OBSERVATIONS
Recueillies dans le service de M. Teissier.
Nous commencerons par écrire d’abord l’exposé clinique de quelques cas de grippes pures, affranchies de localisations viscérales, dont les variations thermiques par conséquent ne peuvent prêter à conteste, dégagées qu’elles sont de toute cause productrice autre que le poison grippal lui-même. Les tracés recueillis dans ces conditions nous fourniront des prototypes du cycle fébrile grippal. Nous verrons plus loin, si la température dans les grippes compliquées et les poussées grippales survenant au cours d’un état catarrhal offre quelque ressemblance avec les courbes de la forme simple.
OBSERVATION I Fièvre typhoide. — Grippe dans la convalescence.
Pauline M..., 22 ans, coiffeuse, entrée le 12 novembre, salle Montazet, n° 12.
A la date du 28 novembre, l'observation note sur cette malade,
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qui était entrée dans le service pour une fièvre typhoïde, que le pouls est régulier sans dicrotisme, que l’état général est bon, que l’apyréxie est définitive.
Le 6 décembre, on lit: depuis hier, catarrhe oculaire, fièvre avec frissons, myalgie ; la rate est sentie sur troistravers dedoigt, elle est douloureuse.
Le 9, abaissement de la température ; excellent état général. Le soir, rechute avec petit frisson et perte de l'appétit.
Le 14, amélioration complète.
REMARQUES. — Nous avons ici affaire à un tracé typique observé pas à pas dans son évolution. Quatre jours de pleine fièvre, accidentés par une rémission thermique accentuée formant encoche, le 9 au matin. Rechute très nette 12 heures après; le 11, la défervescence est très caractérisée, mais elle est suivie, dans la soirée, d’une réascension légère qui aboutit vite à l’apyrexie complète.
OBSERVATION II Grippe simple
Françoise B..., 44 ans, journalière, entrée le 6 décembre 1891. 3° Femmes, n° 7.
Rien du côté des antécédents.
Excellente santé habituelle.
La maladie a débuté il y a 15 jours par des frissons répétés, courbature généralisée, points de côté peu violents, céphalalgie accentuée qui devient au bout de 5 jours le symptôme prédominant. La malade dut s'aliter. Pas d'épistaxis. La malade avait aussi des vomissements et une toux légère; elle était constipée. Fièvre avec délire nocturne sans convulsions.
À l'entrée, pas de facies typhique; pas de prostration. La langue est blanche, humide. Anoréxie, vomissements peu abon-
D) Vies
dants. Pas de taches rosées ni de douleur dans la fosse iliaque. La rate est perçue Sur trois travers de doigt,
Aux poumons, râles sibilants disséminés, rien à la percussion. Expectoration insignifiante.
Céphalalgie intense, frontale et sus-orbitaire ; larmoiement, sensation de brisement. Albumine dans l'urine.
8 décembre, amélioration ; le soir, la température remonte à nouveau.
11 décembre, un mieux commence à se produire.
REMARQUES. — Dans ce tracé, on peut voir deux rechutes, l’une le 5° jour, l’autre le 9%, mais l’opinion pourrait aussi se soutenir d’un stade pyrétique assez long avec encoches profondes: dans ce cas la défervescence aurait eu lieu le 13 au lieu du 9; aussi bien dans ces deux manières de voir, il n’y en aurait pas moins eu rechute avec réascension thermique: l’une le 10 (395), l’autre le 14 (385).
OBSERVATION III Grippe simple.
Joséphine C..., entrée le 4 mars 1891. (N° 24, 3° femmes.)
La malade à été frappée brusquement la veille : céphalalgie intense, nausées, frissons, transpirations abondantes, courbature vénéralisée.
A l'entrée, on constate les mêmes phénomènes ; pas de symptômes abdominaux; rate normale, un peu de rougeur des amygdales avec tuméfaction sans exsudats. Urines normales.
Cet état dure 6 jours avec une température variant entre 40° et 41°. Puis le 7° jour (8 mars), défervescence brusque (37°9), suivie 12 heures après d’une recrudescence (3997).
De
2115 © REMARQUES. — Cette observation est intéressante car elle figure parmi les premiers cas où l’examen bactériologique du sang a donné des résultats positifs. Le 11 mars, une culture du sang a montré la présence de microorganismes affectant la forme de filaments grêles et immobiles, à type streptococcien, éléments qui ont servi à des recherches expérimentales sur lesquelles nous n’avons pas à insister ici et qui
seront prochainement publiées.
La lecture du tracé montre bien la rechute qui a suivi de 12 heures environ la défervescence; la journée
du 8 est marquée d’une encoche profonde en forme de VE