I. Forme et état
Les granulations méningiennes présentent les formes les plus diverses ; on peut dire cependant que leur forme la plus générale est celle d’un ovoïde allongé , pédiculé ou rétréci à sa base. Elles présentent souvent cet aspect sur le feuillet viscéral de l’arachnoïde , dans l’intérieur du sinus et entre les deux lames de la dure-mère ; celles qui font saillie hors de la lame supérieure sont le plus souvent allongées et fusiformes ; mille nuances , du reste , peuvent modifier la forme commune : c’est ainsi qu’on trouve sur le feuillet des corpuscules arrondis , aplatis comme des disques , bursiformes, cordiformes, multilobés, disposés en masses irrégulières. Nous n’attachons à ces formes aucune importance ; il suffit de les énumérer.
La disposition ovoïdale est un des traits intéressants de l’histoire des granulations ; elle est déjà apparente lorsque celles-ci commencent à peine à être visibles à l’œil nu , et elle persiste lors même qu’on a détruit par la chaleur ou les acides le tissu des corpuscules. Le résidu charbonneux noir et brillant conserve alors l’apparence de petites saillies ovoïdales agglomérées.
11 arrive parfois que plusieurs corpuscules se confondent et for-
ment une masse adhérente par une large base au tissu arachnoïdien ; cette masse offre simplement l’aspect d’une plaque plus ou moins épaisse.
Outre l’état que nous venons de décrire et sous lequel se présentent le plus ordinairement les granulations méningiennes , il en est un autre beaucoup plus rare que le précédent et dont il n’a été fait mention nulle part , c’est l’état dur ou crétacé : les corpuscules qui se rencontrent sous cette forme sont mamelonnés , arrondis , oolithiques, disposés par petits groupes; nous verrons plus loin à quelles circonstances on peut rattacher cette manière d’être.