour-
2 3 bes observées, de particularités dignes d’être signalées. |
Pai-lessus tout, nous avons tenu à ne pas étayer uos conclusions à l’aide des seuls documents recueillis dans le service de notre maître.
Des recherches auxquelles nous nous sommes livré, nous avons tiré un certain nombre de cas de grippe observés, soit dans les hôpitaux de Lyon et de la région, soit à l’étranger. Grâce aussi à l’extrême bienveillance de M. le professeur Mayet, nous avons eu la bonne fortune de pouvoir relater ici trois observations anciennes de fièvre catarrhale on ne peut plus suggestives au point de vue qui nous intéresse.
La division de notre travail s’impose d’elle-même. Dans un premier chapitre nous exposerons les observations qui nous sont personnelles; nous analyserons en second lieu les cas de grippe que nous avons pu colliger autour de nous et dans la littérature médicale étrangère; pour finir, enfin, nous essayerons d’interpréter les particularités thermiques qu’on rencontre dans l’évolution grippale.
-Nous avons cru intéressant, sans vouloir rien préjuger toutefois des expériences entreprises par MM. Teissier, Roux et Pittion, nous avons cru intéressant de faire précéder nos conclusions des notes cliniques et des tracés thermiques pris sur des animaux auxquels on semble avoir inoculé une affection très semblable à la grippe.
Hâtons-nous de le dire, de l’ensemble de ce travail, ce
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que nous prétendons faire ressortir, c’est un argument de plus en faveur de la spécificité de la grippe. Nous espérons démontrer par la simple lecture des tracés reproduits dans ces pages, que la marche de la fièvre, au cours de l’évolution grippale, si elle n’est pas absolument identique à elle-même pour tous les cas, n’en présente pas moins chez le plus grand nombre, comme marque particulièrement caractéristique, une rechute quasi fatale; rechute qui survient 36 heures en moyenne après la défervescence du premier stade pyrétique, qui s’accuse sur les feuilles par un ressaut plus ou moins brusque de la courbe thermique, mais qui fait bien rarement défaut quand on prend la peine de la noter. |
Une occasion, peut-être unique, nous est ici offerte de remercier publiquement M. le professeur T'eissier, notre éminent maître; nous la saisissons avec empressement. Nous ne saurions oublier jamais les sympathies et les conseils éclairés qu’il nous a prodigués durant ces deux dernières années d’études et la faveur grande dont il nous a honoré, en nous confiant le soin de développer dans ces pages l’un des côtés originaux de son enseignement.
Que MM. les professeurs Bondet et Mayet, veuillent bien agréer l’hommage de notre reconnaissance pour les documents précieux qu’ils nous ont permis de relever dans leurs notes cliniques. À ces remerciments nous devons associer MM. le docteur Garel, médecin des hôpitaux; Roque, agrégé à la Faculté; nos
amis Merlin, interne des hôpitaux de Saint-Etienne ; docteur Frenkel, préparateur du cours de pathologie interne; tous ceux enfin qui de près ou de loin ont
bien voulu collaborer à la rédaction de cette monographie.
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