‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 3 sur 19 · C. Pie mère · texte numérisé non relu

C. Pie mère

La pie-mère et le tissu cellulaire qui la sépare de l’arachnoïde ne donnent lieu à aucune considération particulière.

D. Liquide céphalo-rachidien.

Ce liquide est situé entre l’arachnoïde et la pie-mère ; il baigne par conséquent la trame celluleuse intermédiaire à ces deux membranes ; voici, d’après le beau travail de M. Magendie, sa disposition dans la région qui nous occupe (1) :

« Ce liquide forme une masse unique qui occupe l’espace compris entre les tubercules quadrijumeaux en bas, le cervelet en arrière, la glande pinéale et le corps calleux en avant , les pédoncules du

cerveau en arrière et sur les côtés De ce point central, le liquide

s’étend et se propage dans plusieurs directions; en bas, il couvre la surface des tubercules quadrijumeaux; en bas et en dehors, il contourne les pédoncules et va gagner leur face latérale externe ; en arrière et en bas , il se confond avec le liquide de la face supérieure du cervelet ; en haut et en arrière , il se propage sous la face inférieure des lobes cérébraux, où il se trouve placé au-dessus de l’ arachnoïde ; en avant et en haut, il s’étend dans l’intervalle des lobes , au-dessous du bord inférieur de la faux et au-dessus du mésolobe ; de là il passe sur la face interne de chaque lobe et vient gagner leur face supérieure. »

En discutant les rapports qui peuvent exister entre les granula-

(1) Recherches physiologiques et cliniques sur le liquide céphalo-rachidien , p. 21 et suiv. ; 1842.

tions méningiennes et le liquide cérébro-spinal, nous aurons à donner encore certains détails sur ce liquide.

La petite région que nous venons d’étudier présente en apparence une grande complication ; feuillet externe et interne de la duremère, feuillet pariétal et viscéral de l’arachnoïde, tissu cellulaire sous -arachnoïdien, pie-mère, ce sont là autant de parties que le scalpel sépare , que l’œil peut distinguer, et que l’esprit doit admettre pour la clarté de l’exposition ; mais ces différences tranchées s’effacent si l’on tient compte des usages, de la structure et du mode de développement. On peut voir alors que toutes ces parties sont des modifications d’un même élément anatomique , la fibre, et d’un même tissu , le tissu cellulaire.

Cette importante distinction entre l’élément anatomique et le tissu ne saurait être trop rigoureusement établie. Ici, par exemple, l’élément unique est la fibre, le tissu unique est le tissu cellulaire qui se modifie de mille manières : il est lâchement uni comme dans la pie-mère ; là il est tassé et disposé en lames recouvertes, à une certaine époque, d’épithélium , comme dans les feuillets arachnoïdiens ; ailleurs sa consistance augmente , et ses fibres , considérablement développées , donnent naissance à la dure-mère ;

Ces changements ne sont pas brusques, mais insensibles. Ils indiquent le passage d’un état à un autre et montrent qu’il faut se défier, en anatomie, des distinctions rigoureuses et absolues.

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