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CARACTÈRES D’ORDRE CHIMIQUE

Aucun auteur n’a jusqu’ici porté son attention sur les caractères de cet ordre; ils ont cependant une grande importance, puisque , joints aux caractères de structure , ils peuvent seuls

éclairer la difficile question de la nature des granulations méningiennes. Ces granulations offrent à la fois des éléments organiques et des éléments inorganiques , du tissu cellulaire et des sels.

Le tissu cellulaire des corpuscules présente des caractères parfaitement semblables à ceux du tissu cellulaire arachnoïdien. Soumis à l’action de la chaleur, il se boursoufle un peu, se colore en jaune et se carbonise bientôt. Le charbon, laissé comme résidu, est noir, brillant, difficile à réduire, disposé sous la forme globuleuse. L’acide azotique, à froid, rétracte ces corpuscules et leur donne une coloration jaunâtre ; à chaud, la matière organique se détruit, et il reste du charbon. L’acide chlorydrique ordinaire agit de la même manière.

L’acide acétique, à froid, colore en blanc la dure-mère, et en jaune les corpuscules; à chaud, il agit comme les autres acides.

L’acide sulfurique et la potasse, à froid, transforment les granulations en une masse gélatineuse. Ces diverses réactions, que nous avons répétées comparativement , sont absolument les mêmes pour le tissu cellulaire de l’arachnoïde et de la pie-mère.

Les corpuscules renferment une assez grande quantité de matière inorganique proportionnellement à leur masse. M. Riche, habile préparateur de la Faculté des sciences, a bien voulu faire pour nous une analyse qualitative en opérant sur des corpuscules isolés que nous avions pris sur un grand nombre de sujets ; il a trouvé les principes suivants :

Carbonate de chaux,

Phosphate de chaux ,

Silice.

Le phosphate de chaux offrait les proportions les plus considérables. Ce résultat est parfaitement d’accord avec les observations microscopiques; toutefois la présence d’une quantité assez notable de silice constitue un fait curieux. On sait que la silice est probablement un principe immédiat du corps de l’homme ; on la rencontre

dans le sang, dans les muscles, les cheveux, la laine, la salive, la bile, et dans l’urine de l’homme et des mammifères; elle peut former de petits graviers , et même certains calculs , lorsqu’elle est mêlée à du phosphate de chaux et à du carbonate de chaux ; en somme, on peut remarquer qu’elle fait partie de la plupart des produits d’excrétion.

Structure.

II y a les plus grands rapports entre la structure des parties et leurs usages ; on sait à quels résultats les études histologiques ont conduit de nos jours la physiologie, et il n’est pas douteux qu’une intelligente application du microscope aux phénomènes de l’organisation n’amène encore de brillantes découvertes.

Dans la question qui nous occupe, nous pouvons dire que la structure a jeté un jour nouveau, et qu’il est maintenant inexact d’assimiler les granulations méningiennes à des glandes ou à des corps graisseux.

Lorsqu’on examine à un grossissement de 500 diamètres les corpuscules de l’arachnoïde ou de la dure-mère, on y reconnaît deux parties : 1° une masse de tissu cellulaire très-fin, à mailles entrecroisées en tous sens; 2° au centre de cette masse, un groupe de granulations très-nombreuses et très-fines qu’on distingue difficilement au milieu du tissu épais et serré qui les entoure.

Déjà MM. Robin et Verdeil, dans leur important ouvrage sur l’histoire des principes immédiats (1), avaient indiqué dans les granulations méningiennes un dépôt de matières inorganiques, mais ils croyaient ce dépôt constitué par du carbonate de chaux. M. Robin,

(t) Robin el Verdeil, Traité de chimie anatomique et physiologique normale et pathologique ou des principes immédiats normaux et morbides qui constituent le corps de l’homme et des mammijêrcs (t. 2 , chap. 15, p. 841).

1 «S53. — Faivre.

qui a bien voulu nous aider de son expérience et de ses savants conseils, a depuis reconnu, en examinant attentivement les corpuscules,, que le dépôt central était formé par du phosphate de chaux amorphe, mélangé de carbonate de chaux.

Nous pouvons ajouter quelques détails à ces traits généraux et caractéristiques de structure. Toutes les granulations présentent la même composition à quelque âge qu’on les examine, et quel que soit le temps écoulé depuis la mort du sujet. Si on ajoute sur la plaque du porte-objet soit une goutte d’alcool , soit une goutte d’acide acétique , le tissu cellulaire devient plus visible , et les granulations se distinguent plus nettement ; les acides faibles produisent le même résultat. Outre le tissu cellulaire et les granulations, nous avons encore rencontré des lames de diverses formes ; mais ces productions ne sont qu’accidentelles.

Le tissu cellulaire des corpuscules ressemble, sous presque tous les rapports, à celui du feuillet viscéral de l’arachnoïde; cependant il est un peu plus serré et un peu plus fin.

Pour procéder à l’examen attentif du dépôt de phosphate calcaire , le distinguer nettement du tissu cellulaire , dans la trame duquel il est comme dispersé, nous avons eu recours à deux moyens :

1° Nous avons laissé se dessécher à l’air, pendant plusieurs mois, des lambeaux de la dure-mère , surmontés de plaques granuleuses, et nous avons ensuite examiné au microscope les granulations.

2° Nous avons examiné également les produits charbonneux qu’on observe après avoir soumis les corpuscules à une haute température, et détruit par la combustion les matières organiques.

Dans le premier cas, nous avons vu nettement des grains excessivement nombreux, soit disséminés, soit réunis par petits groupes; ces grains sont ronds, très-petits, puisque nous en avons mesuré dont le diamètre est de 0m,002; nous donnons plus loin les dessins exacts de plusieurs des formes que nous avons observées.

Dans les résidus charbonneux qui proviennent de la calcination

des corpuscules , on trouve aussi de petits grains , et avec eux un certain nombre de petits cristaux de forme rhomboédrique (1).

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